Création des compagnies et des groupements de travailleurs étrangers « en surnombre dans l’économie nationale »

M. Esparta, travailleur espagnol intégré à un GTE travaillant sur le chantier du barrage de l'Aigle,1942

L’exploitation des réfugiés étrangers par le système des camps de travail trouve sa source dans les lois des 13 janvier et 27 septembre 1940. La première prévoit la création d’unités de prestataires militaires étrangers désignées sous le nom de compagnies de travailleurs étrangers (CTE). La seconde crée les groupements de travailleurs étrangers (GTE) qui leur succèdent.
Ces mesures, mises en place par le gouvernement Daladier sous la IIIe République finissante, renforcées par le Régime de Vichy, sont l’expression d’une politique de la main-d’œuvre à la fois xénophobe, anticommuniste et antisémite.

Théodore Esparta, travailleur espagnol rattaché à un GTE affecté aux travaux de construction du barrage de l’Aigle (Corrèze), 1942, coll. C. Esparta.

Formation des compagnies de travailleurs étrangers (CTE)

Barcelone tombe aux mains des franquistes le 26 janvier 1939. Vaincus, les républicains espagnols se replient vers la frontière pyrénéenne. C’est la Retirada, la retraite, l’exode massif de 470 000 réfugiés qui traversent les Pyrénées et viennent chercher refuge en France. Des « centres spéciaux de rassemblements d’étrangers », des « centres d’hébergement », des camps dits « de recueil », « d’internement » ou « de concentration » sont créés, en toute hâte. À la désorganisation des premiers jours succède une tentative de rationalisation du système d’internement qui passe par une spécialisation des camps.

Carte d'identité de Blas Pozo, travailleur espagnol à la 18e Compagnie stationnée à Mauzac

Carte d’identité du travailleur espagnol Blas Pozo Valenzuela, rattaché à la 18e CTE, affecté aux travaux de construction
de la poudrerie de Mauzac (Dordogne), coll. A. Pozo.

Le décret Daladier du 12 avril 1939 prescrit, dans son article 2, que « les étrangers sans nationalité et les autres étrangers bénéficiaires du droit d’asile sont soumis à toutes les obligations imposées aux Français par la loi du 11 juillet 1938 sur l’organisation de la nation en temps de guerre. Ils peuvent faire l’objet de réquisitions individuelles ou collectives, générales ou locales, fondées sur la nationalité, sur l’âge ou sur la profession ».
L’article 3 indique que les étrangers de sexe masculin, âgés de 20 ans à 48 ans, sont tenus de
« fournir dès le temps de paix aux autorités militaires françaises, pour une durée égale à la durée du service imposé aux Français, des prestations dont le caractère et le mode d’exécution sont déterminés par décret ».

Le 17 octobre 1939, Édouard Daladier, président du Conseil et ministre de la Défense nationale et de la Guerre, exprime l’intention « de constituer, avec une partie des Espagnols qui se trouvent encore dans les camps du Sud-Ouest, un certain nombre de compagnies d’ouvriers de renforcement appelées à être utilisées dans les établissements constructeurs et poudreries ».

C’est le décret du 13 janvier 1940 qui précise, dans son article 7, qu’ils « seront groupés en formations de prestataires dont l’organisation sera fixée par le ministre de la Défense nationale et de la Guerre » et qu’« exceptionnellement [ils] pourront faire l’objet d’affectations individuelles ». L’article 9 souligne qu’ils seront employés « à l’exécution de tous travaux nécessités par les besoins du département de la défense nationale » ; et enfin, article 12, qu’ils « seront soumis aux règles de discipline générale en vigueur dans l’armée ».

Le statut de « prestataires » leur vaut d’être incorporés dans des unités de prestataires militaires étrangers, désignées sous le nom de compagnies de travailleurs étrangers (CTE), d’environ 250 hommes chacune, commandées par des officiers français.
Les Espagnols sont à ce point majoritairement représentés dans les compagnies de travailleurs étrangers qu’elles prennent très souvent le nom de « compagnies de travailleurs espagnols ».

