Le crash de l’avion du général Huntziger dans les Cévennes

Général Huntziger, Source Service Cinéma de l'Armée, octobre-novembre 1941.

C’est en rentrant d’Alger à Vichy, à bord de son quadrimoteur personnel (un Potez 662), que le général Huntziger, ministre secrétaire d’État à la Guerre, a trouvé la mort le 12 novembre 1941. Au terme d’une mission d’inspection en Afrique du Nord, il avait décollé de Maison Blanche vers 8 h. 30 avec six autres passagers : le chef de son cabinet civil, Jean Labusquière, son officier d’ordonnance le capitaine de Royère, le sous-lieutenant Jean Lefèvre, qui pilotait l’avion, son « valet de chambre » et le radio. Ils étaient attendus à l’aérodrome de Rhue en début d’après midi…

Le texte qui suit est dû en partie à l’historien Jean-Claude Streicher, qui prépare une biographie du général Huntziger.

Le Potez 662 du général Huntziger

Le Potez 662 du général Huntziger, avec sa devise « Plus est en nous ». Source Service Cinéma de l'Armée.

L’avion du général Huntziger, avec sa devise « Plus est en nous ». Source Service Cinéma de l’Armée.

Le Potez 662 du général Huntziger était un quadrimoteur de transport rapide. Il avait été construit pour Air France par la S.N.C.A. du Nord. Il découle du Potez 661, mais ses 4 moteurs avaient été remplacés par des Gnome et Rhône plus puissants. Il avait volé pour la première fois le 26 juillet 1937. Avion prototype, il n’en existait qu’à un seul exemplaire. Il avait été mis à la disposition du ministre secrétaire d’Etat à la guerre en 1939. Il pouvait voler à une vitesse moyenne de 320 à 350 km/h et parcourir à cette vitesse une distance de 1 000 km.

Réfugié en zone libre au moment de l’armistice, il est réquisitionné par le gouvernement de Vichy en juillet 1940. Immatriculé F-ARAY, il sert d’appareil de liaison au maréchal Pétain et à ses ministres jusqu’au 25 février 1941, date à laquelle le général Huntziger, devenu ministre de la Guerre, l’affecte à ses déplacements personnels et fait peindre sur son fuselage la devise qui fut, en 1940, celle de sa Ile armée « Plus est en nous. » [Source]

Alourdi par le givrage

A gauche, le capitaine de Royère, officier d'ordonnance du général Huntziger. Source Service Cinéma de l'Armée.

A gauche, le capitaine de Royère, officier d’ordonnance du général Huntziger. Source Service Cinéma de l’Armée.

L’avion avait mis le cap en ligne droite vers Vichy. À 11 h. 55, il franchissait la côte languedocienne à 10 km à l’est d’Agde. À 12 h. 28, il se trouvait dans la région d’Issoire. Il aurait donc pu atterrir à Vichy vers 12 h. 45. Mais c’est à ce moment que l’avion signale au poste de Clermont-Ferrand : « Je me dirige sur Marseille ». Il semble déjà ne plus recevoir correctement les messages qui lui sont adressés. Il n’accuse pas réception, en effet, du message : « Attention travaux à l’aérodrome de Vichy ».

Le pilote, « ne voulant pas descendre en pays montagneux sans être certain du fonctionnement parfait de sa réception radio, a (alors) décidé de regagner la côte et de chercher à se poser sur un terrain du littoral. À 12 h. 34, il appelle Marseille et signale qu’il n’entend pas le poste de Clermont. Marseille répond que le temps est très mauvais et qu’il est impossible d’atterrir à Marignane. L’avion ne répond pas. À 12 h. 47, l’avion rappelle Marseille et signale : Givrage, cherchons à regagner Marseille. À 12 h. 50, l’avion est signalé comme survolant la région sud-ouest de Mende. Il appelle le poste de Montpellier. À 12 h. 54, sa dernière émission est entendue à Nîmes. À 13 h. 03, l’avion percute la montagne. Ses antennes radio s’étaient givrées au contact d’un front froid. Le givrage du moteur et des ailes avait alourdi l’avion, qui était devenu une masse de glace » [source La Montagne du 14 novembre 1941, d’après une dépêche Havas-OFI].

