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	<title>Histoire pénitentiaire et Justice militaire</title>
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	<description>Blog de Jacky Tronel</description>
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		<title>Les peintures allégoriques et vichystes de la caserne Chanzy</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Feb 2012 15:26:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
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		<category><![CDATA[17e CRS]]></category>
		<category><![CDATA[26e RI]]></category>
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		<category><![CDATA[fresques et peintures de la caserne Chanzy]]></category>
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		<description><![CDATA[La presse bergeracoise (Sud-Ouest et Le démocrate indépendant) s’est fait l’écho de la construction prochaine, sur le site de la Caserne Chanzy, d’un lycée des métiers. Or, l’un des bâtiments de la caserne qui doit être démoli abrite les peintures des régiments qui ont stationné là à partir de 1877 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/marseillaise-caserne-chanzy.jpg" alt="Fresque du 26e RI à la Caserne Chanzy, Bergerac. La Marseillaise de Rude." title="marseillaise-caserne-chanzy" width="350" height="350" class="alignright size-full wp-image-11092" /></a></p>
<blockquote><p>La presse bergeracoise (<em>Sud-Ouest</em> et <em>Le démocrate indépendant</em>) s’est fait l’écho de la construction prochaine, sur le site de la Caserne Chanzy, d’un lycée des métiers. Or, <strong>l’un des bâtiments de la caserne qui doit être démoli abrite les peintures des régiments qui ont stationné là à partir de 1877 ainsi que des fresques du 26e RI, d’inspiration vichyste. </strong>Le Conseil régional d&#8217;Aquitaine étudierait la question de savoir comment les sauvegarder&#8230;</p>
</blockquote>
<h3>Bref historique de la Caserne Chanzy</h3>
<p><strong>Construite de 1875 à 1877</strong> sur un terrain de quatre hectares choisi <strong>pour abriter le 108e de ligne dont la ville de Bergerac venait de recevoir le cantonnement</strong>, la caserne Chanzy est occupée, après la dissolution du régiment en 1923, par différents corps de troupes : le 50e RI, puis par des tirailleurs sénégalais et, de juillet 1940 à novembre 1942, par le 3e bataillon du 26e RI. Le 30 novembre 1942, les Allemands prennent possession des lieux. Ils désarment et démobilisent les soldats du 26e RI et installent leur propre garnison d’environ 500 hommes. Le 21 août 1944, ils mettent le feu à la caserne avant de quitter précipitamment Bergerac. <strong>Depuis 1952 elle accueille la 17e Compagnie républicaine de sécurité (CRS).</strong></p>
<p>C’est le bâtiment de droite (aile sud) qui nous intéresse où, semble t-il, rien n’a changé depuis la dernière guerre. C’est là que <strong>nous retrouvons les traces des précédentes occupations qui peuvent se décomposer en deux principaux ensembles: les fresques et maximes patriotiques évoquant le 108e dans une grande salle du rez-de-chaussée</strong> (côté sud) <strong>et les fresques symboliques consacrées à la période de Vichy et au cantonnement du 26e RI.</strong> Dans un précédent article, nous avons évoqué les graffiti des cellules disciplinaires datant de la période de l’Occupation allemande puis de la Libération [<a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-prisons/les-graffiti-des-cellules-de-la-caserne-chanzy-a-bergerac-10940" target="_blank">lien</a>].</p>
<h3>Les décorations du 108e RI</h3>
<p>Dans une grande salle du rez-de-chaussée de l’aile sud, occupant la largeur du bâtiment (14 x 5 mètres environ), deux panneaux de dimensions quasi identiques (1,60 x 1,60 mètres environ) sont en vis-à-vis. Éclairées par les fenêtres qui les encadrent, ces fresques sont intéressantes à la fois par le sujet traité et le style pictural, mêlant réalisme et patriotisme.</p>
<p><a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/fresque_chanzy_villersexel.jpg" alt="Fresque de la caserne Chanzy, à Bergerac : bataille de Villersexel du 108e RI." title="fresque_chanzy_villersexel" width="615" height="473" class="aligncenter size-full wp-image-11097" /></a></p>
<p>Côté cour d’honneur, la scène représente un épisode de la guerre franco-prussienne : <strong>la charge de la garde nationale mobile à Villersexel</strong> (Haute-Saône), <strong>le 9 janvier 1871.</strong> Dans un cartouche surmontant le tout et encadré de feuillages, un numéro 10 désigne l’unité engagée. L’original provient d’une aquarelle d’<strong>Alfred Paris</strong> publiée dans l’ouvrage de <strong>Charles Malo</strong>, <em>Champs de batailles de France</em> (1899). La comparaison des deux œuvres laisse perplexe tant les similitudes sont nombreuses. <strong>La fresque de Chanzy est-elle une copie habile ou un original réalisé par l’auteur qui aurait été incorporé au 108e ? </strong>Mystère !<br />
<a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/fresque-bataille-de-wattignies-caserne-chanzy1.jpg" alt="Fresque de la Caserne Chanzy. Charge à la bataille de Wattignies, octobre 1793." title="fresque-bataille-de-wattignies-caserne-chanzy" width="350" height="283" class="alignleft size-full wp-image-11101" /></a></p>
<p>Lui faisant face, côté cour extérieure, le second panneau illustre une charge d’infanterie d’époque révolutionnaire. Tourné vers ses hommes, un officier incite la troupe à l’assaut en soulevant sa coiffure panachée de tricolore. Le chiffre 108 surmontant le cadre ainsi que le détail scrupuleux des uniformes (chapeau et casques des fantassins, uniforme blanc de l’ennemi autrichien couché à terre), font penser à un combat du 108e. Cette hypothèse est confirmée par le n° 12 de la revue <em>Tradition</em> qui publie un tableau en tout point identique : <strong>il s’agit de la bataille de Wattignies</strong> (Nord), <strong>le 16 octobre 1793, où une unité, ancêtre du 108e, aurait combattu.</strong></p>
<p>Outre ces deux peintures murales, la pièce est décorée en hauteur d’une frise de feuillages. <strong>Au deux-tiers des murs, des vertus patriotiques alternent avec les noms des victoires du régiment.</strong> On trouve ainsi les quatre victoires: <strong>Hohenlinden</strong> (Bavière) le 3 décembre 1800, <strong>Austerlitz</strong> (Moravie) le 2 décembre 1805, <strong>Auerstaedt</strong> (Saxe-Anhalt) le 14 octobre 1806 et <strong>La Moskowa</strong> (Russie) le 7 septembre 1812. Elles figurent dans des cartouches de formes et de décors identiques (feuillage de deux roses). Une cinquième victoire plus sobrement encadrée (lauriers) renvoie à la part prise par le 108e au combat de <strong>Champigny</strong>, les 30 novembre et 2 décembre 1870.</p>
<p><a><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/courage-devouement-caserne-chanzy.jpg" alt="Fresque de la Caserne Chanzy à Bergerac. Vertus militaires…" title="courage-devouement-caserne-chanzy" width="615" height="245" class="aligncenter size-full wp-image-11099" /></a></p>
<p>Quand aux vertus patriotiques destinées à susciter et à entretenir l’esprit militaire, elles figurent dans des cartouches identiques aux couleurs entrelacées (lettres bleues sur fond gris) : <strong><em>« valeur, discipline, camaraderie, sacrifice, abnégation, héroïsme, courage, dévouement »</em></strong>.</p>
<p>L’état de conservation de ces fresques est relativement correct. En l’absence de date ou de signature, il est impossible d’en savoir plus sur  leur origine.</p>
<h3>Les fresques du 26e RI d&#8217;inspiration vichyste</h3>
<p>À l’autre extrêmité du bâtiment, au rez-de-chaussée, côté entrée principale de la caserne, dans une pièce mesurant 6 x 6 m, des traces de peinture ont révélé, après grattage d’un enduit, une double fresque occupant la quasi totalité de la cloison.</p>
<p><a><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/fresque_chanzy_vichy-marseillaise.jpg" alt="Fresque vichyste de la Caserne Chanzy de Bergerac. La Marseillaise de Rude." title="fresque_chanzy_vichy-marseillaise" width="450" height="613" class="alignleft size-full wp-image-11104" /></a></p>
<p>L’ensemble se présente sous la forme de deux panneaux disjointifs. Celui de gauche est une grisaille de <strong><em>La Marseillaise de Rude</em></strong> surmontant le chapeau tricolore du 26e RI. <strong>La symbolique est sans ambiguïté</strong> : il s’agit de rappeler la gloire du régiment pour en fortifier l’esprit de corps. La fresque est ainsi légendée : <strong><em>« Batailles inscrites au drapeau du 26e RI »</em></strong>. Les noms sonr répartis sur deux colonnes : à gauche, les combats « glorieux » des anciens, à droite, ceux où s’illustrèrent leurs cadets : <strong>Fleurus</strong> (Pays-Bas autrichiens) en 1794, <strong>Constantine</strong> (Algérie) en 1837, <strong>Beni Mered</strong> (Algérie) en 1842, <strong>Sébastopol</strong> (Crimée) en 1854, <strong>Lorraine</strong> en 1914, <strong>Artois</strong> en 1915, <strong>Verdun</strong> (Lorraine) en 1916 et <strong>Aisne</strong> en 1917-18.</p>
<p>Pris dans la tourmente de 1940 et ne pouvant rejoindre son dépôt en zone occupée, le 26e RI (traditionnellement stationné à Nancy) se replie à Périgueux et Bergerac. Il est intégré dans l’armée d’armistice qui fut autorisée par les Allemands jusqu’au 27 novembre 1942. Son insigne représente l’étoile de Bethléem (marque des véhicules en 14-18), le chardon, la croix de Lorraine, le nom de la ville d’origine, <strong>Nancy</strong>, et la fourragère rouge pour citations obtenues durant la Grande Guerre.</p>
<p><a><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/fresque_chanzy_vichy-chene-francisque.jpg" alt="Fresque d&#039;inspiration vichyste à la Caserne Chanzy de Bergerac. Photo Jacky Tronel" title="fresque_chanzy_vichy-chene-francisque" width="450" height="631" class="alignleft size-full wp-image-11103" /></a><strong>Le second panneau est plus original par sa symbolique qui regroupe les thèmes classiques véhiculés par la propagande de Vichy.</strong> L’élément central de la composition est un chêne puissant, au tronc épais, autour duquel s’articulent différents symboles : dans la ramure, à gauche, <strong>l’écu à la francisque entouré de lauriers</strong> ; à droite, <strong>la France industrielle</strong> évoquée par des usines dont les cheminées fument. À gauche, un paysan laboure, préparant la récolte future tandis que la précédente est évoquée par d’énormes meules – <strong>une imagerie symbolique de la France rurale de Vichy qui prône les vertus de la terre</strong>. Enfin à la base, une colonne de soldats est en marche <strong>illustrant la renaissance de l’armée nouvelle</strong>. Suivant une didactique simple, <strong>le renouveau du pays est assuré par le respect des valeurs du travail et de la patrie</strong>.</p>
<p>Aux étages, les anciennes chambrées conservent des traces des maximes à demi-effacées, des blasons de provinces, des insignes régimentaires ainsi que l’écu à la francisque.</p>
<p><a><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/caserne-chanzy-bergerac-vichy.jpg" alt="Caserne Chanzy de Bergerac. Couloir en enfilade desservant les chambrées. Fresques." title="caserne-chanzy-bergerac-vichy" width="400" height="533" class="alignright size-full wp-image-11105" /></a></p>
<p>Enfin un nom et une date : <strong><em>« R. Schotte – 42 »</em></strong> peut-être la marque du décorateur. Le <strong>colonel Maurice Auduy</strong>, ancien du 26e, affirme qu’il s’agissait d’un soldat alsacien ou lorrain du 3e bataillon.</p>
<p>Le fait que ces fresques d’inspiration vichyste n’aient pas été effacées à la Libération, mais simplement recouvertes d’un enduit, les a remarquablement protégées des outrages du temps. Pour combien de temps encore ?</p>
<p><strong>Le Conseil régional, le conseiller général Emmanuel Español et le maire de Bergerac, Dominique Rousseau, tiendront-t-ils la promesse qu&#8217;ils ont faite dans la presse de les préserver ? L&#8217;avenir le dira…</strong></p>
<p>Ce texte doit beaucoup au travail effectué sur ces fresques par <strong>Jean-Louis Audebert</strong>, professeur d&#8217;histoire, recherche publiée dans la revue <strong><em><a href="http://www.arkheia-revue.org/Les-fresques-et-graffiti-de-la.html" target="_blank">Arkheia</a></em></strong> n° 17-18, en 2006. Photos <strong>Hervé Couton</strong> et <strong>Jacky Tronel</strong>.</p>
<p>À lire sur ce blog :<br />
<strong><em><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-prisons/les-graffiti-des-cellules-de-la-caserne-chanzy-a-bergerac-10940" target="_blank">Les graffiti des cellules disciplinaires de la caserne Chanzy à Bergerac</a></em></strong><br />
<strong><em><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/actualites/les-fresques-historiques-de-chanzy-menacees-patrimoine-a-sauver-11045" target="_blank">« Les fresques historiques de Chanzy menacées : patrimoine à sauver »</a></em></strong></p>
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		<title>&#171;&#160;Les fresques historiques de Chanzy menacées : patrimoine à sauver&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Feb 2012 18:09:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
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		<category><![CDATA[édition du jeudi 16 février 2012]]></category>
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		<category><![CDATA[Le Démocrate indépendant de Bergerac]]></category>