Transformation des CTE en GTE

Après l’armistice et la démobilisation, les compagnies (CTE) sont transformées en groupements (GTE). La loi du 27 septembre 1940 prévoit – article 1er – que « les étrangers du sexe masculin âgés de plus de dix-huit ans et de moins de cinquante-cinq ans pourront, aussi longtemps que les circonstances l’exigeront, être rassemblés dans des groupements d’étrangers s’ils sont en surnombre dans l’économie nationale et si, ayant cherché refuge en France, ils se trouvent dans l’impossibilité de regagner leur pays d’origine ».

On remarque que la tranche d’âge s’est sensiblement allongée, le seuil passant de 18 à 20 ans, et le plafond de 48 à 55 ans. En fait, l’objectif visé par le gouvernement de la IIIe République, et maintenu par Vichy est double : premièrement, encadrer les républicains espagnols – considérés par nature comme suspects – en exerçant sur eux un contrôle rigoureux ; deuxièmement, faire fondre la population des camps du Sud-Ouest, gênante et coûteuse, en utilisant opportunément une main-d’œuvre étrangère « en surnombre dans l’économie nationale », bon marché, corvéable à merci, docile car encadrée. Ces mesures traduisent une logique de contrôle et d’exclusion.

Si les « nouvelles structures baptisées “groupements de travailleurs étrangers” (GTE) peuvent a priori apparaître comme la prorogation des compagnies de travailleurs précédemment créées », fait remarquer l’historien Vincent Giraudier, il faut toutefois observer que « la loi du 27 septembre 1940 destinée aux étrangers sans travail et sans ressources considérés comme “en surnombre dans l’économie nationale” n’a plus pour objectif de faire participer des étrangers à l’effort de guerre mais de répondre à des impératifs idéologiques et socio-économiques symptomatiques de l’idéologie vichyssoise[1] ».

Les travailleurs étrangers (TE) ont d’ailleurs perdu le statut de « prestataires militaires », conséquence des dispositions de la convention d’armistice. Bien que la plupart d’entre eux revêtent encore l’uniforme kaki, le bras gauche portant le brassard « TE » et l’indication du groupe, ils sont maintenant assimilés à des civils et sont régis par le ministère de la Production industrielle et du Travail.

Bureau du 647e GTE à Chancelade (Dordogne). Chef de groupe et son adjoint.

Bureau du 647e GTE stationné à Chancelade (Dordogne). M. Malinvaud est chef de groupe. Il a pour adjoint M. Grosjean, 1942, coll. A. Garcia.

Chaque GTE est encadré par un chef de groupe, un adjoint, un surveillant-chef entouré de quatre à six surveillants.

Les TE sont soumis à une certaine discipline. Les punitions vont de la privation de permission à la prison et à l’envoi dans un « camp d’internement répressif pour étrangers », comme celui du Vernet (Ariège), désigné par le ministère de l’Intérieur pour « les travailleurs étrangers considérés comme dangereux pour la sécurité publique et particulièrement apte à favoriser une action extrémiste ».

Dans certains cas et après enquête, le rapprochement familial est autorisé par le préfet. Il est subordonné à un niveau de ressources suffisant pour faire vivre la famille. Ce regroupement concerne les travailleurs embauchés individuellement. Les réfugiés encadrés collectivement dans les GTE en sont exclus.
Néanmoins, des permissions et des visites sont autorisées. Au début de l’année 1941, dans un rapport confidentiel adressé au préfet, M. Pegeot, chef du sous-groupement de la Dordogne, exprime son désaccord sur cette question : « À mon avis [écrit-il], la chose est mauvaise, car il devient difficile de surveiller tous ces foyers et de maintenir une certaine discipline parmi les groupes. Les femmes devraient être obligatoirement réunies dans des camps de séjour surveillés. Certaines sont arrivées venant de la zone occupée sans difficultés apparentes. Leur tenue soignée et même élégante ne peut laisser place qu’à deux hypothèses : ou elles trouvent des subsides dans la prostitution clandestine et font courir au pays un risque physiologique supplémentaire, ou dans la propagande révolutionnaire en se faisant les agents de liaisons et porteuses de mots d’ordre ».