Le Potez 662 du général Huntziger après le crash. Source Photo Gallia.

Le Potez 662 du général Huntziger après le crash. Source Photo Gallia.

Pendant de longues heures, on ne sut donc pas où il s’était écrasé. L’alerte a finalement été donnée par les responsables du Chantier de la jeunesse n°18, installé dans le massif du Mont-Aigoual, près du Vigan dans le Gard, où il était occupé à des coupes de bois, dont personne ne voulait, car difficiles à exploiter et peu rentables.

« Vers 13 h, rapporte L’Illustration, des jeunes gens (de ce chantier) ont perçu un bruit de moteur, puis une explosion violente, bientôt suivie d’une deuxième. Ils virent alors un avion qui tombait en vrille ». « Ils ont nettement aperçu deux tentatives pour redresser l’appareil en perte de vitesse », ajoute L’Œuvre. « Ils se portèrent aussitôt vers le point de chute, mais une rafale de neige et la crue de nombreux torrents qui sillonnent la montage, rendaient les recherches très difficiles. Ce fut seulement deux heures plus tard qu’ils découvrirent enfin l’appareil, qui achevait de se consumer. Cinq cadavres carbonisés gisaient au sol, deux autres étant ensevelis sous les débris. Une montre était arrêtée à 13 h. 03 ».

Ceux du Chantier 18 témoignent

Le Potez 662 s’était écrasé sur le versant sud du Mont Aigoual, au-dessus de la forêt de Bréau, au lieu-dit Fabret à 1 350 m d’altitude et à 21 km de la sous-préfecture du Vigan. Vingt-six ans après, le responsable du Chantier n° 18 a fait parler les témoins du drame.

« Ce 12 novembre 1941, le jeune Paul Paxé déguste tranquillement, vers midi, un plat de nouilles et de choux avec quelques camarades, dans une hutte de l’enclave Pagès, noyée dans le brouillard. Dehors, la tempête fait rage. Il pleut sans arrêt depuis plusieurs jours. Soudain, un bruit inhabituel trouble le silence de la forêt : c’est le vrombissement d’un avion, qui au-dessus des nuages se dirige vers le nord. Comme on ne peut rien voir, les jeunes n’en ont cure. Vers 13 h., alertés par un tapage infernal, ils sortent à nouveau de leur hutte, et cette fois ils distinguent nettement volant à basse altitude, un gros quadrimoteur jaune qui se dirige d’abord vers le sud-ouest, puis à vitesse réduite, amorce un virage vers la droite, avant de piquer à la verticale vers le sol. À 13 h. 15, une explosion déchire l’air et une longue colonne de fumée monte derrière la crête. Dix minutes plus tard, nouvelle explosion, plus forte que la première. Mais déjà Paul Paxé et une quinzaine de camarades se sont précipités, sans négliger d’envoyer quelqu’un prévenir leur chef, l’assistant Merian, qui déjeunait à Montals avec le commissaire assistant Portman.

Dès le lendemain, Paxé a raconté cette aventure dans une lettre à ses parents : “ L’appareil s’était abattu à environ un kilomètre vers le col du Minier. La fumée noire et épaisse, qui montait, nous guidait. Nous sommes partis en pleine tempête de neige. Nous avons suivi un chemin boueux, inondé par la Dourbie, pendant un bon quart d’heure. L’eau nous montait à hauteur des chevilles. Nous avons ensuite remonté la route du col du Minier pendant quelques centaines de mètres. La route était toute blanche de neige. Nous avons ensuite traversé le vallon, et là se place la plus grosse difficulté que nous ayons rencontrée : le ruisseau. Un ruisseau transformé en rivière d’une largeur d’environ 8 à 10 m, qui roulait une eau boueuse. Sans hésitation aucune, nous l’avons traversé. L’eau nous montait jusqu’au bas ventre. Certains ont pris des bains complets. Nous avons alors attrapé l’autre pente à 45° au milieu des sapins qui ruisselaient l’eau et la neige. Enfin, après des coups de hache et des détours, nous avons aperçu l’avion en flammes sur l’autre côté de la colline. Trois bons quarts d’heure s’étaient écoulés depuis la chute de l’appareil.” » [Source : Pierre Mazier : L’Aigoual en colère. Au temps des Chantiers de jeunesse, Nîmes 1994, 26 p.].