		<category><![CDATA[nouveau lycée des métiers à Bergerac]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans son édition du jeudi 12 février 2012, « Le démocrate indépendant – Le journal de Bergerac » fait sa &#171;&#160;une&#160;&#187; sur la sauvegarde des fresques historiques de la caserne du boulevard Chanzy qui héberge actuellement la CRS 17. L&#8217;annonce de la démolition prochaine du bâtiment sur les murs duquel figurent les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/couverture-le-democrate-16-02-2012.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img class="alignright size-full wp-image-11046" title="patrimoine-a-sauver-caserne-chanzy" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/patrimoine-a-sauver-caserne-chanzy.jpg" alt="Première de couverture du journal de Bergerac &quot;Le démocrate indépendant&quot; du jeudi 16 février 2012 consacrée aux fresques historiques de la caserne Chanzy." width="350" height="350" /></a></p>
<blockquote><p>Dans son édition du jeudi 12 février 2012, <em><strong>« Le démocrate indépendant – Le journal de Bergerac »</strong></em> fait sa &laquo;&nbsp;une&nbsp;&raquo; sur <strong>la sauvegarde des fresques historiques de la caserne du boulevard Chanzy</strong> qui héberge actuellement la CRS 17. L&#8217;annonce de la démolition prochaine du bâtiment sur les murs duquel figurent les fresques du 108e RI, puis celles de la période de Vichy ainsi que les graffiti des cellules disciplinaires, a provoqué un certain émoi chez tous ceux qui sont attachés à la préservation des traces mémorielles de notre patrimoine militaire et pénitentiaire. <strong>Interview réalisée par Valérie Hubert-Cassant, journaliste au <em>Démocrate</em>&#8230;</strong></p>
</blockquote>
<p><a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/chapeau-le-democrate-16-02-2012-1.jpg" alt="Chapeau du journal &quot;Le démocrate indépendant – Le journal de Bergerac&quot;, édition du jeudi 16 février 2012." title="chapeau-le-democrate-16-02-2012-1" width="615" height="143" class="aligncenter size-full wp-image-11082" /></a></p>
<h3>&laquo;&nbsp;Patrimoine en danger&nbsp;&raquo; (page 2 du journal « Le Démocrate »)</h3>
<p><strong><em>Le Démocrate </em></strong>: « Les fresques de la caserne Chanzy risquent d&#8217;être détruites avec l&#8217;arrivée du nouveau lycée des métiers. Quelles sont vos recommandations ? »</p>
<p><strong>Jacky Tronel</strong> : <em>« Il me semble important et absolument nécessaire de procéder avant tout à <strong>un inventaire photographique de chacune de ces traces mémorielles</strong> (fresques des régiments d&#8217;infanterie, fresques de la période de Vichy et graffiti des cellules disciplinaires). Je verrai bien également <strong>un reportage vidéo réalisé par un documentariste</strong>… Puis les fichiers numériques très haute définition obtenus devraient être identifiés et conservés. Je propose qu&#8217;une copie en soit déposée <strong>aux archives municipales</strong>, à Bergerac, une autre <strong>aux archives départementales</strong> et une troisième <strong>au Musée militaire</strong>, à Périgueux. Les plus belles fresques pourraient ensuite faire l&#8217;objet de tirages numériques (qualité photo), en taille réelle, et être exposées dans l&#8217;une des salles du futur <strong>Musée de la Résistance, à Bergerac</strong>.</em></p>
<p><strong>Laisser disparaître ces fresques, témoignage de notre passé, serait &#8216;criminel&#8217;. Il s&#8217;agit de notre patrimoine. Nous devons tout faire pour le protéger, le sauvegarder et, au pire, en garder la trace la plus fidèle possible. »</strong></p>
<p><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/le-democrate-16-02-2012-page-2.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img class="aligncenter size-full wp-image-11051" title="le-democrate-16-02-2012-p-2" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/le-democrate-16-02-2012-p-2.jpg" alt="Le Démocrate de Bergerac enquête sur le sauvetage des fresques historiques de la Caserne Chanzy. Interview d'Emmanuel Español, Dominique Rousseau et Jacky Tronel. Édition du jeudi 16 février 2012." width="615" height="925" /></a></p>
<h3>&laquo;&nbsp;Peintures et graffitis historiques&nbsp;&raquo; (page 3 du « Démocrate »)</h3>
<p>Cette page, composée essentiellement de photos, témoigne de la richesse des fresques et des graffiti de la Caserne Chanzy…</p>
<p><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/le-democrate-16-02-2012-page-3.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img class="aligncenter size-full wp-image-11066" title="le-democrate-16-02-2012-p-3" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/le-democrate-16-02-2012-p-3.jpg" alt="La caserne Chanzy de Bergerac, qui héberge actuellement la CRS 17, renferme un trésor exceptionnel : des fresques et des graffitis dessinés, entre 1870 et 1944, par des militaires et des résistants bergeracois…" width="615" height="934" /></a></p>
<p>À lire sur ce blog :<br />
<strong><em><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-prisons/les-graffiti-des-cellules-de-la-caserne-chanzy-a-bergerac-10940" target="_blank">Les graffiti des cellules disciplinaires de la caserne Chanzy à Bergerac</a></em></strong><br />
<strong><em><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/varia/les-peintures-allegoriques-et-vichystes-de-la-caserne-chanzy-11091" target="_blank">Les peintures allégoriques et vichystes de la caserne Chanzy</a></em></strong></p>
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		<title>Les graffiti des cellules disciplinaires de la caserne Chanzy à Bergerac</title>
		<link>http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-prisons/les-graffiti-des-cellules-de-la-caserne-chanzy-a-bergerac-10940</link>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 12:46:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
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		<category><![CDATA[DES PRISONS…]]></category>
		<category><![CDATA[Bergerac]]></category>
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		<category><![CDATA[Hervé Couton]]></category>
		<category><![CDATA[Hervé Dupuy]]></category>
		<category><![CDATA[Jacky Tronel]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Louis Audebert]]></category>
		<category><![CDATA[Lucien Marcou]]></category>
		<category><![CDATA[Yves Fressignac]]></category>

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		<description><![CDATA[Derrière les hauts murs de la caserne du boulevard Chanzy, à Bergerac, les cellules disciplinaires conservent sur leur enduit de plâtre les graffiti de ceux qui les ont occupées, à différentes périodes. À l&#8217;époque où stationnaient le 108e puis le 26e régiment d&#8217;infanterie, il s&#8217;agissait de simples mitards ou cellules [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/batiment-caserne-chanzy-bergerac.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img class="alignright size-full wp-image-10942" title="caserne-chanzy-bergerac-blog-tronel" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/caserne-chanzy-bergerac-blog-tronel.jpg" alt="Arrières de l'un des bâtiments de la Caserne Chanzy, à Bergerac. Au fond à gauche, la prison. Photo Jacky Tronel. 30 décembre 2004." width="350" height="350" /></a></p>
<blockquote><p>Derrière les hauts murs de la caserne du boulevard Chanzy, à Bergerac, <strong>les cellules disciplinaires conservent sur leur enduit de plâtre les graffiti de ceux qui les ont occupées</strong>, à différentes périodes. À l&#8217;époque où stationnaient le 108e puis le 26e régiment d&#8217;infanterie, <strong>il s&#8217;agissait de simples <em>mitards</em> ou <em>cellules d&#8217;arrêt de rigueur</em></strong>. Sous l&#8217;Occupation, des résistants ont été emprisonnés dans ces cachots humides ainsi que des soldats allemands et cosaques puis, à la Libération, des collaborateurs… En dessinant sur les murs, certains d&#8217;entre eux ont voulu témoigner de leur captivité, laisser une trace, ou tout simplement tuer le temps. <strong>Les graffiti expriment aussi bien leurs espoirs que leurs souffrances et, d&#8217;une façon générale, ils sont le reflet de la solitude commune à tous les prisonniers.</strong></p>
</blockquote>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-10970" title="cellules-chanzy-exterieur-2004" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/cellules-chanzy-exterieur-2004.jpg" alt="Cellules disciplinaires de la Caserne Chanzy à Bergerac, photo Jacky Tronel, 2004." width="300" height="199" /></p>
<p><strong>La caserne Chanzy est occupée par les Allemands de fin novembre 1942 jusqu&#8217;au 20 août 1944</strong>. Place de garnison, elle sert également de lieu d&#8217;interrogatoires et de détention des résistants de la région. Dans leurs <strong><em>Messages personnels</em></strong>, Maurice Loupias (<em>alias</em> Bergeret) et Herman Grégoire estiment l&#8217;effectif des <strong>Allemands présents à la Caserne Chanzy, à la date du 16 juillet 1943,</strong> de « <strong>50 à 60 hommes</strong> (officiers et soldats). » Ils seront beaucoup plus nombreux à y établir leurs quartiers à partir du printemps 1944, lorsque la répression allemande se fera plus terrible.</p>
<p><strong>Les cellules sont étroites et peu profondes : 1,20 m de large sur 3 m de long et 3 m de haut environ. </strong>En façade, au-dessus de la porte d&#8217;entrée, une ouverture sans aucun vitrage, fermée par des barreaux de prison, laisse passer la lumière. Le plafond voûté et les murs, façon casemate, sont revêtus de plâtre et ont été blanchis à la chaux.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-10947" title="interieur-cellule-chanzy-bergerac" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/interieur-cellule-chanzy-bergerac.jpg" alt="Intérieur de l'une des cellulaires disciplinaires de la Caserne Chanzy à Bergerac." width="250" height="365" /></p>
<h3>Le témoignage d&#8217;Yves Fressignac</h3>
<p><strong>Yves Fressignac</strong>, habitait au nord du village martyr de Mouleydier, incendié par les Allemands <strong>le 21 juin 1944. Il est arrêté et conduit à la caserne Chanzy</strong>. Voici son témoignage : <em>« Jeune, encore fragile, car la vie ne m&#8217;avait pas encore marqué, j&#8217;ai eu la chance d&#8217;être affecté avec Gérard Meynadier, dans un étroit local équipé seulement de deux bas-flanc. Je retrouvais un peu de sérénité, apportée par mon ami à la personnalité affirmée, qui avait fait carrière dans la marine comme sous-marinier !… <strong>Les journées étaient très longues, rythmées par quelques rares apparitions de la Croix Rouge Bergeracoise, qui nous apportait de quoi subsister…</strong> avec de brèves sorties aux toilettes, situées à l&#8217;extérieur de notre cour, dans l&#8217;enceinte de la caserne. Accompagnés par une sentinelle, nous allions deux par deux, satisfaire nos besoins naturels. »</em></p>
<h3>L&#8217;évasion réussie de Lucien Marcou…</h3>
<p><strong>Lucien MARCOU</strong>, alias <em><strong>Regain</strong></em>, membre de l&#8217;AS (Armée Secrète), instituteur sous le Front Populaire, est en poste à Lamonzie-Montastruc (Dordogne). <strong>Le 18 décembre 1943, il est arrêté dans sa classe par la Gestapo.</strong> Voici le récit de son arrestation tel qu&#8217;il est rapporté par l&#8217;historien Sylvain Le Bail : <em>« C&#8217;est l&#8217;heure de la récréation. Je suis dans la cour et je vois arriver la traction noire des agents de la Gestapo. Deux individus vêtus d&#8217;imperméables et chapeaux sur la tête descendent du véhicule tandis qu&#8217;un troisième reste au volant. J&#8217;étais à l&#8217;angle du mur de l&#8217;école. Il m&#8217;aurait suffit de faire un pas en arrière pour leur échapper et partir dans la nature. Mais ils auraient arrêté Jeanne, mon épouse, institutrice de la classe des petits. Les deux agents, dont Joseph Meyer et un autre Français m&#8217;ont poussé dans la classe. J&#8217;étais très inquiet car j&#8217;avais dans la poche de ma chemise la liste écrite au crayon de l&#8217;équipe de parachutages dont je devais fournir les noms à Lavandier, en prévision de mon éventuelle arrestation. Ils m&#8217;ont collé au mur et ont fouillé la classe. J&#8217;en ai profité pour attraper le papier et le réduire en miettes. Un des hommes m&#8217;a vu. Il m&#8217;a apostrophé : &#8216;Ouvre ta main !&#8217; J&#8217;ai acquiescé. Il m&#8217;a donné un violent coup sur les doigts et les morceaux de papier se sont éparpillés sur le sol. Il ne s&#8217;est pas baisser pour les ramasser »</em>.</p>
<p><strong>Lucien Marcou est emmené en bus jusqu&#8217;à la caserne Chanzy, à Bergerac, avec d&#8217;autres enseignants arrêtés comme lui : Désiré Guillemot, instituteur à Vicq, Louis Bonnafi, instituteur à Saint-Marcel du Périgord, Pierre Biratelle, directeur de l&#8217;école de Sainte-Alvère, ainsi que Renaud Cruveiller, vétérinaire au Bugue.</strong></p>
<p>Le 21 décembre 1943, vers 20 h., les résistants arrêtés sont extraient de leurs cellules. Trois bus les attendent dans la cour de la caserne, alignés, face à la sortie. Sylvain Le Bail poursuit : <em>« La zone des bus est éclairée. Le reste de la cour est plongée dans l&#8217;obscurité. Les prisonniers sont emmenés par des militaires allemands vers les bus, qu&#8217;ils doivent contourner par l&#8217;arrière pour monter à bord. Lucien Marcou qui, depuis le premier jour de son arrestation ne pense qu&#8217;à tenter de s&#8217;évader, saisit l&#8217;opportunité. Au lieu de suivre ses compagnons il part vers le milieu de la cour, au pas. Il s&#8217;attend à une réaction, mais aucun Allemand ne réagit. Le plus simplement du monde, il échappe aux griffes des Nazis. »</em> <strong>Les Allemands ne se seraient aperçus de l&#8217;absence de Marcou qu&#8217;une fois arrivés à Limoges ! Cette « évasion » laisse dubitatif, d&#8217;autant plus qu&#8217;il existe une autre variante du même récit&#8230;</strong></p>