Les contrats de travail s’établissent entre le responsable du groupe et l’employeur. Les travailleurs perçoivent une prime de rendement ou « tarif d’emploi », versé au trésorier du groupe, équivalent à 75 % du barème moyen en vigueur dans le département. Des retenues sont pratiquées qui correspondent aux frais de logement, de pension, d’assurances sociales…

Espagnols du 652e GTE stationné à Mauzac (Dordogne)

Groupe de travailleurs espagnols du 652e GTE stationné à Mauzac,
coll. A. Pozo.

Si les Espagnols jouissent d’une liberté relative dont ils vont user en nouant des relations, parfois intimes, avec la population locale, il n’en reste pas moins vrai que la structure dans laquelle ils sont « enfermés » est une structure privative de liberté, un système d’astreinte à résidence et au travail forcé, duquel il est difficile d’échapper. On y est fiché, surveillé, le courrier est censuré. Les « évadés », quand ils sont repris, sont réaffectés dans un autre GTE ou bien encore sont requis par l’organisation Todt pour aller travailler sur le front de l’Atlantique. Le terme utilisé, « évadés », renvoie à celui de « prisonniers »…

Les groupements de travailleurs étrangers sont dissous par le Gouvernement provisoire de la République française le 5 septembre 1944.

Au plan national, « avec 40 000 personnes incorporées dans plus de cent groupes », les groupements de travailleurs étrangers ont été « l’expression d’une politique de la main-d’œuvre à la fois xénophobe, antisémite et anticommuniste »[2].

––––––

[1] Vincent Giraudier, Les Bastilles de Vichy – Répression politique et internement administratif, 1940-1944, Paris, Tallandier, 2009, p. 73.
[2] Peter Gaida,
Camps de travail sous Vichy : les « groupes de travailleurs étrangers » (GTE) en France et en Afrique du Nord 1940-1944, thèse de doctorat, Paris 1, 2008.
Remerciements à Bernard Reviriego, des Archives départementales de la Dordogne, pour sa collaboration utile.

33 Commentaires de l'article “Création des compagnies et des groupements de travailleurs étrangers « en surnombre dans l’économie nationale »”

  1. Christian Olle dit :

    Je suis à la recherche de documents ou archives sur les hommes qui on participé à ces C.T.E. Mon père faisait partie de la 25 puis 26ème compagnie.
    J’ai exploré plusieurs pistes, même officielles… et pas de réponse positive. Votre article peut m’avancer grâce aux dates de création de ces compagnies.

  2. Dolores Simonin dit :

    Recherche base du CTE 40 d’où provenait mon père Agustin Boada Serra, avant d’être affecté au GTE 142 – merci

  3. Jacky Tronel dit :

    Connaissez-vous le site dédié aux réfugiés espagnols : http://www.retirada.org ? On y trouve la trace de votre père : BOADA SERRA Agustin, né le 19/10/1911 à Barcelone, boulanger. Il figure sur une liste de réfugiés présents au camp d’Argelès (31/07/1940 – 13/09/1940), en provenance de la 40e CTE, dirigé vers le 142e GTE.
    Le 142e GTE était basé à Vallon-en-Sully (arrondissement de Montluçon). Les Archives départementales de l’Allier (Parc de Bellevue, 03400 Yzeure, tél. : 04.70.20.01.40) sont susceptibles de conserver des documents relatifs à ce groupement de travailleurs espagnols. Bonnes recherches, JT.

  4. Dolores Simonin dit :

    Merci, mais ce que je recherche c’est dans quel camp avait été constituée la 40ème CTE pour savoir à quelle date il a franchi la frontière et en provenance d’où ? En ce qui concerne le 142ème, il était basé à Châlons/Saône avant ou en même temps qu’au Château de Frémont à Vallon en Sully. J’ai pris contact avec les archives de l’Allier et je vais faire de même pour Chalons.