Mais en marchant tout droit au but, Paul Paxé et ses camarades, qui ne connaissaient pas très bien le secteur, avaient joué de malchance. Le passage par le col du Minier leur aurait évité la périlleuse traversée de la rivière de Fabret. Vers 14 h., ils sont rejoints par l’assistant Pierre Merian. Le spectacle était atroce. L’avion s’était littéralement planté dans le sol, les moteurs profondément enfoncés dans la terre au milieu d’une parcelle de petits hêtres. La chute a été si verticale que pas un arbre n’a été abimé. La carlingue pulvérisée par les explosions, n’était qu’un brasier, dégageant une chaleur effrayante. Les cadavres déchiquetés des passagers n’avaient plus de tête. Plusieurs, prisonniers des flammes, étaient inaccessibles. Pendant plus de deux heures, Paul Paxé et ses camarades durent rester seuls, car le coursier dépêché pour prévenir le groupement devait parcourir 5 km dans la neige jusqu’au poste téléphonique de l’Espérou.

Pour dégager le lieutenant Lefèbvre, pilote de l’avion, Panaiotis doit lui scier une jambe. Ses camarades essaient vainement d’éteindre l’incendie. Ils virent que la cale de l’avion, partiellement épargnée par le feu, était bourrée de provisions, dont certaines se sont répandues sur le sol : boîtes de conserves, café, riz, oeufs, savons, cigarettes au timbre du Maréchal, bouteilles. Ils distinguèrent pêle-mêle, au milieu des décombres, une plaque de grand officier de la Légion d’honneur (c’était celle du général Huntziger), un soulier de femme, qui les intriguera longtemps, et un totem africain en bois porte-bonheur. Dans l’appareil, Paxé aperçut également un couteau planté dans une orange. Puis vers 15 h., Merian découvrit, suspendue à un arbre, une sacoche, dont le contenu a permis d’identifier les victimes. C’était la sacoche du général Huntziger. Il l’avait jetée par-dessus bord, avant le crash, pour en protéger le précieux contenu. Elle révéla un 8e nom de passager, mais au dernier moment celui-ci n’était pas monté dans l’appareil. La nouvelle du drame devint alors publique.

Quelques heures après le crash de l'appareil. Source Agence Photo "Actualit".

Quelques heures après le crash de l’appareil. Source Agence Photo « Actualit ».

Le quotidien L’Eclair de Montpellier ajoute : « On a trouvé dans les débris de la carlingue deux sabres. Seul le cadavre du pilote a pu être identifié, une partie de son uniforme seulement ayant été calcinée. Un autre cadavre, vêtu de vêtements civils en toile grise a été identifié comme étant celui de M. Labusquière… Des épées ont été retirées des décombres, des médailles, la Croix du général Huntziger, quelques documents noircis et à demi calcinés… Les ailes d’aluminium sont plaquées au sol, presque intactes. La queue jaune de l’appareil aux cocardes tricolores gît arrachée à quelques mètres, mais il ne reste de la carlingue qu’un monstrueux amas de ferrailles noircies par le feu ».

La générale Huntziger, qui était à Paris, fut avisée par téléphone et était partie aussitôt en automobile. Dans la soirée, un grand nombre de personnalités civiles et militaires commencèrent à converger vers le col du Minier : le sous-préfet du Vigan, le préfet du Gard Angelo Chiappe, le général Dentz, ancien haut commissaire de France en Syrie alors basé à Avignon, le général Picquendar, chef d’état-major de l’armée d’armistice, le général Lacaille, directeur du cabinet militaire du général Huntziger, le général Altmeyer, commandant la 16e division militaire… Du col, les jeunes du chantier n° 18 les guidèrent jusqu’au lieu de l’accident.