<p>Dans leur dictionnaire des <strong><em>Résistants du Périgord</em></strong>, Jean-Jacques Gillot et Michel Maureau proposent cet autre récit : <em>« Enfermé à la caserne Chanzy, à Bergerac, il </em>[Lucien Marcou] <em>subit de rudes interrogatoires et devait être dirigé sur Limoges puis sur Compiègne avant d&#8217;être déporté. Alors que le groupe parcourt les couloirs pour être embarqué dans les véhicules, Marcou racontait avoir profité de l&#8217;obscurité pour se glisser dans les toilettes en bordure du mur d&#8217;enceinte. Une évasion réussie après avoir descellé des briques pour se libérer un passage vers l&#8217;extérieur. »</em> <strong>La version « passe-muraille » est tout aussi surprenante&#8230;</strong></p>
<h3>Quelques exemples des graffiti de la Caserne Chanzy :</h3>
<p>Cliquez sur les photos pour les agrandir&#8230;</p>
<p><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/auger-claude-graffiti-caserne-chanzy.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img class="size-full wp-image-10985 alignleft" title="auger-claude-graffiti-caserne-chanzy-1944" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/auger-claude-graffiti-caserne-chanzy-1944.jpg" alt="Graffiti sur les murs d'une des cellules disciplinaires de la Caserne Chanzy à Bergerac. Claude Auger 1944." width="285" height="285" /></a><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/profil-officier-russe-graffiti-caserne-chanzy.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img class="size-full wp-image-10989 alignright" title="profil-officier-russe-graffiti-caserne-chanzy-1944" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/profil-officier-russe-graffiti-caserne-chanzy-1944.jpg" alt="Profil d'un officier cosaque, l'un des supplétifs de l'armée allemande. Graffiti d'une des cellule disciplinaire de la Caserne Chanzy à Bergerac." width="285" height="285" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Sur la photo de gauche, on peut lire ceci : <em>« Auger Claude a été fermé dans cette cellule innocemment, oui !!! »</em><br />
sur celle de droite a été dessiné le profil d&#8217;un officier cosaque…</p>
<p><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/graffiti-caserne-chanzy-alsace.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/graffiti-caserne-chanzy-alsace-1944.jpg" alt="Graffiti sur les murs d&#039;une des cellules disciplinaires de la caserne Chanzy de Bergerac. Scène de ferme en Alsace, 1944. Photo Hervé Couton." title="graffiti-caserne-chanzy-alsace-1944" width="285" height="285" class="alignleft size-full wp-image-11003" /></a><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/caserne-chanzy-monbazillac.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/caserne-chanzy-monbazillac-1944.jpg" alt="Graffiti sur le mur de la prison de la caserne Chanzy à Bergerac, Verres et bouteille de Monbazillac. Photo Jacky tronel, décembre 2004." title="caserne-chanzy-monbazillac-1944" width="285" height="285" class="alignright size-full wp-image-11005" /></a></p>
<p style="text-align: center;">À gauche, une scène de ferme en Alsace (on peut apercevoir une cigogne sur un toit), dessinée par un prisonnier chez lequel on devine une certaine nostalgie pour sa province natale. À droite, des verres et une bouteille de Monbazillac, cru 1929, en souvenir des jours heureux… ou bien en l&#8217;honneur d&#8217;une prochaine libération.</p>
<p><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/graffiti-cellule-chanzy-bataille-navale.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/graffiti-cellule-chanzy-bataille-navale-1944.jpg" alt="Graffiti sur le mur de l&#039;une des cellules de la caserne Chanzy à Bergerac. Bataille navale. Photo Hervé Couton, 2004." title="graffiti-cellule-chanzy-bataille-navale-1944" width="285" height="285" class="alignleft size-full wp-image-11009" /></a><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/caserne-chanzy-graffiti-en-cyrillique.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/caserne-chanzy-graffiti-en-cyrillique-1944.jpg" alt="Graffiti sur les murs d&#039;une cellule de la caserne Chanzy. Caractères cyrilliques. Photo Hervé Couton, 2004." title="caserne-chanzy-graffiti-en-cyrillique-1944" width="285" height="285" class="alignright size-full wp-image-11011" /></a></p>
<p style="text-align: center;">À gauche, la grille d&#8217;un jeu de bataille navale. Les journées sont longues… Il faut bien tuer le temps !</p>
<p><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/graffiti-chanzy-bergerac-21-jours.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/graffiti-chanzy-bergerac-21-jours-1944.jpg" alt="Graffiti de la Caserne Chanzy de Bergerac. &quot;Je suis prisonnier depuis 21 jours…&quot; 1944" title="graffiti-chanzy-bergerac-21-jours-1944" width="285" height="285" class="alignleft size-full wp-image-11015" /></a><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/graffiti-caserne-chanzy-char-allemand.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/graffiti-caserne-chanzy-char-allemand-1944.jpg" alt="Graffiti sur le mur d&#039;une cellule de la caserne Chanzy. Dessin d&#039;un tank allemand. Photo Hervé Couton, 2004." title="graffiti-caserne-chanzy-char-allemand-1944" width="285" height="285" class="alignright size-full wp-image-11017" /></a></p>
<p style="text-align: center;">À gauche : <em>« Mardi 31 juillet. Je suis prisonnier depuis 21 jours et </em>[…] <em>aujourd&#8217;hui que je vais sortir »</em>. <br />
À droite, dessin d&#8217;un tank allemand (?) ou, plus vraisemblablement, d&#8217;un char français B1 bis …</p>
<h3>La Caserne Chanzy à la libération de Bergerac</h3>
<p>La fin de l&#8217;occupation allemande et la libération de Bergerac sont ainsi décrites par l&#8217;historien périgordin <strong>Guy Penaud</strong> : <em>« L&#8217;évacuation de Bergerac se fait, en définitive, le 20 août à partir de 16 heures. Vers cette heure-là, une colonne d&#8217;une douzaine de véhicules, puissamment armés, entrent à Bergerac, poussent vers Roumanières et ramassent la garnison avant de revenir sur Bergerac. Peu après, <strong>le feu ayant été mis à l&#8217;un des bâtiments de la caserne Chanzy, deux colonnes sortent de la ville</strong> ; l&#8217;une bien armée prend la direction de Mussidan, l&#8217;autre plus faiblement pourvue, mais plus nombreuse, gagne Le Fleix. Les F.F.I. ont un accrochage, au sud de Bergerac, vers 18 heures (à hauteur de Monbazillac et Saint-Naixent). Dans la nuit, les Allemands se sont définitivement retirés, les résistants peuvent enfin faire leur entrée dans la ville. »</em></p>
<p>La Caserne Chanzy reçoit, à la fin de l&#8217;été 1944, les prisonniers allemands arrêtés par les FFI. <strong>C&#8217;est vraisemblablement de cette caserne que sont extraits les Allemands qui ont été fusillés le 10 septembre 1944, par vengeance, à Saint-Julien de Crempse</strong> (Dordogne).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-10977" title="groupe -gardiens-caserne-chanzy-bergerac-1944" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/groupe-gardiens-caserne-chanzy-bergerac-1944.jpg" alt="Groupe de gardiens des prisonniers internés à la caserne Chanzy, août 1944, photo Bondier-Lecat Bergerac." width="615" height="466" /><span style="font-size: x-small;"> Issu des maquis, groupe de gardiens des prisonniers internés à la caserne Chanzy, août 1944. © Photo <a href="http://bondier-lecat.fr/" target="_blank">Bondier-Lecat</a>, Bergerac.</span></p>
<p><strong>Jacques Lagrange</strong> précise, dans son <strong><em>1944 en Dordogne</em></strong> : <em>« En fin de journée, <strong>les occupants incendient la caserne Chanzy pour détruire le dépôt de munitions et les archives de la Luftwaffe</strong> ; les réserves d&#8217;alcool de la Poudrerie brûlent également. À 16 heures, leurs véhicules empruntent la route de Bordeaux ; les résistants entrent sans combattre dans la ville. »</em></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-10962" title="dupuy-tronel-audebert-caserne-chanzy-2004" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/dupuy-tronel-audebert-caserne-chanzy-2004.jpg" alt="Hervé Dupuy, Jacky Tronel et Jean-Louis Audebert, devant les cellules de la caserne Chanzy à Bergerac, le 30 décembre 2004, photo Hervé Couton." width="400" height="296" /></p>
<p>Pour des raisons de sécurité compréhensibles, aujourd&#8217;hui les lieux ne sont plus accessibles au public… En décembre 2004, nous avions obtenu une autorisation de visite. <strong>Jean-Louis Audebert, Hervé Dupuy, Hervé Couton et moi-même avions réalisé un reportage photographique</strong> de la partie pénitentiaire de la caserne, mais aussi de l&#8217;aile droite qui renferme des fresques des batailles livrées par les régiments qui ont stationné là ainsi que d&#8217;autres fresques symboliques de la période de Vichy. Elles feront l&#8217;objet d&#8217;un prochain article&#8230;</p>
<p><span style="font-size: x-small;">À gauche <strong>Hervé Dupuy</strong> (historien, il prépare actuellement un ouvrage sur la présence des Soviétiques dans le Limousin en 1943-1945), au centre <strong>Jacky Tronel</strong> (administrateur de ce blog), à droite <strong>Jean-Louis Audebert</strong> (professeur d&#8217;histoire et auteur de « La mémoire oubliée des casernes Chanzy » <em>in Bergerac et le Pays Bergeracois</em>, Pilote 24 Éditions, Périgueux, 2000). Photo <strong>Hervé Couton</strong>, membre du comité de rédaction de la revue d&#8217;Histoire <em>Arkheia</em>.</span></p>
<h3>Sources :</h3>
<p><strong><em>Mouleydier 1944, de la Résistance à l&#8217;an 2000</em></strong>, Yves Fressignac, Éditions La Lauze, Périgueux, 2004, p. 110.<br />
<strong><em>Histoire de la Résistance en Périgord</em></strong>, Guy Penaud, Éditions Pierre Fanlac, 1991, p. 442.<br />
<strong><em>Le champ des martyrs – Saint-Julien de Crempse – 9 août 1944</em></strong>, Sylvain Le Bail, Éditions Le Chêne Vert, Villamblard, 2004, p. 30, 31.<br />
<strong><em>Résistants du Périgord</em></strong>, Jean-Jacques Gillot et Michel Maureau, Éditions Sud-Ouest, 2011, p. 396.<br />
<strong><em>1944 en Dordogne</em></strong>, Jacques Lagrange, Éditions Pilote 24, Périgueux, 1994, p. 444.</p>
<p>Je remercie très sincèrement <strong>Michel Lecat</strong> pour l&#8217;autorisation de reproduction de la photo du groupe de gardiens des prisonniers de la caserne Chanzy et recommande la visite de son site <em><strong>« Photos de la vie Bergeracoise de 1930 à nos jours »</strong></em> : <a href="http://www.bondier-lecat.fr/" target="_blank">suivre ce lien</a>.<br />
<em>Les Bergeracois qui identifieraient un ou plusieurs des membres du groupe de gardiens sont invités à m&#8217;en faire part…</em></p>
<p>À lire sur ce blog :<br />
<strong><em><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/actualites/les-fresques-historiques-de-chanzy-menacees-patrimoine-a-sauver-11045" target="_blank">« Les fresques historiques de Chanzy menacées : patrimoine à sauver »</a></a></em></strong><br />
<strong><em><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/varia/les-peintures-allegoriques-et-vichystes-de-la-caserne-chanzy-11091" target="_blank">Les peintures allégoriques et vichystes de la caserne Chanzy</a></em></strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>1940-1945, l’Aquitaine au microscope, comme jamais !</title>
		<link>http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/actualites/1940-1945-l%e2%80%99aquitaine-au-microscope-comme-jamais-10912</link>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 22:05:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉS]]></category>
		<category><![CDATA[Dernières parutions]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Peschanski]]></category>
		<category><![CDATA[Jacky Tronel]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Puyaubert]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Pierre Koscielniak]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Souleau]]></category>
		<category><![CDATA[Séverine Pacteau de Luze]]></category>
		<category><![CDATA[société d'Histoire "Les Amis de Sainte-Foy et sa région"]]></category>
		<category><![CDATA[Vichy en Aquitaine]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour la première fois à l’échelle d’une région, 30 chercheurs entreprennent d&#8217;expliquer comment fut perçu et vécu le régime de Vichy, en focalisant leurs regards et leurs analyses sur l’Aquitaine. Au terme d’une étude minutieuse au plus près des réalités locales, ils révèlent comment en Dordogne, en Gironde, dans les Landes, en Lot-et-Garonne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-full wp-image-10913" title="tronel-koscielnoak-souleau-ste-foy-la-gde-blog" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/tronel-koscielnoak-souleau-ste-foy-la-gde-blog.jpg" alt="Présentation de l'ouvrage &quot;Vichy en Aquitaine&quot;, le 21 janvier 2012, à Sainte-Foy la Grande. Jacky Tronel, Jean-Pierre Koscielniak et Philippe Souleau" width="350" height="350" /></p>