  5. Jacky Tronel dit :

    Je ne connais pas la réponse à cette question. Puisque votre père était présent au camp d’Argelès de fin juillet au 13 septembre 1940, en provenance de la 40e Compagnie de travailleurs étrangers, il me semble que vous devriez chercher à en savoir plus sur son séjour à Argelès. Les Archives départementales des Pyrénées-Orientales (24 quai Sadi Carnot, B.P. 906, 66906 Perpignan cedex, Tel. 04 68 54 60 39, archives@cg66.fr, http://www.cg66.fr/55-les-archives-departementales.htm) proposent d’effectuer gratuitement les recherches relatives aux internements dans les camps. Il suffit d’envoyer une demande par courrier ou courriel en précisant les noms, prénoms, date et lieu de naissance de la personne recherchée. Je ne peux malheureusement vous en dire davantage… JT

  6. Puigventos dit :

    Bonjour à tous,
    Je recherche des traces de mon grand-père espagnol, malheureusement décédé en 1991 et qui a migré en france à la fin des années 1930. Malheureusement, cette période fût un tabou dans la famille, il n’a par exemple jamais souhaité apprendre à parler espagnol à ses enfants et petits-enfants ou bien jamais parlé de cette période. Il s’appelait Juan Puigventos Auladell.

    D’après ce que je sais de ma grand-mère, il aurait été militaire de carrière dans l’armée républicaine espagnole avant de passer la frontière française lors de la retraite. Il aurait ensuite été dans un camp pour réfugiés espagnols avant d’être prisonnier dans un camp pour travailleurs étrangers à Bordeaux d’où il se serait échappé.

    Ensuite c’est le black-out, il semblerait avoir participé à la résistance??? Bref, le problème c’est qu’aucune trace de lui est visible sur internet. Quelqu’un ppurrait-il m’aider SVP???

    Vous remerciant par avance.

  7. CARO F. dit :

    Bonjour,
    D’après l’attestation des Archives Dép. des Pyrénées-Orientales, mon grand-père, Vicente GRAU Mañanet, refugié espagnol interné au camp d’Argèles, est « libéré » – c’est-à-dire déporté – le 04/12/1939 pour la 128e Cie de travailleurs, localisé à Leyment (Ain).
    Plus tard, il a été transféré à la base sous-marine en construction à Bacalan, Bordeaux, où il a travaillé de force pour l’Organisation Todt.
    J’essaie de trouver des renseignements concernant ces faits et toute aide sera bien reçue de ma part…
    Voici mon e-mail: efecaro@gmail.com
    Merci à tous

  8. numca dit :

    Bonjour,
    Je cherche des infos sur les CTE ou camps St-Pierre à Brest (base sous marine) de 1939 a 1942.
    Merci par avance,
    Cdt

  9. CAMELIN Alain dit :

    Bonjour,
    Secrétaire de l’ACTL [Association des Collectionneurs des Timbres surchargés de la Libération] je suis également administrateur de notre forum.
    L’un des membres de notre forum m’a demandé où classer les « lettres de prestataires ». Je dois avoué que je n’avais aucune idée sur ces fameux prestataires mais une explication succincte de sa part m’a permis de faire une recherche et de trouver votre forum.
    Puis-je me servir de votre article pour faire une brève présentation de ce sujet ?
    D’avance merci.
    Egalement mon blog : http://alaintimbres.canalblog.com/

  10. Jacky Tronel dit :

    Bonjour,
    À la condition d’en indiquer la source, je vous autorise bien sûr à utiliser le texte de cet article sur les Compagnies de Travailleurs Etrangers, ces « unités de prestataires militaires étrangers », « en surnombre dans l’économie nationale ».
    Sur ce blog, je vous recommande l’article : Karl Schwesig, l’artiste « timbré » des camps de Saint-Cyprien et de Gurs, qui ne manquera pas de vous étonner.
    Bien cordialement, JT

  11. CAMELIN Alain dit :

    Merci, et voici le lien vers le forum de l’ACTL sur le sujet : http://actl.forumgratuit.org/t675-compagnies-et-groupements-de-travailleurs-etrangers#3297
    Plusieurs membres devraient poster des lettres provenant de CTE et GTE.
    Cordialement
    AC

  12. exposito dit :

    Bonjour
    Mon grand père Manuel Exposito Barco a été travailleur espagnol au groupe de T.E. du 522eme groupe de T.E. en décembre 1939, libéré suite à une décision de la Commission de libération des Étrangers encadrés, suivant l’arrêté du 25 août 1944 du commissaire de la république de Bordeaux.
    Il avait perdu de vue sa femme Mercedes Exposito Toribio qui s’est retrouvée dans un autre camp dans la Manche (Coutances) où elle a perdu un fils nommé Juan Exposito. Après l’histoire devient confuse, mais par chance il se sont retrouvés dans les Pyrénnées et ont vécu dans les Cévennes jusqu’à leur décès. Je voudrais savoir si on peut trouver des traces de cet oncle que j’ai perdu dans les camps de réfugiés (il est né le 1er Mars 1938 en espagne et décédé dans le camps de Coutances le 20 avril 1939)…