Les généraux Picquendar et Dentz sur les lieux de l'accident. Source France-Presse.

Les généraux Picquendar et Dentz sur les lieux de l’accident. Source France-Presse.


Une veillée funèbre s’est organisée. Les jeunes ont assuré une garde d’honneur jusqu’à 22 h. Comme ils sont éreintés, ils sont renvoyés à leur camp. Vers 23 h, les gendarmes assurent la relève. On voit également arriver des aviateurs de la base de Courbessac, près de Nîmes, et un détachement de militaires indochinois qui vont dégager le terrain. Les corps enveloppés dans des linceuls de fortune sont déposés sur des grandes plaques découpées dans les ailes de l’avion. Deux prêtres, le père Amiable et l’abbé Blanc, curé du village voisin de Camprieu, ainsi que le pasteur Couderc de Valleraugue, se relaient pour réciter les prières des morts.
Le lendemain, Paul Paxé et ses camarades, en grande tenue, assurent encore une garde d’honneur avec des aviateurs. A la nuit tombante, enfin, c’est la descente vers le col du Minier, après que les honneurs militaires aient été rendus. Les hommes, qui transportent les 7 civières à bout de bras, avancent difficilement parmi les sapins. Par endroits, il faut dégager le sentier à coups de hache. Au col, les corps sont pris en charge par un car de l’armée, qui les achemine jusqu’au Vigan. La mise en bière a lieu à la sous-préfecture en présence d’une impeccable garde d’honneur des jeunes des camps « du bas ».

Des obsèques nationales sont ordonnées. Elles se dérouleront à Vichy.

Les messages de condoléances allemands et italiens

Dès qu’il eut connaissance de l’événement, Hitler avait adressé au maréchal Pétain un télégramme ainsi conçu : « Veuillez accepter M. le maréchal mes sincères condoléances pour la mort tragique du général Huntziger et de ses officiers ». De son côté, von Ribbentrop, ministre des affaires étrangères du Reich, avait fait tenir un message analogue à l’amiral Darlan, au nom du gouvernement du Reich, et le général von Stülpnagel, Militärbefehlshaber en France, est venu personnellement présenter ses condoléances à M. l’ambassadeur de Brinon à Paris et adressait un télégramme à l’amiral Darlan. M. de Brinon a également reçu les condoléances du maréchal Goering, que le général-major Hanesse lui a apportées, tandis que le feld-maréchal Keitel faisait transmettre les siennes au président de la délégation française à la Commission d’armistice de Wiesbaden.

L’Italie s’est associée à ces démonstrations par cet autre télégramme, que Mussolini a adressé au maréchal Pétain : « C’est avec une vive émotion que j’ai appris la tragique nouvelle de l’accident du général Huntziger, votre si précieux collaborateur. Je vous prie d’agréer l’expression de mes condoléances personnelles et celles du gouvernement italien » [Source : L’Illustration, 22 novembre 1941].

L’Eclair de Montpellier ajoute : « Depuis l’armistice, le général Huntziger a été un artisan convaincu de la Révolution nationale, le créateur et l’animateur de l’armée d’armistice, à laquelle il avait voulu forger une âme de flamme à l’image de la sienne. Un destin aveugle le frappe en pleine activité, alors que le pays avait besoin plus que jamais de ses éminents services. La France en deuil le pleure. L’accident du Vigan prive la Patrie d’un grand serviteur, l’armée d’un grand chef, l’Empire d’un défenseur qui au cours d’un voyage triomphal venait de s’attirer d’immenses sympathies. Au moment du désastre militaire, le général Huntziger a été un de ceux qui ont permis de sauver l’honneur. Au cours des délibérations douloureuses de l’armistice, il a incarné dans le wagon de Rethondes une France vaincue, mais héroïque et fière » [Source : L’Eclair, vendredi 14 novembre 1941].