<blockquote><p><strong>Pour la première fois à l’échelle d’une région, 30 chercheurs entreprennent d&#8217;expliquer comment fut perçu et vécu le régime de Vichy, en focalisant leurs regards et leurs analyses sur l’Aquitaine.</strong> Au terme d’une étude minutieuse au plus près des réalités locales, ils révèlent comment en Dordogne, en Gironde, dans les Landes, en Lot-et-Garonne et dans les Pyrénées-Atlantiques, le pouvoir vichyste a cherché à s’organiser, à s’implanter et à réprimer. <strong>De ce tableau exceptionnellement détaillé émerge une Aquitaine où sévit une minorité collaboratrice et collaborationniste, mais aussi une population qui, pour partie, s’accommode de Vichy pendant qu’une autre, sans résister explicitement, refuse au quotidien un régime qu’elle désapprouve.</strong></p>
<p><strong><em>« Vichy en Aquitaine »</em></strong> est un ouvrage collectif co-dirigé par les historiens Jean-Pierre Koscielniak et Philippe Souleau, récemment publié aux <em>Éditions de l’Atelier</em>. Trois auteurs périgordins y ont contribué : <strong>Jacques Puyaubert</strong> (<em>« Un républicain aquitain sous Vichy : Georges Bonnet »</em>), <strong>Bernard Reviriégo</strong> (<em>« Les GTE en Dordogne : des camps de travail forcé au service de Vichy »</em>) et <strong>Jacky Tronel</strong> (<em>« Du Cherche-Midi à Mauzac : origines et fonctions de la prison militaire de Paris repliée en Aquitaine »</em>).</p>
</blockquote>
<h3>Une approche micro-historique</h3>
<p>Réduire l’échelle pour approfondir et élargir les connaissances, telle était l’intention des auteurs. <strong>En décortiquant l’Aquitaine comme territoire représentatif au plan géographique, sociologique, économique et politique, la trentaine de chercheurs engagée dans cette aventure scientifique apporte une contribution historique inédite</strong> livrant des réponses qui bousculent le communément admis.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-10914" title="vichy-en-aquitaine-ste-foy-la-gde-blog" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/vichy-en-aquitaine-ste-foy-la-gde-blog.jpg" alt="Cinq des auteurs de « Vichy en Aquitaine », paru aux Éditions de l'Atelier étaient à la salle Paul-Broca samedi 21 janvier, à l'invitation des Amis de Sainte-Foy et sa région." width="615" height="323" /> <span style="font-size: x-small;">De gauche à droite : Jacky Tronel, Jean-Pierre Koscielniak, Philippe Souleau, Séverine Pacteau de Luze et Jacques Puyaubert.<br />
Photo Jean-Claude Faure, journal <em>Sud-Ouest</em></p>
<p>Dans sa préface, l’historien <strong>Denis Peschanski</strong> qualifie la démarche micro-historique des auteurs qui consiste à aller vers le plus petit, comme « seule échelle à laquelle les mécanismes complexes peuvent être évalués ». Dans sa conclusion, <strong>Jean-Marie Guillon</strong> souligne que « cette approche remet en question bien des idées simples ». <strong>Dix ans de recherche auront été nécessaires aux trente chercheurs pour faire aboutir ce travail qui s’inscrit « dans un vaste effort de compréhension d’un phénomène complexe ».</strong></p>
<h3>L’Aquitaine comme un laboratoire</h3>
<p><strong>Trois convictions de terrain ont présidé à la construction de l’ouvrage :</strong></p>
<p>1. – Les situations locales offrent l’occasion de passer au crible les différents niveaux de fonctionnement administratifs permettant de mieux appréhender l’impact du régime sur la société, sur les sociétés, devrait-on dire ;<br />
2. – L’Aquitaine, mosaïque de pays marqués par des identités fortes et une tradition rurale dominante, est un extraordinaire territoire d’expérimentation du « retour à la terre » prôné par la Révolution nationale de Vichy ;<br />
3. – La situation stratégique de l’Aquitaine la place au cœur des événements. Son ouverture sur l’Atlantique, la proximité des Pyrénées comme zone frontalière et la ligne de démarcation qui traverse la région lui octroient un rôle et une position essentiels (une zone permanente de guerre, une forte pression de l’occupant).</p>
<h3>Encadrer, Enraciner, Réprimer</h3>
<p><strong>Structuré en trois parties, l’ouvrage scrute les spécificités des cinq départements aquitains dans ce qu’elles ont de notoire pour la recherche sur la Seconde Guerre mondiale.</strong></p>
<p><strong>1. Encadrer</strong> – Le système vichyste repose sur un encadrement décentralisé « centralisé ». Pour nous permettre de le comprendre, <strong>Philippe Souleau</strong> analyse tous les rouages de l’appareil administratif. Il détaille le rôle et les pouvoirs réaffirmés des préfets départementaux, véritables proconsuls dès 1940 et observe la mission des préfets régionaux, nouvellement créés. Ces acteurs de l’administration territoriale sont les relais du régime auprès de la population ; ils jouent un rôle prééminent dans la rupture avec le modèle républicain au profit d’un modèle autoritaire. Leurs prérogatives en matière économiques et sociales sont immenses. Ils assurent aussi une mission de contrôle de l’ordre et de la sécurité.</p>
<p><a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/tronel-koscielniak-souleau-pacteau-de-luze-blog.jpg" alt="Jacky Tronel, Jean-Pierre Koscielniak et Philippe Souleau (Photo Jean-Claude Faure, journal Sud-Ouest) " title="tronel-koscielniak-souleau-pacteau-de-luze-blog" width="400" height="260" class="alignleft size-full wp-image-10919" /></a></p>
<p>La première partie du livre observe également le comportement des élites, niveau essentiel de l’organisation politique et sociale de la France des années 1940. La région Aquitaine cumule les contraires et les contradictions : à la culture radicale animée par un idéal républicain bien ancré, s’opposent les courants communistes et néo-socialistes et celui, puissant, de la droite catholique, nationaliste et réactionnaire. Qu’ils soient hommes politiques, hauts fonctionnaires ou membres éminents du clergé, le rôle des notables a été fondamental pour relayer, faciliter, ralentir ou contrer les desseins du régime. <strong>Jacques Puyaubert</strong> évoque le cas du périgordin Georges Bonnet – ancien ministre des Affaires étrangères puis de la Justice – et approfondit les raisons qui l’ont amené a joué, jusqu’en 1943, « la partition du maréchalisme ».</p>
<p><strong>2. Enraciner</strong> – L’État se pose en pédagogue exclusif. La propagande est un outil prépondérant pour instruire et rallier l’opinion à l’« union de la Nation », pour « l’adhésion à l’œuvre du Maréchal ». La presse, sous contrôle, est incontournable pour véhiculer les messages du Gouvernement. Autre pilier du pouvoir vichyste, la censure. Manipulation, orientation, désinformation, quel fut l’impact réel du système d’information propagandiste sur la population ? L’analyse des comportements, à l’échelle territoriale ou dans le cadre de groupes sociaux (syndicats, folkloristes, hiérarchie catholique, protestants), dévoile au lecteur ces arcanes comme dans un roman passionnant.</p>
<p><a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/presentation-vichy-en-aquitaine-ste-foy-blog.jpg" alt="Public attentif à la présentation du livre collectif &quot;Vichy en Aquitaine&quot;, le 21 janvier 2011, à la salle Paul-Broca, à Ste-Foy-la-Grande" title="presentation-vichy-en-aquitaine-ste-foy-blog" width="400" height="266" class="alignright size-full wp-image-10920" /></a></p>
<p><strong>3. Réprimer</strong> – Les politiques répressives sont au cœur de l’histoire de Vichy. Chaque département en a subi les violences. De l’exclusion à la déportation, la répression et la persécution ont pris une ampleur considérable et un caractère protéiforme qui font de l’Aquitaine un territoire spécifique. Police, gendarmerie et milice, inféodées au pouvoir, ont mis en œuvre ces politiques de répression et d’exclusion avec une violence légitimée.</p>
<p>Par ailleurs, comme en témoignent les Groupements de travailleurs étrangers (pas moins de huit en Dordogne) étudiés par <strong>Bernard Reviriego</strong>, les camps de Gurs, de Mérignac et de Casseneuil, la centrale d’Eysses, ou encore « la prison militaire de Paris repliée à Mauzac » dont <strong>Jacky Tronel</strong> retrace l’exode jusqu’à Gurs puis le repli à Mauzac en Dordogne, les lieux d’enfermement sont nombreux dans le Sud-Ouest. Ici plus qu’ailleurs, ces espaces incarnent les politiques ostracisantes et répressives de Vichy qui traquent les « indésirables », définis selon des préceptes raciaux, sociaux et religieux.</p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/02/couv_vichy_en_aquitaine_3501.jpg" alt="&quot;Vichy en Aquitaine&quot; sous la direction de Jean-Pierre Koscielniak et Philippe Souleau, préface Denis Peschanski, postface Jean-Marie Guillon. Les Éditions de l’Atelier, novembre 2011. paru le 24 novembre 2011" title="couv_vichy_en_aquitaine_350" width="350" height="522" class="alignright size-full wp-image-10922" /></a></p>
<p><em><strong>« L’approche régionale permet d’entrer dans la finesse de l’analyse.</strong> De fait, plus on s’approche du terrain, plus on prend ses distances avec les analyses sommaires de la société. <strong>Il est rare cependant de disposer d’un panel aussi large d’études sur une même région qui autorise, à la fin de l’ouvrage, de disposer d’une vision à la fois globale et détaillée »</strong></em>, telle est la conclusion du préfacier, <strong>Denis Peschanski</strong>, historien spécialiste des camps d’internement français de la Seconde guerre mondiale.</p>
<p><strong><em>Vichy en Aquitaine</em></strong>, sous la direction de Jean-Pierre Koscielniak et Philippe Souleau, préface Denis Peschanski, postface Jean-Marie Guillon. <br />
<em>Les Éditions de l’Atelier</em>, novembre 2011, 440 pages, 30 €, ISBN 978-2-7082-4034-6.</p>
<p>Pour connaître la liste complète des 30 contributeurs ainsi que le titre de leurs communications, <a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/actualites/sortie-le-17-novembre-2011-dun-ouvrage-attendu-vichy-en-aquitaine-10214" target="_blank">suivre ce lien…</a></p>
<p>Les photos ont été prises le 21 janvier 2011, à l&#8217;occasion de la présentation et de la signature du livre, à Ste-Foy la Grande (Gironde), à l&#8217;invitation de la société d&#8217;Histoire &laquo;&nbsp;Les Amis de Sainte-Foy et sa région&nbsp;&raquo; et de son président, Jacques Puyaubert. <br />
© Photos Jean-Claude Faure, journal <em>Sud-Ouest</em>.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>« Le péril communiste » vu par un juge d&#8217;instruction du 2e tribunal militaire de Paris</title>
		<link>http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/varia/%c2%ab%c2%a0le-peril-communiste%c2%a0%c2%bb-vu-par-un-juge-dinstruction-du-2e-tribunal-militaire-de-paris-10879</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 18:30:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dernières parutions]]></category>
		<category><![CDATA[VARIA]]></category>
		<category><![CDATA[commandant Vimard]]></category>
		<category><![CDATA[juge d'instruction au 2e tribunal militaire de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[le communisme contre l'Europe]]></category>
		<category><![CDATA[le péril communiste]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans un rapport de neuf pages adressé le 3 mars 1940 au Colonel Bacquart et au ministre Raoul Dautry, Vimard, juge d&#8217;instruction près le deuxième tribunal militaire de Paris, met en garde contre « le péril communiste »… « … J&#8217;ai été pendant 25 ans capitaine d&#8217;infanterie avant d&#8217;être nommé Commandant de Justice [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a></p>
<p><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/le-communisme-stalinien-en-france-1933.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/le-communisme-stalinien-en-france1.jpg" alt="Couverture de la brochure &quot;Le communisme stalinien en France&quot;" title="le-communisme-stalinien-en-france" width="350" height="350" class="alignright size-full wp-image-10881" /></a></p>
<blockquote><p>Dans un rapport de neuf pages adressé le 3 mars 1940 au Colonel Bacquart et au ministre Raoul Dautry, <strong>Vimard</strong>, juge d&#8217;instruction près le deuxième tribunal militaire de Paris, <strong>met en garde contre « le péril communiste »</strong>…</p>
<p>« … J&#8217;ai été pendant 25 ans capitaine d&#8217;infanterie avant d&#8217;être nommé Commandant de Justice militaire – <strong>J&#8217;essaye d&#8217;être utile dans les fonctions qui me sont attribuées ; mais je suis peut-être mieux préparé à convaincre et à persuader qu&#8217;à rendre des ordonnances et à signer des mandats de dépôts. Néanmoins et c&#8217;est l&#8217;objet essentiel de ma lettre, je viens de faire un travail qui me paraît utile à la Défense Nationale.</strong> […] Si vous me croyez bon à quelque chose, je mets de grand cœur à votre disposition toutes mes forces pour vous aider à vaincre… » écrivait le juge Vimard en introduction de son rapport&#8230;</p>
</blockquote>
<p><em>« L&#8217;expérience que j&#8217;ai acquise depuis deux mois à m&#8217;occuper d&#8217;affaires relatives à la propagande communiste, l&#8217;étude des dossiers et plus encore l&#8217;examen des inculpés, m&#8217;ont permis d&#8217;arriver à <strong>quelques conclusions pratiques tant sur l&#8217;importance réelle du danger que sur l&#8217;insuffisance des moyens mis en œuvre pour y parer et sur les mesures qui seraient de nature à rendre plus efficace notre défense contre ce péril national</strong>.<br />
Je me permets de vous soumettre très sommairement ces conclusions en exprimant l&#8217;espoir très fervent que ce modeste travail sera de quelque utilité. </em>»</p>
<h3>Le péril communiste</h3>