  13. Bonjour,
    Mon oncle a été interné au camp d’Argelès. Il venait de Barcelone. Il a fait partie des CTE. Vous pouvez lire gratuitement son témoignage dans lequel il en parle (document PFF téléchargeable). Voici le lien :
    http://www.isabelle-callis-sabot.com/article-baptiste-marco-l-exil-a-perpetuite-a-lire-gratuitement-114716657.html
    En espérant pouvoir vous aider dans vos recherches.

  14. Joseph Gonzalez Ocaña dit :

    Pour Puigventos,
    Votre grand-père est passé par le camp de Septfonds (82) où j’ai retrouvé sa trace.
    Ce n’est que maintenant que je découvre votre message…en espérant que vous lirez celui-ci et me contacterez.
    Joseph Gonzalez,
    Président de MER82

  15. Lili dit :

    Bonjour,
    J’essaie de retracer le parcours de mon grand-père Telesforo Suárez Conchiña.
    Voici ce que j’en sais : arrivé le 8 ou 9 février 1939 en France
    Camp de Saint Cyprien
    puis du 04.01.1940 au 28.01.1940 camp d’Argelès.
    ensuite, 197e compagnie de travailleurs espagnols
    Certificat de bonne conduite daté 19.12.1940 à Septfonds, 197e compagnie de TE et au groupe 552 TE.
    Merci de me donner des idées de pistes de recherches (quelles archives) ou de me contacter si vous croisez son non dans vos recherches.
    Voici mon mail lili.giessanchez@gmail.com

  16. Maithé dit :

    Bonjour, je suis à la recherche de traces du parcours de mon père Républicain espagnol, Antonio GRACIA GAN, né le 11 juillet 1908 à Hijar (Teruel). Fait prisonnier en Espagne en février 1939 à Saragosse puis à Burgos et enfin dans les Pyrénées, détenu dans un chantier de construction de canalisations d’eau potable dans le Val d’Aran jusqu’à un soir d’août 1944 où, après avoir mis le feu à leur cabane, avec 25 autre détenus ils ont franchi la frontière du côté de Bagnères de Luchon (j’aimerais savoir où à peu près, il n’a jamais voulu nous y amener) ; puis il a intégré des compagnies de travailleurs étrangers je ne sais ni où ni jusqu’à quand, puis dans le maquis me semble-t-il. Je pense que dès leur arrivée en France, ils se sont dispersés et ne se sont jamais revus.
    J’aimerais trouver des enfants ou petits enfants de ces 25 républicains espagnols ayant vécu cette évasion ce jour-là, pour essayer d’en savoir un peu plus. Merci de signaler si vous retrouvez ce nom sur des registres ou des listes (maithe.dubaquier@laposte.net).

  17. Juan Piñero dit :

    Distinguido amigo:

    Estoy haciendo un estudio histórico biográfico sobre un republicano español, MANUEL AGUILAR GOMEZ, que tras su paso por Mauthausen fue liberado, consiguió el estatus de DEPORTADO POLÍTICO y vivio en Francia. Los últimos de datos que tengo son:

    Liste nominative de recensement de population 1954 – 78 rue Marat , Ivry-Sur-Seine
    AGUILAR Manuel, chef de famille, 1907 maçon
    HUBERT Marguerite, épouse, 1909, française, SP
    HUBERT Manuella, fille, 1950, française, SP

    Liste nominative de recensement de population 1956 – 36 rue Coquelicots, Athis Mons
    AGUILAR Manuel, chef de famille, 1907 maçon
    HUBERT Marguerite, épouse, 1909, française, SP

    Manuel Aguilar llego al campo de Argeles en 1939, perteneció a la Compañía 25 del CTE, fue arrestado en la ciudad de Colmar en 1940, paso al Stalag XB Sandbostel, luego transferido al LK Mauthausen y Gusen, para ser liberado el 5 de mayo de 1945.