Quelques éléments biographiques

Portrait du général Huntziger

Né le 25 juin 1880 à Lesneven (Finistère), Charles Huntziger, officier général français, préside la délégation française chargée de signer l’armistice du 22 juin 1940 dans le « wagon de l’Armistice » à la clairière de Rethondes (forêt de Compiègne, dans l’Oise) et celle chargée de signer l’armistice du 24 juin 1940, villa Incisa, près de Rome. Il siège ensuite à sa commission d’application, à Wiesbaden. Il devient ministre, secrétaire d’État à la Guerre dans le Gouvernement de Vichy, puis commandant en chef des forces terrestres (septembre 1941). À ce poste, il prend en main le « relèvement moral de l’armée » dans le cadre de la révolution nationale. Avec l’arrivée de Darlan au pouvoir, Huntziger garde le portefeuille de la Guerre mais il est peu à peu marginalisé par le vice-président du Conseil. C’est ainsi qu’il est mis à l’écart des négociations militaires franco-allemandes autour des protocoles de Paris et se retrouve mis devant le fait accompli lorsque la France se retrouve en guerre en Syrie. À l’automne 1941, il fait partie, avec les généraux Weygand et Doyen, des personnalités militaires que Darlan souhaite écarter de sa route pour pouvoir mener seul son projet de collaboration logistique avec l’Allemagne. Il meurt dans un accident d’avion au retour d’une mission d’inspection en Afrique du Nord le 12 novembre 1941 [Extrait de la notice du Dictionnaire historique de la France sous l’Occupation, Claude d’Abzac-Épezy].

« Le général Huntziger n’est plus »

21 novembre 1941 – Émission Les Actualités Mondiales – Lien : cliquez ici

1°) Veillée d’armes au Ministère de la Guerre – VG de deux gardes veillant dans une chapelle ardente – qui fut le bureau du général – Au pied d’un mur, une grande couronne et un cadre avec la photo du Général HUNTZIGER – PM du cadre barré d’un ruban noir et d’un ruban tricolore – VG d’un garde, de la couronne et de la photographie – 2°) Rétrospective : Arrivée à Oran, visite au « Dunkerque » et au cimetière de Mers el Kébir, retour en avion – Deux VG du Général HUNTZIGER arrivant par avion à Oran – Il serre la main de personnalités qui l’accueillent – VG du « Dunkerque » en rade de Mers el Kébir – Le Général inspecte le « Dunkerque » – Trois plans – Le Général s’éloigne du navire sur une vedette – Quatre VG du Général au cimetière de Mers el Kébir – PM du Général assis dans un avion – Il est coiffé d’un béret – Avec ses collaborateurs dans l’avion – 3°) Service religieux à Notre-Dame – Deux VG de Notre-Dame de Paris – VG d’un prêtre célébrant une messe – VG du Général BRIDOUX et de Monsieur De BRINON assistant à l’office – Deux VG de gardes immobiles, autour du catafalque sur lequel est posé un drapeau tricolore [VG = vue générale].

Toutes les photos qui illustrent cet article sont issues du forum Aviation ancienne : lien.