<p><em>« <strong>Il est difficile d&#8217;apprécier exactement l&#8217;étendue et la gravité du mal.</strong> Si, placé comme je le suis, je n&#8217;arrive qu&#8217;à des hypothèses assez incertaines, je me demande sur quoi s&#8217;appuient ceux qui publient, par la parole ou par l&#8217;écrit, des affirmations très catégoriques à ce sujet et qui pourtant ne se trouvent pas aussi près que moi des sources d&#8217;informations.<br />
<strong>Je crois que l&#8217;on peut affirmer que la propagande communiste atteint beaucoup de milieux et s&#8217;étend sur beaucoup de régions.</strong> Les inculpés que j&#8217;ai interrogés sont tantôt de purs illettrés, tantôt des hommes ou des femmes relativement cultivés. <strong>Chez les uns le communisme correspond à un obscur sentiment de révolte contre les misères éprouvées ; chez les autres à une sorte de croyance mystique et si fervente que les souffrances et les peines ne font qu&#8217;exalter leur foi.</strong> Je crois reconnaître d&#8217;ailleurs que le plus grand nombre des inculpés communistes sont intelligents, polis, moralement honnêtes ; on en trouve guère qui aient eu maille à partir avec la justice ; la plupart des casiers judiciaires sont vierges.</p>
<p><strong>L&#8217;action de propagande s&#8217;exerce manifestement dans un très grand nombre d&#8217;usines de la région parisienne ; elle s&#8217;effectue le plus souvent à l&#8217;aide de tracts ronéotypés ; de papillons collés secrètement et de numéros clandestins du Journal l&#8217;Humanité</strong>, qui continue à paraître régulièrement, à peu près toutes les semaines, soit en exemplaires tirés comme des tracts à la ronéo, soit en exemplaires imprimés en très petits caractères d&#8217;une remarquable netteté. Je possède un bon échantillonnage de tous ces documents. Ils circulent de la main à la main et ils sont distribués dans l&#8217;obscurité, aux stations d&#8217;autobus, ou ils sont introduits dans les vestons, les pardessus ou les manteaux pendus dans les vestiaires ; ou encore ils sont déposés par des inconnus sur les établis, des machines, des comptoirs. Dans plusieurs cas, pour échapper au délit de distribution on n&#8217;a fait circuler qu&#8217;un seul exemplaire lu successivement par tous les sympathisants.</p>
<p><strong>À cette propagande par écrit il faut ajouter la propagande par la parole, la propagande de bouche à oreille, recommandée précisément par les organisateurs de ces dangereuses manœuvres. Car c&#8217;est d&#8217;une organisation méthodique qu&#8217;il s&#8217;agit.</strong> Les inculpés que j&#8217;ai interrogés obéissent tous à des consignes spéciales et limitées ; leur travail est effectué en série, à la chaîne. Le distributeur en détail connaît à peine le distributeur en gros qui lui apporte le paquet ; généralement il ne le connaît que par un prénom, il le rencontre à un lieu convenu ; le distibuteur en gros est dans la même situation à l&#8217;égard de celui qui tire à la ronéo les exemplaires ; celui-ci est, à son tour, en contact avec celui qui lui apporte le papier et qui lui remet le stencyl, c&#8217;est-à-dire une feuille spéciale dactylographiée pour le tirage ; le stencyl a été remis à ce dernier par une dactylographe qui a reçu d&#8217;un autre le texte même du tract, texte qui a été rédigé par un chef, un inspirateur, par un des doctrinaires actuellement inconnus qui dirigent tous le mouvement, qui disposent des ressources indispensables, ne fut-ce qu&#8217;en papier, et qui élaborent des méthodes à employer, les doctrines à répandre et les mots d&#8217;ordre à communiquer.</p>
<p><strong>Quoique nos informations n&#8217;atteignent généralement qu&#8217;un maillon de cette chaîne, on peut grâce aux recoupements et aux perquisitions, affirmer que le travail de démoralisation nationale et de corruption des esprits s&#8217;effectue bien à l&#8217;aide des procédés que je viens d&#8217;énumérer.</strong> Ce travail porte ses fruits, il ne peut en être autrement, car les procédés de la publicité systématique produisent des résultats qui peuvent être prévus avec quelques certitudes. La propagande trouve d&#8217;ailleurs un aliment dans les fatigues éprouvées, la hausse des prix, les difficultés de la vie quotidienne, la pénurie de certains produits, l&#8217;inaction, les inquiétudes, les récriminations plus ou moins fondées sur les injustices ou les faveurs. Cette propagande s&#8217;étend d&#8217;ailleurs très loin de Paris et il n&#8217;est malheureusement que trop certain qu&#8217;elle n&#8217;atteint pas exclusivement les civils.</p>
<p><strong>Le danger est grand. Il s&#8217;agit d&#8217;une guerre, d&#8217;une partie de la guerre totale. La stratégie moderne comporte des opérations qui ne s&#8217;exécutent pas toutes sur les champs de bataille.</strong> L&#8217;affaiblissement de la résistance intérieure est une de ces opérations essentielles ; elle a été <strong>préconisée par HITLER lui-même</strong> aussi bien <strong>dans MEIN KAMPF</strong> que dans ses conversations privées avec RAUSCHNING que dans ses propos publics. Il y avait recours avant la guerre, non seulement en France, mais en Angleterre, aux États-Unis, en Belgique et ailleurs. Il n&#8217;y a aucune raison de supposer qu&#8217;il ait renoncer à ses méthodes de guerre ; <strong>il est au contraire bien certain que le travail de termite qui consiste à minet les étais de la résistance continue à être accompli avec des moyens accrus.</strong></p>
<p>Mais <strong>comme il est vraisemblable que Hitler ne peut se faire d&#8217;illusion sur le succès en France d&#8217;une propagande pro-allemande, il doit nécessairement accorder toute son attention et toute son aide à une propagande tout aussi anémiante, mais entreprise sous le couvert de l&#8217;Internationale ouvrière et communiste qui trouve des oreilles plus accessibles.</strong> Les moyens et le choix des hommes importe peu à nos ennemis pourvu que l&#8217;objectif, notre affaiblissement, soit atteint.<br />
<a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/europe-attention-a-la-peinture-rouge.jpg" alt="Affiche : &quot;Europe attention à la &#039;peinture&#039; rouge&quot;. Exposition à la salle Wagram, Paris, 1933." title="europe-attention-a-la-peinture-rouge" width="350" height="523" class="alignleft size-full wp-image-10890" /></a></p>
<p>Ils s&#8217;y emploient. En dehors de ce que le raisonnement permet de présumer, il ne faut pas perdre de vue qu&#8217;<strong>une propagande aussi systématique entraîne des frais considérables</strong>. En outre les postes de T.S.F. Clandestins – <strong>Radio Paix</strong> et <strong>Radio Humanité</strong> – représentent à eux seuls des dépenses énormes qui ne peuvent être couvertes que par le budget de guerre de nos ennemis. Un fait montre à l&#8217;évidence le lien entre la propagande communiste et défaitiste et la propagande allemande : tout récemment, exactement le 8 février à 19 h.30, le poste Radio Paix terminait son émission en faisant allusion au martyr de <strong>Henri Jeanson</strong> que notre Tribunal vient de condamner pour excitation de militaires à la désobéissance et dont le poste qui semble installé sur le Rhin, annonçait qu&#8217;il serait bientôt vengé si les Français se décidaient à comprendre.</p>
<p>Nous sommes donc en présence d&#8217;une offensive dont les effets peuvent être grands, et, d&#8217;une sorte de guerre dans laquelle nous ne pouvons pas dire que le temps travaille pour nous, tant s&#8217;en faut. <strong>Il ne faut pas dire non plus que ce danger est négligeable comparativement avec les dangers proprement militaires de la guerre actuelle. Un affaiblissement du front intérieur serait aussi grave pour les destinées de la France qu&#8217;un enfoncement du front de bataille.</strong> Il ne faut pas oublier qu&#8217;en Allemagne <strong>l&#8217;effondrement de la résistance en novembre 1918 n&#8217;a pas été sans rapports avec l&#8217;activité du Parti Spartakus, c&#8217;est-à-dire Léniniste, dont la propagande avait transformé l&#8217;esprit de la nation</strong>.</p>
<p><strong>Comment est mené actuellement par nous la lutte contre ce danger manifeste et comment pourrait-elle être menée, c&#8217;est ce que je vais me permettre de vous indiquer.</strong> »</em></p>
<h3>Notre défense actuelle contre la propagande communiste</h3>
<p><em>« À cette action de l&#8217;ennemi, à cette action méthodique, dirigée, centralisée, organisée, commandée, appuyée par d&#8217;abondantes ressources, qu&#8217;opposons-nous actuellement ? L&#8217;expérience de ces affaires montre clairement que <strong>nous n&#8217;y opposons que des procédés de fortune et des moyens insuffisants</strong>. S&#8217;agit-il du travail de recherche et de la besogne proprement policière ? Alors on constate d&#8217;abord que <strong>l&#8217;activité déployée est très différente selon les lieux et les hommes</strong>. Tel commissaire de police multiplie les arrestations, les enquêtes, les perquisitions, encourage ou provoque les dénonciations, organise une surveillance dans les cafés et dans les usines ; tel autre préfère n&#8217;intervenir que s&#8217;il est requis, évite « les histoires » ou l&#8217;agitation, laisse faire ou laisse dire, pourvu que momentanément le travail industriel paraisse s&#8217;accomplir d&#8217;une manière normale.</p>
<p>Autour de Paris il n&#8217;y a pas plus de quatre ou cinq agglomérations où la propagande communiste ait été pourchassée ; ailleurs cette propagande est tout aussi active et n&#8217;a fait naître aucune inculpation. Tous les dossiers que nous recevons émanent des mêmes commissariats. Les autres évitent de faire du zèle et de se compromettre ; ils craignent les responsabilités et redoutent l&#8217;avenir. Mais l&#8217;activité des policiers les plus zélés ne ne va pas sans inconvénient. Souvent, elle pèche précisément par excès de zèle : <strong>il y a des commissaires qui procèdent à des rafles véritables dans lesquelles se trouvent pris et poursuivis beaucoup d&#8217;inculpés qui ne sont aucunement coupables ou dont la culpabilité n&#8217;est nullement établie et qui n&#8217;en sont pas moins incarcérés pendant des semaines. Il va sans dire qu&#8217;un tel traitement crée une vive irritation dans les famille, les usines, les quartiers, et amène de l&#8217;eau au moulin de la propagande ennemie</strong>.</p>
<p>Depuis deux mois j&#8217;ai reçu 165 inculpés du chef d&#8217;infraction au décret du 26 septembre. J&#8217;ai rendu 27 ordonnances de non-lieu, 32 ordonnances de mise en liberté provisoire ; je prévois que je vais rendre dans un délai très court une vingtaine d&#8217;ordonnances de non-lieu visant d&#8217;autres inculpés. <strong>J&#8217;arrive ainsi à un total de 79 non-culpabilité sur 165 inculpations</strong> en question, et encore y en a-t-il de très récentes sur lesquelles je n&#8217;ai pu me faire une opinion.</p>
<p>Ces arrestations faites en bloc, même quand elles frappent des coupables, ne nous permettent en général de découvrir que des comparses ou des fragments de la chaîne. On atteint un distributeur, une sténographe, un discoureur, mais leurs chefs ou leurs associés restent inconnus. Dans un seul cas j&#8217;ai pu être mis en possession d&#8217;une chaîne, presque complète, qui remonte depuis le distributeur de détail jusqu&#8217;au rédacteur initial ou du moins jusqu&#8217;au détenteur de la rédaction. Dans un autre cas on remonte de la distribution jusqu&#8217;à la confection du stencyl. Dans un autre cas à ma connaissance, la chaîne m&#8217;a permis de remonter jusqu&#8217;à un inspirateur, à un chef ayant autorité pour indiquer la matière à traiter, l&#8217;article à publier, l&#8217;information à utiliser, le mot d&#8217;ordre à transmettre.</p>
<p><strong>La cause de cette impuissance me paraît résider dans le fractionnement des tâches accomplies sans méthodes. À l&#8217;action coordonnée nous n&#8217;opposons que des efforts fragmentaires et incohérents.</strong></p>
<p><strong>D&#8217;une part, l&#8217;action des commissaires est trop locale pour nous permettre d&#8217;atteindre le noyau des organisations communistes.</strong> Nos adversaires le savent bien, et c&#8217;est la raison pour laquelle ils ont brisé leurs cadres locaux. J&#8217;ai constaté que le distributeur de banlieue recevait des tracts d&#8217;un porteur inconnu de lui du XIème  arrondissment, tracts tirés vraisemblablement par des propagandistes du XIXème arrondissement. Naturellement le commissaire de banlieue ne peut arrêter que le distributeur ; pour les autres il donne des commissions rogatoires qui toujours arrivent trop tard.</p>
<p><strong>D&#8217;autre part l&#8217;action, n&#8217;est pas assez méthodiqu</strong>e ; les procédés de recherches sont abandonnés à l&#8217;initiative d&#8217;inspecteurs qui ne sont pas toujours préparés à ces investigations très spéciales ; ils tendent quelques pièges assez grossiers, ils procèdent à quelques rafles ; ils font confiance à quelques indicateurs, ils utilisent quelques « moutons » ; mais <strong>tout cela ne paraît pas sérieusement organisé, et le travail est exécuté sans beaucoup de discernement. J&#8217;ai sous les yeux des dossiers dans lesquels les dénonciations accuillies par la police sont inspirées moins par le souci de la vérité que par celui de la vengeance.</strong></p>