    Les ruego me digan si tienen alguna información sobre el, o bien donde puede haberla. Así mismo me gustaría poder contactar con algún familiar suyo en Francia.

    Le agradezco de antemano el interés que preste a mi petición.

  18. Gicquiaud dit :

    Bonjour. Je suis la fille d’un républicain espagnol, de son vrai nom Alejandro GÓMEZ GARCÍA, né le 6 août 1905 à Santa Cruz del Retamar, province de Toledo. Il est passé en 1939 lors de la Retirada et a changé son nom et falsifié sa carte de travailleur étranger – que je possède – qui stipule « groupement 3, groupe Nº 408 », pour celui d’OCAÑA SANTIAGO Teodoro, nom qu’il a gardé jusqu’à sa mort en 1987. Je pense que cet Ocaña était avec lui dans le camp, et qu’ils se sont échangés leur nom. Pourquoi ? Mais quel camp ? Peut-être pourriez-vous m’aider ? Je suis allée sur le site retirada.org et j’ai vu que mon père avait dû passer dans le camp d’Argelès avant d’intégrer l’organisation Todt dans la base sous-marine de Saint-Nazaire. Il n’est jamais revenu en Espagne, car lieutenant dans l’armée républicaine. Le problème est que je ne suis sûre de rien, car jamais il n’a voulu parler, ni apprendre l’espagnol à ses enfants français. Et je viens de savoir que le véritable Ocaña Santiago Teodoro, lui, après le camp d’Argelès, a travaillé à Cherbourg, et pris sa carte de l’UGT, recensé par la fondation Pablo Iglesias, Madrid. Quelqu’un pourrait-il m’aider pour éclaircir certains points de ce parcours ?

  19. Serge Utgé-Royo dit :

    Bonjour,
    Je cherche la trace exacte du parcours de mon père, Antonio Utgé-Royo (1915-1994), prisonnier au Vernet-d’Ariège, puis à Septfonds. Versé (?) au 30e RI en 1939, il monte en Moselle, à Ballering-les-Holving [Ballering, hameau de la commune de Holving, en Moselle) ; il est affecté à la construction d’une ligne défensive antichars devant la ligne Maginot.
    En juin 1940, il est versé dans la 27e compagnie de travailleurs étrangers et se retrouve à Morhange, puis Vitry-le-François. Il finira emprisonné à la citadelle de Laon, d’où il s’évadera pour aller à Paris. Pour ce trajet et ensuite : quid ?
    Merci infiniment.

  20. mairet dit :

    Je recherche des renseignements sur mon grand-père Mr Miguel TORRANDELL FORMENT, commandant de cavalerie à Barcelone. Républicain, il a passé la frontière avec son régiment, il a été interné au camp d’Argelès en 1939. Il en est ressorti le 28/01/1940, et incorporé dans la 197ème compagnie de travailleurs étrangers. A partir de là je perds sa trace, merci de me donner des conseils pour connaitre sa destination. Merci.

  21. ESTEBAN dit :

    Mon père ESTEBAN LOPEZ JULIO était à Argelès jusqu’en janvier 1940. Il a ensuite intégré la CTE 197 et a fini au fort Montbarey, pour l’organisation TODT, à Brest. Entre les deux j’essaie de reconstruire son parcours. Merci de me donner des conseils entre Argelès et Brest. Les archives de l’organisation TODT sont à Vincennes…

  22. Dolores Garcia dit :

    Bonjour !
    Je m’adresse plus particulièrement à Monsieur Gonzalez Ocaña. Mon père est passé par Réalville en juillet 1940 (sans doute le camp de Septfonds, bien qu’il ne nous ait jamais prononcé ce nom) dans la compagnie de travailleurs étrangers 534. Est-il possible de retrouver sa trace dans les archives et, si oui, où faut-il s’adresser pour avoir des éventuels détails ?
    Je me retrouve parfaitement dans le témoignage de la petite fille de Monsieur Puigventos Auladell. Mon père n’a lui non plus jamais parlé de cette période ni voulu nous apprendre l’espagnol. Il est retourné brièvement dans sa ville natale retrouver la famille qu’il avait laissée sur place, mais il a attendu pour cela la mort de Franco et l’ouverture du pays à la démocratie, en 1979. Il est décédé en 1999 en France, sans jamais avoir voulu retourner vivre en Espagne.
    N’ayant pratiquement aucune information sur son passé jusqu’au mariage avec ma mère Française, je tente de reconstituer au moins par bribes son début de parcours en France.
    Mon père s’appelait Isidoro Garcia Roca et était né en 1915 à Carthagena (Murcie).
    Merci d’avance pour votre aide, comme pour l’aide de toute autre personne qui lira ce message.