14 Commentaires de l'article “Le crash de l’avion du général Huntziger dans les Cévennes”

  1. Joël Pham dit :

    Bonjour Jacky,
    Décidément nos travaux se croisent à nouveau. Il est mentionné dans l’article : « un détachement de militaires indochinois qui vont dégager le terrain. »
    Je voudrais vous préciser qu’il s’agissait d’éléments de la 66ème Compagnie de travailleurs indochinois stationnés au Col du Minier. Il n’étaient pas des militaires mais des civils requis au Viêtnam en 1940. Tout comme « les Chantiers », ils étaient affectés à des coupes forestières. En date du 18 novembre 1941, le Général LACAILLE, Chef de Cabinet du Ministre Secrétaire d’Etat à la Guerre envoyait au Secrétaire d’Etat au Travail le message suivant :
    « J’ai l’honneur de porter à votre connaissance l’ardeur au travail, le dévouement et la bonne tenue dont a fait preuve le Détachement de la 66ème compagnie de Travailleurs Indochinois qui, sous la direction de Mr Monmarson, a exécuté au Col du Minier, les travaux de dégagement des corps du Général Huntziger, Ministre Secrétaire d’Etat à la Guerre et de ses compagnons de voyage. C’est grâce à leur intelligente activité que les corps ont pu être rapidement identifiés et transportés à travers bois jusqu’à la route où l’enlèvement par automobile a été effectué. Je vous demande de bien vouloir transmettre au Commandant de la 1ère Légion de Travailleurs Indochinois et à Mr Monmarson, mes bien vifs remerciements personnels et ceux de l’Armée qui a été profondément touchée de ce geste de solidarité dans les circonstances douloureuses qu’elle vient de vivre. »
    Cordialement.

  2. Jacky Tronel dit :

    Bonjour Joël et merci pour cette précision.
    J’en profite pour recommander votre site : http://www.travailleurs-indochinois.org/
    Bien amicalement,
    JT

  3. Thomas Ronse dit :

    Le rayon d’action du Potez 662 est de 1000 km et non de 18 000 km. Cfr. http://fr.wikipedia.org/wiki/Potez_662

  4. Jacky Tronel dit :

    Merci d’avoir vu cette coquille et de me l’avoir signalée…

  5. Streicher Jean-Claude dit :

    Je pense finalement, après recoupement de sources, que le général accompagnant le général Dentz sur les lieux de la catastrophe est le général Olry.

  6. Cavallo dit :

    Le pasteur qui dit les prières des morts avec les deux prêtres doit être de Valleraugue et non de Villeraugue.
    L.C.

  7. Jacky Tronel dit :

    Merci pour ce rectificatif.
    J’en profite pour annoncer la parution de la biographie de Jean-Claude Streicher : LE GENERAL HUNTZIGER « L’Alsacien » du Maréchal Pétain, éditions Do Bentzinger, Colmar, 2014.
    JT

  8. Edouard de Royère dit :

    Mon arrière grand-père Hugues de Royère est décédé dans ce crash.
    MERCI, grâce à cet article j’ai pu aider mon grand-père à connaître les raisons de la disparition de son père alors qu’il n’avait que 9 ans.

  9. CANOT dit :

    Bonjour, c’est un petit détail mais la commune de décès du général Huntziger est souvent citée comme étant Le Vigan or, c’est bien Bréau-et-Salagosse qui est mentionnée en mentions marginales sur son acte de naissance.
    Bien cordialement
    Pierre-Emmanuel

  10. CHALVET dit :

    Bonjour

    Le hameau près duquel s’écrasa l’avion se nomme Fabret et non Sabret, c’est un détail, mais si cela peux permettre d’être plus précis. Par ailleurs, j’écris la biographie de Gérard Ménatory, journaliste, résistant et naturaliste spécialiste des aigles et des loups. Il passa son enfance à la barraque du col du Minier où son père était garde forestier et où eu lieu l’accident donc. Auriez-vous un contact à me communiquer afin d’obtenir une photo de l’avion et l’autorisation de la publier ? Dans le but d’illustrer mon ouvrage. Merci
    Bien à vous.

  11. Jacky Tronel dit :

    Bonjour Michel et merci pour cette précision relative au lieu du crash… La rectification est faite : « Fabret » et non « Sabret » !
    Les sources photos sont indiquées clairement en fin d’article : forum Aviation ancienne : lien.

  12. yan dit :

    Passionnant article sur cette page de l’histoire…

  13. lucie huntzinger dit :

    Bonjour, le général Huntziger est de ma famille éloignée, c’est mon prof d’histoire géo qui me l’a dit et du coup j’ai fait des recherches sur lui mais je ne comprends pas tout…

  14. Pierre Merian dit :

    Bonjour
    je tiens juste à signaler que Merian ne prend pas d’accents, merci.

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