<p>Ces défectuosités trop évidentes de la méthode de recherche se retrouvent dans nos méthodes d&#8217;instruction. Les juges d&#8217;instructions du Gouvernement militaire de Paris sont nombreux. Les dossiers leur arrivent nécessairement au hasard même quand ils intéressent des inculpés d&#8217;une même région. J&#8217;instruis contre des communistes de Saint-Denis en même temps que des collègues du 1er Tribunal ; j&#8217;instruis contre des communistes de Vigneux, mais je n&#8217;ai pas les dossiers des communistes de Montgeron et de Draveil, quoiqu&#8217;il ne s&#8217;agisse en réalité que d&#8217;une agglomération. C&#8217;est tout à fait par hasard que j&#8217;ai trouvé dans un dossier de mon collègue Aussy un témoignage me permettant d&#8217;établir le rôle d&#8217;un inculpé de mon Cabinet ; c&#8217;est encore par hasard que j&#8217;ai trouvé dans un de mes interrogatoires la preuve de la culpabilité d&#8217;un propagandiste poursuivi par M. Marchat.</p>
<p><strong>Non seulement notre activité est fragmentaire et par suite incohérente, mais encore elle ne peut s&#8217;exercer qu&#8217;avec une lenteur déplorable.</strong> Quand un dossier nous arrive, il y a une dizaine de jours que l&#8217;affaire est en train ; nous ne pouvons plus ordonner des mesures d&#8217;instruction utiles ; les perquisition ne peuvent plus rien nous procurer ; nos adversaires ont pris leurs précautions ; bien mieux ils se sont déjà concertés, grâce à divers procédés, sur leur attitude et leurs déclarations ? Notre tache se réduit trop souvent à enregistrer et non à découvrir.</p>
<p><a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/au-kolkhose-la-vie-est-paradisiaque.jpg" alt="Affiche : &quot;Au kolkhose la vie est paradisiaque&quot;. Exposition &quot;Le bolchevisme contre l&#039;Europe&quot;, salle Wagram, Paris, 1942." title="au-kolkhose-la-vie-est-paradisiaque" width="350" height="512" class="alignright size-full wp-image-10892" /></a></p>
<p>Si les dossiers nous arrivent trop tard, nous-mêmes nous les gardons trop longtemps et l&#8217;action répressive se trouve retardée. Il n&#8217;en peut être autrement, et <strong>il faut le déplorer quand on compare les moyens dont nous disposons pour cette guerre spéciale, et ceux dont disposent nos ennemis</strong>. Nous n&#8217;avons ni personnel, ni matériel en rapport avec notre tache. Un seul exemple va illustrer notre impuissance.</p>
<p>J&#8217;ai reçu récemment un dossier comportant 34 inculpés que j&#8217;aurai à entendre chacun environ trois fois. À lui seul ce dossier va nécessiter la confection de 68 mandats de dépôt, de 204 ordres d&#8217;extraction (deux par inculpé et par interrogatoire), de 34 demandes de casier, de 34 demandes de renseignements, de 20 à 25 demandes d&#8217;avocats d&#8217;office, de 68 convocations d&#8217;avocats, de 102 procès-verbaux d&#8217;interrogatoires de témoins, de 34 ordonnances de non-lieu ou de renvoi (à établir en trois exemplaires), à quoi il faut ajouter les permis de communiquer avec les avocats et les commissions rogatoires, la lecture quotidienbne des lettres des détenus, l&#8217;établissement des actes, la tenue des registres, etc…</p>
<p><strong>Tout ce travail purement matériel relatif à un seul dossier doit être exécuté à la main par un seul Maréchal des Logis greffier qui, malgré tout son dévouement, n&#8217;y peut suffire</strong>, quelle que soit l&#8217;aide également matérielle que je lui apporte. Comment s&#8217;étonner dans ces conditions que la répression de la propagande dangereuse n&#8217;avance pas vite ? <strong>Comment ne pas redouter que dans cette lutte pour la défense du pays nous ne soyons toujours en retard sur des ennemis beaucoup mieux outillés ?</strong> »</em></p>
<h3>Les remèdes</h3>
<p><em>« L&#8217;exposé même des défectuosités de notre organisation défensive contre la propagande d&#8217;affaiblissement national permet de prévoir quelles sont les améliorations à réaliser. <strong>Ces améliorations sont de deux sortes : d&#8217;abord la centralisation, ensuite la transformation des conditions du travail matériel.</strong></p>
<p><strong>Il faut d&#8217;abord organiser une police spécialisée n&#8217;ayant à accomplir aucune autre besogne que la poursuite des propagandistes communistes.</strong> Cette police recueillant toutes les informations disposant d&#8217;un personnel sélectionné, pouvant opérer des recoupements, compulser tous les documents et suivre toutes les affaires, disposera rapidement de connaissances très étendues qui iront sans cesse en se complétant. À mon sens c&#8217;est cette police chargée de surveiller toute propagande antinationale, par l&#8217;écrit, la parole ou la radio, qui devrait seule opérer sur les indications des commissaires locaux ou des brigades de gendarmerie qui ne pourraient prendre en cette matière que des mesures tout à fait provisoires, dans les cas d&#8217;ugence et de flagrant délit et qui devrait immédiatement aviser la police spécialisée. À mon sens encore, cette police devrait n&#8217;avoir aucune autre affaire à suivre de manière à ce que son attention et son activité soient entièrement consacrées à la besogne de défense nationale qui lui incomberait.</p>
<p>L&#8217;exemple des excellents résultats qu&#8217;ont peut attendre de cette spécialisation est fourni par <strong>l&#8217;expérience de la Brigade Nord-Africaine</strong> chargée de surveiller l&#8217;activité politique des Algériens, Tunisiens et Marocains résidant en France métropolitaine. Grâce à un travail méthodique et à un travail ingénieux des fiches alphabétiques tenues au courant des moindres faits et gestes des individus à surveiller, cette brigade a une connaissance approfondie de toute agitation ; elle peut la prévoir, l&#8217;empêcher ou la réprimer. Rien ne lui échappe de haut en bas de l&#8217;échelle.</p>
<p>Les méthodes qui ont permis d&#8217;arriver à ce résultat devraient être immédiatement employées contre la propagande antinationale et il est vraisemblable qu&#8217;elle produirait les mêmes résultats et nous permettraient d&#8217;arriver à une connaissance exacte d&#8217;un danger dont nous n&#8217;avons actuellement qu&#8217;une opinion très incertaine. Ainsi, des résultats positifs pourraient être obtenus ; ainsi on pourrait remonter le courant jusqu&#8217;à la source ; ainsi on éviterait les poursuites inspirées par des sentiments de rancune, de vengeance, de revanche politique auxquelles ne se laisseraient pas prendre des policiers avertis. Ainsi on pourrait parer à deux risques dont les conséquences sont également redoutables, celui de laisser échapper des coupables et celui de traquer des innocents.</p>
<p><strong>Naturellement cette police spécialisée devrait opérer non seulement dans la région parisienne mais encore dans toute la France et se tenir en liaison avec les polices étrangères chargées de la même besogne.</strong></p>
<p>Ce que je viens de dire de la police doit être dit <strong>aussi à l&#8217;intruction</strong>. C&#8217;est qu&#8217;en effet il n&#8217;y a qu&#8217;une affaire communiste et qu&#8217;une affaire antinationale laissant apparaître ou deviner peu d&#8217;auteurs principaux, tous les autres, tous ceux qu&#8217;on arrête à Paris, en banlieue, en province, ne sont que des comparses ou des complices. Complice le distributeur, complice l&#8217;imprimeur, complice la dactylographe, tous complices d&#8217;un même délit puisqu&#8217;ils ne font les uns et les autres qu&#8217;exécuter des instructions des auteurs principaux, des chefs des inspirateurs.</p>
<p><strong>Puisqu&#8217;il n&#8217;y a qu&#8217;une seule affaire répartie en plusieurs dossiers, il ne devrait donc y avoir qu&#8217;une instruction</strong>, qu&#8217;un juge d&#8217;instruction centralisant tout, appréciant tout, se rendant compte du rôle de chaque comparse dans la hiérarchie, pouvant se documenter sur un dossier, à l&#8217;aide d&#8217;un dossier voisin, pouvant poser des questions utiles, effectuer des confrontations opportunes ; <strong>un tel juge aurait du péril communiste une connaissance si complète qu&#8217;il aurait tôt fait de discerner la vérité et de découvrir les culpabilités.</strong> Naturellement il devrait être aidé par des juges d&#8217;instruction adjoints entre lesquels le travail serait réparti et dont la collaboration serait, non seulement matériellement mais encore intellectuellement, indispensable.</p>
<p>En dehors de cette centralisation qui peut être dès à présent réalisée sur une petite échelle et qui même réduite n&#8217;en constituerait pas moins un progrès fécond en résultats, <strong>il est vraiment urgent et indispensable qu&#8217;on nous fournisse des moyens de travail</strong>, c&#8217;est-à-dire du personnel et du matériel. Il y a dans ces sortes d&#8217;affaires comportant beaucoup d&#8217;inculpés des formules à remplir, des copies à faire, mille travaux manuels qui peuvent être confiés à des scribes consciencieux dont nous avons le plus grand besoin.</p>
<p>D&#8217;autre part il est inconcevable que pour une telle besogne, si urgente, si nécessaire à la Défense nationale, nous n&#8217;ayons même pas les quelques machines à écrire dont disposent le moindre commerçant et la plus modeste administration privée. <strong>Nous n&#8217;avons ni machine ni machiniste</strong> ; tout doit être écrit à la main et ce document ne sera dactylographié que grâce à une assistance privée. Voilà où nous en sommes après six mois de guerre et <strong>quand nous avons à lutter contre des adversaires si abondamnent et si richement pourvus par nos ennemis moscoutaires ou hitlériens.</strong></p>
<p><strong>Centralisation, méthode, moyens matériels d&#8217;action, tels sont les besoins les plus urgents.</strong> Naturellement pour triompher de la propagande ennemie ce ne sera peut-être pas suffisant, ce sera déjà mieux que le vain effort d&#8217;aujourd&#8217;hui. <strong>Il y faudrait ajouter un travail méthodique de cure morale, de désintoxication des esprits. Lutter c&#8217;est bien, convaincre c&#8217;est mieux.</strong></p>
<p>Où irions-nous si nous devions voir un jour se dresser l&#8217;un contre l&#8217;autre deux Frances rivales ? Ce serait la fin de la vraie France. Il faut tout faire pour réaliser l&#8217;union des Français pour la défense de leur France. La répression n&#8217;y suffira pas ; il faut y ajouter beaucoup de persuasion. »</em></p>
<h3>Bref aperçu de la répression communiste de 1939 à 1941</h3>
<p><strong>La rhétorique du juge Vimard est commune à celles du ministre de l&#8217;Intérieur Georges Mandel et du gouverneur militaire de Paris, le Général Héring.</strong> La lutte contre les communistes de la région parisienne s&#8217;intensifie à partir du printemps et de l’été 1939. Elle prend une nouvelle dimension avec la <strong>dissolution du PCF, le 26 septembre 1939</strong>.</p>
<p>Même si les effectifs du PCF ont semblé chuter à partir de 1937, en mai 1939, au plan national, ils sont 283 000 adhérents, dont 100 000 environ pour la région parisienne. En septembre 1939, l’autorité militaire surestime les chiffres de la population communiste d’au moins un quart. Une note du 23 septembre 1939 au sujet <em>« des effectifs et des possibilités d’action du Parti Communiste »</em> avance, <em>« pour l’ensemble du pays, le chiffre de 350.000, soit 300.000 pour le Parti Communiste et 50.000 pour la Fédération des Jeunesses Communistes »</em></p>
<p>Le 15 mars 1941, le ministère de l’Intérieur présente des chiffres qui correspondent davantage aux faits : <em>« Avant septembre 1939, le Parti Communiste français groupait 280.000 adhérents environ »</em>. Ce même rapport dresse un <em>« état statistique de l’activité des services de Police en matière de répression des menées anti-nationales »</em>. <strong>Pour la période du 2 septembre 1939 au 31 janvier 1941, on relève 8 372 arrestations, 21 152 perquisitions, 990 groupements sont dissous, 432 journaux sont interdits ou suspendus et 4 492 internements sont enregistrés.</strong></p>
<h3>Sources :</h3>
<p>Docteur en droit, le juge Vimard était avocat à la cour de Paris avant d&#8217;être juge d’instruction au deuxième tribunal militaire de Paris. Le 3 mars 1940, il adresse son rapport au Colonel Bacquart, commissaire du Gouvernement près le Tribunal militaire de Paris et à Raoul Dautry, ministre à l’Armement. Ce rapport est conservé au Service historique de la Défense, département de l&#8217;armée de terre (<strong>SHD-DAT</strong>), <strong>cote 5 N 602</strong>.<br />
Concernant la répression : <strong>SHD-DAT 9 N 362</strong>, <strong>AN F7 15277</strong>, ainsi que Philippe Buton <em>in</em> <strong><em>Les communistes français de Munich à Châteaubriant</em></strong>, sous la direction de Jean-Pierre Rioux, Antoine Prost et Jean-Pierre Azéma, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1987.</p>
<p>Quant aux illustrations, elles proviennent de la <strong>cote F7 14999</strong> des <strong>Archives nationales</strong>, Paris. Celles du milieu et du bas de page datent de mars 1942. Elles ont été réalisées à l&#8217;occasion de l&#8217;exposition <em>Le Bolchevisme contre l&#8217;Europe</em>, salle Wagram, manifestation collaborationniste placée sous les auspices du <em>Comité d&#8217;action antibolchévique</em>.</p>
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		<title>La gestion des prisonniers de guerre allemands en Dordogne (1945-1948)</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Jan 2012 20:25:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dernières parutions]]></category>
		<category><![CDATA[RECHERCHES]]></category>
		<category><![CDATA[commando communal]]></category>