  23. Jordi Domènech dit :

    Bonjour,
    Je cherche des infos sur le 34eme CTE.
    Merci par avance,
    Jordi D.

  24. Virginie Carrayol dit :

    Bonjour, je suis à la recherche d’informations sur Candido Burgos, mon grand-père. Tout ce que je sais de lui (à part des photos et des mots d’amour) est qu’il a disparu à Châteaudun (28) entre juin et novembre 1943.
    Après des recherches aux Archives nationales infructueuses, je ne sais plus par quel bout prendre le problème.
    Merci.
    Virginie

  25. Jordi Pons Pujol dit :

    Bonjour Virginie,
    Se pourrait-il que ton grand-père ait été détenu dans le cadre du décret Nuit et Brouillard pour actes de résistance ?
    Cependant, s’il a été déporté vers les camps nazis, il devrait apparaître dans les bases de donnés de déportés :
    http://www.bddm.org/liv/search.php ou http://www.bddm.org/liv/search.php , et ce n’est pas le cas.
    As-tu cherché dans le fonds de la police de Vichy aux Archives nationales ?
    Salutations,
    Jordi

  26. Alban dit :

    Bonsoir Virginie

    Comme Jordi je pense que la piste de la répression envers les résistants (et beaucoup de républicains espagnols en furent) via les opérations Nuit et Brouillard pour actes de résistance est à suivre.

    L’autre possibilité serait les intenses bombardements américains en 1943 de la Base aérienne 279 de Château, si votre grand père avait été contracté dans le cadre d’une GTE ou du service obligatoire (STO) là bas, il ferait partie des innombrables victimes dont on a plus trouvé trace après ces bombardements.

    Il faut trouver où il travaillait et se situait après avoir été dans la 100e CTE.

  27. JML dit :

    Bonjour,
    je cherche des informations sur les GTE des Bouches-du-Rhône : organisation , nombre de bataillons, organigramme.
    Existe-t-il un «bataillon 827» ou un «bataillon 807» ?
    J’ai aussi deux noms : Luis Centran, François Perez.
    Est-il possible de les retrouver dans des bases de données ?
    Merci d’avance pour les réponses.

  28. Virginie dit :

    Bonjour,
    Merci pour vos réponses.
    J’ai retrouvé sa trace… et sa famille au Canada. Eux non plus ne savent pas ce qui lui est arrivé en 1943. Aux archives je perds sa trace en 1941 avec la 100e CTE repliée à Ste Sévère sur Indre. Aux archives de l’Indre il n’y a que les listes des travailleurs des GTE à la démobilisation. Je ne sais pas où trouver les listes intermédiaires. Je ne sais toujours pas pourquoi il est retourné à Châteaudun. Réquisition ? Je viens d’apprendre que l’organisation Todt était présente dans l’Eure et Loir. Je vais essayer de creuser de ce côté…
    Merci,
    Virginie

  29. BLSCAK Gilles dit :

    Je recherche l’endroit où mon père Gaspar Blscak était en CTE ou GTE dans la région de Grenoble. Nous savons qu’il faisait partie de l’armée Tchèque reconstituée au camp de Agde en 1939 et que ensuite, il était dans la région de Grenoble. Nous avons des photos où nous le voyons dans une foret, dans la neige, au bûcheronnage avec son groupe. J’ai contacté beaucoup d’archives et le Musée de la Résistance. Il y avait des camps sur Lentiol, Prémol et Luitel mais comment savoir dans lequel il était, nous voudrions nous rendre sur ces lieux. C’est une période de sa vie dont il n’a jamais parlé. Nous avons découvert cela par hasard en juin 2016… Un Monsieur Kowalcyk faisait peut être parti de son groupe, nous avons ce nom au dos d’une photo.
    Merci pour votre aide.