		<category><![CDATA[dépôt de prisonniers de guerre allemands n° 125 de Brantôme]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; En août 1945, Maxime Roux, préfet de la Dordogne, fait distribuer une brochure relative à l&#8217;emploi des prisonniers de guerre allemands comme main-d&#8217;œuvre, sorte de vade-mecum à l&#8217;usage des maires de son département. Sur la page de couverture, on peut lire ceci : « Faites relever vos ruines par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-10820" title="Camp de PG allemands à Brantôme Sud-Ouest" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/Camp-de-PG-allemands-à-Brantôme-Sud-Ouest2.jpg" alt="Texte figurant sur la couverture d'une brochure éditée par la préfecture de la Dordogne relative à l'emploi de la main composée des prisonniers de guerre allemands." width="350" height="350" /></p>
<blockquote><p>En août 1945, Maxime Roux, préfet de la Dordogne, fait distribuer <strong>une brochure relative à l&#8217;emploi des prisonniers de guerre allemands comme main-d&#8217;œuvre</strong>, sorte de <em>vade-mecum</em> à l&#8217;usage des maires de son département. Sur la page de couverture, on peut lire ceci : <strong><em>« Faites relever vos ruines par ceux qui en sont responsables, faites embellir vos cités par ceux qui voulaient les détruire, faites travailler les prisonniers ennemis… »</em></strong>.</p>
<p>Le Colonel Joguet, chef du Service régional des prisonniers de guerre de l&#8217;Axe de la 12e Région, à Limoges, se félicite de l&#8217;initiative : <strong><em>« Cette brochure éclairera, de façon très nette, les petits employeurs sur les conditions d&#8217;embauchage des P.G.</strong> Elle vient à son heure et sa diffusion dans toutes les communes <strong><em>contribuera certainement à lever les hésitations de beaucoup d&#8217;agriculteurs qui, insuffisamment renseignés, ne manifestaient aucun empressement à utiliser cette main-d&#8217;œuvre indispensable au relèvement économique de notre pays »</em></strong>.</p>
</blockquote>
<p></em>En guise d&#8217;introduction… <em>« La France a obtenu des quantités importantes de prisonniers de guerre destinés principalement à la reconstruction du pays. Ces prisonniers ne peuvent tous être immédiatement utilisés par le Ministère de la Reconstruction faute de matériaux en quantités suffisantes. <strong>Ils ne doivent à aucun prix, rester oisifs dans les dépôts militaires. La seule solution est de les mettre au travail par petits kommandos organisés dans toutes les communes de France où ils seront employés aux innombrables travaux de voirie ou de fossés et aux projets d’aménagement laissés en suspens depuis trop longtemps faute de main-d’œuvre »</em>.</strong></p>
<h3>À qui s&#8217;adresser pour obtenir de la main-d&#8217;œuvre ?</h3>
<p></em>Le 28 juillet 1945, la préfecture de la Dordogne édite un numéro spécial du <em>« Bulletin hebdomadaire officiel d’information et recueil des actes administratifs »</em> consacré à l’emploi des prisonniers de guerre ennemis. Ce bulletin précise à qui doivent être transmises les demandes de main-d’œuvre, en fonction de la nature de l’activité professionnelle intéressée : <strong>pour l’agriculture et l’artisanat rural</strong>, les demandes doivent être adressées au Bureau départemental de la Main-d’œuvre agricole, 7 rue Victor-Hugo à Périgueux ; <strong>pour les forêts</strong>, à la Direction départementale de la Production forestière, 43 rue du Président-Wilson ; <strong>pour le commerce et l’industrie</strong>, à l’Inspection départementale du Travail, 32 rue Émile-Lafon ; <strong>pour les mines et carrières</strong>, à l’Ingénieur des Mines, 14 boulevard de Vésone ; <strong>pour le transport et l’énergie électrique</strong>, aux Ponts &amp; Chaussées, 14 boulevard de Vésone ; <strong>pour les travaux communaux</strong> (reconstruction, voierie, curage de fossés et ruisseaux, etc), à la Préfecture de la Dordogne, 3e Division, 3e Bureau.</p>
<p><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/brochure-prisonniers-de-guerre-verso.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img class="alignleft size-full wp-image-10833" title="brochure-prisonniers-de-guerre-page-2" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/brochure-prisonniers-de-guerre-page-2.jpg" alt="brochure éditée par la Préfecture de la Dordogne en août 1945 à propos de l'emploi de la main-d'œuvre constituée par les prisonniers de guerre allemands stationnés à Brantôme." width="290" height="485" /></a></p>
<p><strong>Les conditions d&#8217;utilisation des prisonniers sont fixées par une <em>« Convention de louage de travail »</em>,</strong> établie au moment de la mise des prisonniers de guerre à la disposition des demandeurs par le commandant du <strong>dépôt de prisonniers de guerre de l&#8217;Axe n° 125 de Brantôme</strong>. Chaque commune souhaitant employer des prisonniers de guerre doit procéder à la formation d&#8217;un &laquo;&nbsp;commando&nbsp;&raquo; (parfois orthographié &laquo;&nbsp;Kommando&nbsp;&raquo;).</p>
<h3>À propos de la création d&#8217;un commando communal</h3>
<p><strong>La formation d&#8217;un commando entraîne la création d&#8217;un local destiné au logement des prisonniers, <em>« local fermant à clef et entouré si possible de barbelés</strong></em>, précise la convention. <em>Les employeurs viendront ainsi chercher les hommes le matin et les ramèneront le soir. La garde est assurée pendant le séjour des P.G. Dans le local collectif, soit par la Commune (personnel recruté à cet effet), soit par l&#8217;organisation d&#8217;un tour de garde dans la Commune. Une somme déterminée par jour et par prisonnier est prévue d&#8217;ailleurs par la Convention de Louage de Travail, pour la rémunération des gardiens.<br />
Si l&#8217;effectif du commando dépasse les 50 prisonniers, la garde est alors assurée par l&#8217;un des hommes de la 415e compagnie stationnée à Brantôme.<br />
Dans le cas d&#8217;une embauche sur une exploitation agricole éloignée du cantonnement, il revient à l&#8217;employeur d&#8217;assurer lui-même et sous sa propre responsabilité la garde et le logement du prisonnier. <strong>En cas d&#8217;évasion, celle-ci doit immédiatement être signalée à la gendarmerie la plus proche ainsi qu&#8217;au commandant du Dépôt de Brantôme.</strong></em><br />
Le 13 février 1947, dans une note adressée au préfet <strong>au sujet de la prime de capture de prisonniers de guerre allemand évadés</strong>, l&#8217;autorité militaire rappelle que <em>« la prime de capture a pour but de récompenser toutes personnes civiles ou militaires ayant procédé ou coopéré à l&#8217;arrestation d&#8217;un P.G. évadé de captivité française ou de captivité alliée. Son montant est de 1 500 francs, elle peut être partagée si plusieurs personnes ont participé à l&#8217;arrestation du P.G. »</em></p>
<h3>Salaires et conditions de travail</h3>
<p><strong>Le salaire journalier</strong> attribué à chaque prisonnier se monte à 10 francs par journée effective de travail. La moitié, soit 5 francs lui est remise directement <em>« sous la forme exclusive de monnaie de camp (jetons ou bons d&#8217;achat valables uniquement dans les cantines organisées sur les chantiers) »</em>. L&#8217;autre moitié est destinée à la constitution d&#8217;un pécule, sous la responsabilité du commandant du dépôt dont dépend le prisonnier.</p>
<p><a></p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-10841" title="carte-correspondance-prisonnier-de-guerre" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/carte-correspondance-prisonnier-de-guerre.jpg" alt="Carte de correspondance de prisonnier de guerre allemand;" width="400" height="310" /></a></p>
<p>Pour éviter les abus liés à l&#8217;emploi au rabais de prisonniers de guerre, <em>« l&#8217;employeur est redevable, pour tout prisonnier mis à sa disposition d&#8217;une somme totale équivalente au salaire minimum qui serait attribué à un ouvrier français de même catégorie »</em>.<br />
Les prisonniers de guerre sont soumis aux mêmes horaires de travail que les ouvriers civils de la localité où ils sont utilisés. <strong>Ils sont placés sous la responsabilité des maires des communes où ils sont employés qui doivent <em>« veiller personnellement à la discipline des cantonnements et aux relations avec la population »</em>.</strong></p>
<p>Et enfin, <strong>la correspondance n&#8217;est <em>« tolérée uniquement que par l&#8217;utilisation des imprimés officiels »</em></strong>, collectés le même jour et envoyés par les maires au commandant du dépôt 125 de Brantôme qui se chargera de faire acheminer les courriers en question.</p>
<h3>Au sujet de quelques incidents dont la Presse se fait l&#8217;écho&#8230;</h3>
<p>Le 3 octobre 1945, le colonel Joguet, directeur du Service régional des prisonniers de guerre de l&#8217;Axe à Limoges, réagit à la suite d&#8217;un article du journal <em><strong>« L&#8217; Essor Sarladais »</strong></em> du 29 septembre rapportant que <em><strong>« les P.G. sont libres du fait qu&#8217;ils vont dans les débits de boissons et dans les bals »</strong></em> et menace de retirer les P.G. de la commune du maire de <strong>Saint-Julien de Lampon</strong> concerné. Il demande au maire de lui adresser un compte-rendu détaillé de cette situation qu&#8217;il juge <em><strong>« inadmissible »</strong></em>. Nullement impressionné, le maire réserve sa réponse au préfet. Il conclut ainsi son courrier du 31 décembre : <em>« J&#8217;ignore Monsieur le Préfet par qui vous avez été informé et je ne veux pas le savoir mais il serait peut-être bon de ne pas se baser sur les affirmations de personnes souvent mal intentionnées et qui peuvent profiter de toutes les occasions pour tirer une vengeance. De toute façon, <strong>je peux vous affirmer que les P.G. de la commune n&#8217;ont et n&#8217;auront que ce qui leur est dû sous tous les rapports. Si vous jugez utiles de les retirer, je n&#8217;y vois aucun inconvénients.</strong> Veuillez agréer… »</em></p>
<p>Près d&#8217;un an plus tard, le 16 août 1946, le préfet de la Dordogne fait savoir au sous-préfet de Sarlat qu&#8217;il est saisi d&#8217;une protestation d&#8217;<strong>un habitant de La Canéda</strong> qui <em>« se plaint notamment des difficultés répétées qu&#8217;il a eues avec un de ces prisonniers qui gardait les vaches de son employeur dans un pré lui appartenant »</em>. Et le préfet d&#8217;ajouter : <em><strong>« Je vous signale que le fils de M. CREMON a été assassiné par les hordes allemandes, et je vous demande de bien vouloir procéder à une enquête aux fins de me permettre, éventuellement, de faire cesser ces incidents considérés à juste titre par le plaignant comme des brimades. »</strong></em></p>
<p><a><img class="aligncenter size-full wp-image-10843" title="prisonniers-allemands-journal-la-voix-socialiste" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/prisonniers-allemands-journal-la-voix-socialiste.jpg" alt="La Voix Socialiste des 11 et 12 janvier 1947 à propos des prisonniers de guerre allemands en Dordogne" width="500" height="440" /></a></p>
<p>Le 17 décembre 1946, c&#8217;est une note de renseignements au sujet des prisonniers allemands employés dans la région de <strong>Sainte-Croix de Beaumont</strong> qui arrive sur le bureau du préfet. On y apprend que <em>« la population est indignée de l&#8217;attitude des prisonniers allemands</em> […] <em>qui circulent souvent seuls et viennent au chef-lieu de canton.</em> […] <em>D&#8217;autre part, <strong>un prisonnier français rapatrié a rencontré courant novembre dernier un prisonnier allemand cherchant des champignons. Se souvenant des souffrances endurées pendant sa captivité en Allemagne, ce Français indigné de la liberté octroyée à nos occupants d&#8217;hier frappa l&#8217;allemand.</strong> Devant le mécontentement général, et pour que de tels incidents ne se reproduisent plus, la population désirerait qu&#8217;un &#8216;commando&#8217; fut créé. Les prisonniers seraient plus étroitement surveillés et gardés ».</em></p>
<h3>Généralement bien traités, les P.G. sont plutôt bien acceptés</h3>
<p>Contrairement à ce que la Presse laisse entendre, les prisonniers de guerre allemands sont le plus souvent appréciés par leurs employeurs. Parfois même, certains liens se tissent entre les P.G. et la population locale…</p>
<p>À propos des prisonniers stationnés au dépôt de Brantôme, <strong>Monique Desvergne se souvient :</strong> <em>&laquo;&nbsp;<strong>Ces prisonniers étaient très peu nourris. Ils nous faisaient pitié.</strong> Quelquefois nous leur lancions des fruits, la seule nourriture dont nous disposions en abondance, mais c&#8217;était souvent des fruits verts qui étaient peut-être plus dangereux pour leur santé que l&#8217;absence de nourriture&nbsp;&raquo;</em>.<br />