  30. Plana Muriel dit :

    Bonjour, mon grand-père Diégo PLANA est né en 1915 à Barbastro province de Huesca le 12 novembre.
    Il est arrivé en France en 1936. Il a lui aussi été interné dans un camp, sans doute celui d’Argelès mais je n’en ai aucune certitude. Et je ne connais pas les dates. A priori, il a fait parti des CTE pour électrifier les lignes de chemin de fer dans les Alpes . Je ne sais pas où trouver des listes pour tenter de trouver sa trace. Je sais qu’il a été bucheron et qu’il a travaillé à faire du charbon. Il s’agit de 10 années de sa vie car il s’est marié à Quarante (34), en 1946 avec ma grand-mère Marie JUSTE née à Quarante et née de parents Espagnols. La mère de Marie, Isidora JARLONA (15/06/1896 – 12/04/1971) est née à Valence de parents inconnus, je me demande aussi s’il serait possible d’obtenir un document sur sa naissance, voire des informations sur son adoption. Sa mère Pétra FERRIZ a été recensée à Quarante. Merci de m’aiguiller dans la mesure du possible pour savoir où consulter les listes des camps du secteur d’Agelès et environs. Muriel PLANA

  31. Virginie dit :

    Bonjour à tous. Mon grand-père fait partie de la liste des évadés du camp Todt de la pallice à la Rochelle (archives de la préfecture de police de Paris). Il aurait était arrêté en 1943 (mais je n’ai retrouvé aucune trace de son arrestation) puis se serait évadé d’un train en partance pour l’Allemagne.. aucune trace dans les archives mais je ne sais plus bien où chercher.. Si quelqu’un à des témoignages ou des idées à partager… je suis preneuse. Si quelqu’un à besoin d’aide n’hésitez pas non plus.

    Cordialement
    Virginie

  32. Jordi Pons dit :

    Pour Puigventos:

    Vous avez posté en 2011 en demandant des renseignements sur votre grand-père. Je viens de tomber sur cette nouvelle, le décès de sa sœur dans la ville de Calella, en Catalogne espagnole :
    Pilar Puigventós I Auladell
    Edat
    88 anys
    Lloc de la cerimònia
    PARRÒQUIA STA.MARIA I ST.NICOLAU CALELLA
    Adreça de la cerimònia
    C/. RAVAL, 1
    Població de la cerimònia
    CALELLA
    Hora de la cerimònia
    28/05/2016 – 11:00

    Et en recherchant, la naissance de votre grand-père apparaît ici, page 4: http://trencadis.diba.cat/downloads/diba:93979?datastream_id=file

    Très cordialement,

    Jordi Pons

  33. Jordi Pons dit :

    Bonjour à nouveau,

    J’ai besoin d’aide pour bien comprendre la « Liste officielle… des prisonniers de guerre français : d’après les renseignements fournis par l’autorité militaire » (source: gallica.bnf.fr).
    Dans la suivante couple de père et fils
    Camps (Miguel),-3-8-17, Sl-Félix-de-Foncaude, Trav. St. XVII A.
    Camps-Vivas (Antonio), 15-9-99, Sl-Félix-de-Foncaude, Trav. St. XVIIA..
    Il y a l’acronyme « Trav. », Qu’est-ce que ça signifie ?. En fait, il étaient des espagnols, nés dans la ville barcelonaise de Manresa, et apparemment n’ont pas entré dans des CTE. Ses actes de décès à Mauthausen-Gusen contiennent comme dernier domicile l’adresse Château de Pommiers, Saint-Félix-de-Foncaude (Gironde).
    On saît que le père, Antoni Camps Vives, s’était uni à une française venue engagée à la guerre d’Espagne. Son nom varie selon la source : Jeanne Marce(?) / Marie (?) Boudit, ou Marie-Jeanne Camps…
    Si quelqu’un peu m’aider avec l’acronyme « Trav. » ou avec la brigadiste française, peut-être originaire de Foncaude, je vous serai très reconnaissant.
    Jordi Pons Pujol

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