Les parents de Monique employaient deux prisonniers allemands qui partageaient à la même table le repas du midi : <em>&laquo;&nbsp;<strong>C&#8217;étaient des hommes très courtois. L&#8217;un d&#8217;eux s&#8217;appelait Georges et avait deux enfants en Allemagne dont il nous montrait les photos.</strong> L&#8217;autre était un jeune étudiant qui parlait couramment anglais. Ainsi nous avions pu communiquer un peu grâce à une jeune fille voisine qui avait étudier l&#8217;anglais au lycée. <strong>Cet Allemand, Georges, si gentil, si humain, nous avait réconciliés avec son peuple dont nous avions une triste opinion depuis le massacre d&#8217;Oradour-sur-Glane.</strong></em> […] <em><strong>Nous haïssions les Allemands. À l&#8217;école, petites filles de huit ans, nous en parlions et je me souviens qu&#8217;on souhaitait leur enfoncer des pointes dans les yeux !!</strong> Il n&#8217;y avait pas que le massacre d&#8217;Oradour qui alimentait la haine : à Brantôme et dans la campagne proche, beaucoup de gens avaient été fusillés, leurs maisons incendiées</em> […] <em>Il y avait aussi tous ces Juifs qu&#8217;on emmenaient sans ménagement. Ils étaient nombreux dans la région depuis l&#8217;exode. J&#8217;avais une petite copine, Ruth, qui a ainsi été emmenée avec sa famille, nous ne savions pas où ni pourquoi…&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Pierre Garen</strong>, rattaché à la 415e compagnie de garde des prisonniers de guerre stationnée à Brantôme, se souvient d&#8217;<strong>un Allemand qui travaillait à Villars</strong> et qui, au moment de repartir outre-Rhin, <strong>demanda à son employeur la permission d&#8217;emporter un pied de vigne qu&#8217;il envisageait de replanter chez lui, en souvenir de son séjour en France…</strong></p>
<p>Le 16 septembre 1948, le directeur de l&#8217;enregistrement des Domaines et du Timbre à Périgueux est sollicité par le secrétaire général du préfet <strong>à propos de l&#8217;utilisation de « l&#8217;ancien dépôt de prisonniers de guerre allemand de Brantôme</strong> », laissé vacant…</p>
<h3>Sources :</h3>
<p>Archives départementales de la Dordogne, 1 W 567.</p>
<p>Témoignages de Monique Desvergne (Brantôme) et de Pierre Garen (Nontronneau).</p>
<p>Ce texte complète l&#8217;article publié le 12 janvier 2012 : <a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/recherches/le-depot-de-prisonniers-de-guerre-de-laxe-n°%C2%A0125-de-brantome-1945-1948-10751" target="_blank">Le dépôt de prisonniers de guerre de l’Axe n° 125 de Brantôme</a></p>
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		<title>Le dépôt de prisonniers de guerre de l&#8217;Axe n° 125 de Brantôme</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Jan 2012 22:15:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
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		<category><![CDATA[415e compagnie de garde de prisonniers de guerre]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans l’immédiate après-guerre, face à la difficile réorganisation des travaux agricoles et forestiers, à la nécessaire exploitation des mines et des carrières, ainsi qu&#8217;à la lente reconstruction des villages de Rouffignac, de Mouleydier et de Pressignac (incendiés par les nazis les 31 mars et 21 juin 1944), il devient évident [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-full wp-image-10752" title="depot-125-prisonniers-de-guerre-allemands" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/depot-125-prisonniers-de-guerre-allemands.jpg" alt="Prisonniers de guerre allemands appartenant au dépôt de guerre n° 125 de Brantôme, travaillant sur le chantier du village martyr de Mouleydier" width="350" height="350" /></p>
<blockquote><p><strong>Dans l’immédiate après-guerre,</strong> face à la difficile réorganisation des travaux agricoles et forestiers, à la nécessaire exploitation des mines et des carrières, ainsi qu&#8217;à la lente reconstruction des villages de Rouffignac, de Mouleydier et de Pressignac (incendiés par les nazis les 31 mars et 21 juin 1944), <strong>il devient évident que le département de la Dordogne manque de bras</strong>. <strong>Ce sont les prisonniers de guerre allemands qui vont pallier ce déficit de main-d&#8217;œuvre.</strong></p>
<p>Au début du mois de juillet 1945, <strong>le préfet de la Dordogne décide de créer un dépôt de prisonniers de guerre</strong> tel qu&#8217;il en existe déjà en Haute-Vienne (à St-Paul d&#8217;Eyjaux), en Corrèze (à La Trémouille, près de Tulle) et dans l&#8217;Indre (le camp des Défends, à Châteauroux). <strong>On ne sait pratiquement rien de ce camp de prisonniers allemands. Localement, sa mémoire s&#8217;est perdue : pas de photos, très peu de témoignages…</strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: x-small;">Groupe de prisonniers de guerre allemands rattachés au dépôt n° 125, travaillant sur le chantier de Mouleydier. Photo D.R.</span></p>
<h3>Le choix du lieu et l&#8217;implantation</h3>
<p>Le 2 juillet 1945, dans une note interne adressée au préfet, la question est ainsi posée : <em>« <strong>S&#8217;il n&#8217;est pas possible de retenir la suggestion tendant à la création d&#8217;un tel dépôt à Mauzac, ne serait-il pas possible d&#8217;utiliser les baraquements de Saint-Astier</strong>, s&#8217;il est exact qu&#8217;ils n&#8217;ont encore aucune affectation ? »</em>. Durant la guerre, des groupes de travailleurs étrangers ayant existé tant à Mauzac (652e GTE) qu&#8217;à Saint-Astier (645e GTE), il est probable que l&#8217;on destinait aux prisonniers de guerre allemands les baraquements dans lesquels avaient logé les Espagnols.</p>
<p>Bien que Mauzac ait servi provisoirement de dépôt de prisonniers allemands, le site a été définitivement écarté en raison de la proximité de l&#8217;ancienne prison militaire, devenue à partir de l&#8217;automne 1944 l&#8217;une des nombreuses « prisons de l&#8217;Épuration ». <strong>Quant au ministre de la Guerre, il envisage l&#8217;installation de ce dépôt près de Bergerac, à Creysse, dans l’ancien « camp de regroupement des unités russes ».</strong> Dans le même temps, le préfet apprend que <em>« le Ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés a renoncé à l&#8217;utilisation du camp de Brantôme pour l&#8217;hébergement de réfugiés étrangers »</em>.</p>
<p>C&#8217;est donc à Brantôme, « la Venise verte du Périgord », à mi-chemin entre Périgueux et Nontron, que <strong>le « Dépôt des prisonniers de guerre de l&#8217;Axe n° 125 » est créé</strong>. Le camp occupe tout le côté droit de la route de Thiviers (avenue André Maurois), du chemin conduisant à Puymarteau et au Pigeonnier jusqu&#8217;à la ferme jouxtant l&#8217;actuelle <em>Hostellerie du Périgord Vert</em>.</p>
<p><a><img class="aligncenter size-full wp-image-10753" title="siege-415e-CGPG-brantome-mai-1946" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/siege-415e-CGPG-brantome-mai-1946.jpg" alt="Au siège de la 415e compagnie de garde des prisonniers de guerre du dépôt n°125 de Brantôme en mai 1946." width="615" height="354" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-small;">Au siège de la 415e CPG (Compagnie de garde des prisonniers de guerre) stationnée à Brantôme, mai 1946.<br />
De gauche à droite : Pierre Garen, sergent-chef, Ranti, cuisinier, et les gardes Dardy et Blond.<br />
Les cuisines sont à gauche et les dortoirs à droite. Ce cantonnement était situé non loin du cimetière de Brantôme.</span></p>
<h3>Les cadres du dépot n° 125 et de la 415e CGPG</h3>
<p><strong>Le commandement est tout d&#8217;abord assuré par le capitaine Guyonnet, puis par le commandant Crosnier.</strong> Le cadre permanent est formé d&#8217;un officier de détail, le <strong>sous-lieutenant Raynaud</strong> ; d&#8217;un officier de main-d&#8217;œuvre, le <strong>sous-lieutenant Hugues</strong> et d&#8217;un responsable du Service matériel, l&#8217;<strong>adjudant-chef Avenel</strong>. <strong>La surveillance est confiée à la 415e compagnie de garde des prisonniers de guerre</strong>, issue de la 126e stationnée à Brive. Le commandant de compagnie est le <strong>lieutenant Richelet</strong>. Il a pour adjoint le <strong>sous-lieutenant Ruel</strong>. <strong>L&#8217;effectif approche les 4 000 prisonniers</strong>, groupés en commandos de 50 hommes au minimum.</p>
<p>Le nombre de prisonniers de guerre allemands cantonnés au siège du dépôt, à Brantôme, n&#8217;excède pas la centaine. La grande majorité des prisonniers est employée comme main-d&#8217;œuvre sur les nombreux chantiers répartis dans le département. Ceux des Allemands restés au dépôt seront logiquement <strong>requis pour les travaux de terrassement de la stèle du champ des martyrs de Brantôme</strong> qui commémore le massacre des 26 fusillés (25 otages de la prison de Limoges, dont Georges Dumas, père de l&#8217;avocat et ancien ministre Roland Dumas, ainsi qu&#8217;un jeune Brantômais nommé Émile Avril, arrêté par hasard alors qu&#8217;il revenait d&#8217;un match de football) <strong>en représailles de l&#8217;attentat commis par la Résistance contre trois officiers SS circulant en voiture et qui a coûté la vie à deux d&#8217;entre eux.</strong></p>
<p><a></p>
<h3>Le témoignage de Pierre Garen</h3>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/pierre-garen-sous-officier-au-415e-brantome.jpg" alt="Pierre Garen en tenue d&#039;enfant de troupe, à la 415e compagnie de garde des prisonniers de guerre stationnée à Brantôme, en mars 1946." title="pierre-garen-sous-officier-au-415e-brantome" width="134" height="339" class="alignleft size-full wp-image-10781" /></a></p>
<p>Peu de personne se souviennent de l’existence de ce dépôt de prisonniers de guerre.<strong> Lucie Lapeyre</strong>, de Brantôme, et <strong>Pierre Garen</strong>, de Nontronneau (photo ci-contre), sont les seuls témoins que j&#8217;ai pu rencontrer. Ancien élève de l’école militaire d’enfants de troupe d’Audinac les Bains (Ariège), <strong>Pierre Garen vient d’être nommé sergent-chef quand il arrive à la 415e compagnie de Brantôme. Dans un entretien du 7 janvier dernier, très aimablement, M. Garen a accepté de me livrer quelques-uns de ses souvenirs :</strong> <em>« Au début, le site ne comptait que deux baraquements, tout au plus. Le reste du cantonnement a été créé grâce à la récupération de baraques en bois provenant des chantiers de jeunesse qui se trouvaient au château de Montcheuil et à La Chapelle-Montmoreau </em>[arrondissement de Nontron]<em>… Des miradors ont été dressés à chaque extrémité du camp clos par plusieurs rangées de fil de fer barbelé… Au début, le personnel de surveillance était composé majoritairement de FFI et de quelques gardes des voies et communications </em>[GVC]<em>. Par la suite, ce sont des tirailleurs sénégalais et marocains qui sont venus prendre la relève… Le commandant du dépôt n° 125 ainsi que celui de la 145e compagnie étaient sous l’autorité du commandant d’armes de la place de Brantôme, le commandant Peyratout. C’était un ancien prisonnier de guerre qui veillait à ce que les prisonniers allemands soient traités dignement… La 145e compagnie à laquelle j’appartenais était stationnée en haut du village, près du cimetière. L’état-major occupait une villa réquisitionnée… L’intendance disposait de deux chevaux, d’une carriole militaire à quatre roues et d’une camionnette Renault… Je me souviens que l&#8217;on avait installé la morgue en hauteur, à flanc de rocher. Il y a eu plusieurs décès. Ils étaient dans un tel état quand ils arrivaient ! On allait chercher les prisonniers de guerre en Allemagne. Ils nous étaient remis par les Américains. C’est le sous-lieutenant Maurice Licoine qui était chargé de les ramener jusqu’à Brantôme… Il me semble que le dépôt de prisonniers a ensuite été déplacé en Gironde, à Saint-Médard en Jalles… »</em>.</p>
<h3>Levée de boucliers des riverains…</h3>
<p>L&#8217;installation ne va pas sans poser quelques problèmes de voisinage. À la fin du mois d&#8217;août 1945, une lettre de protestation parvient sur le bureau du préfet. <strong>La dizaine de signataires signale une situation sanitaire <em>« dangereuse et contraire à la salubrité et aux bonnes mœurs »</em>.</strong> Les récriminations portent sur trois points : <em>« <strong>En premier lieu</strong>, la vidange des cabinets d&#8217;aisance pratiquée chaque jour, ainsi que le transport de tinettes qui sont vidées dans des trous creusés dans la terre, à la limite N.Est du terrain occupé par l&#8217;autorité militaire, empuantit l&#8217;atmosphère dans un rayon de plus de 500 mètres. Ces trous demeurant des heures et parfois des journées entières à l&#8217;air libre, sans qu&#8217;aucun désinfectant (chaux vive ou autre) ne soit répandu sur la matière fécale. Les habitants du voisinage obligés de vaquer à leurs occupations, respirent ainsi des odeurs nauséabondes et les miasmes que dégage un tel foyer d&#8217;infection, au mépris des lois les plus élémentaires de l&#8217;hygiène. <strong>En second lieu</strong>, les Allemands en corvée en dehors des barbelés satisfont leurs besoins là où ils se trouvent, et s&#8217;exposent dans une tenue indécente à la vue de tous les passants sans aucune pudeur. Dans la limite du camp, ce sont les urinoirs qui ont été disposés de telle sorte que les habitants du coteau Nord se trouvent constamment en présence d&#8217;un tableau outrageant surtout pour des femmes et des jeunes filles. <strong>En troisième lieu</strong>, des coups de fusil et de mitraillettes sont fréquemment tirés par les gardiens du camp sur des Allemands maraudeurs, ce qui crée un danger permanent pour les personnes qui circulent dans cette zone… »</em></p>
<h3>Répartition de la main d&#8217;œuvre des prisonniers de guerre en Dordogne</h3>
<p><strong>Le 8 décembre 1945, le préfet préside une réunion de travail « à l&#8217;effet d&#8217;établir un plan d&#8217;ensemble d&#8217;utilisation des P.G. dans le département »</strong> au cours de laquelle il rappelle les termes d&#8217;une circulaire interministérielle en date du 29 septembre 1945 <em>« prescrivant l&#8217;emploi intensif de cette main-d&#8217;œuvre pour la reconstruction du Pays »</em>.</p>
<p><a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/Camp-de-PG-allemands-à-Brantôme-Sud-Ouest.jpg" alt="Titre d&#039;une brochure invitant les maires des communes de Dordogne à employer des prisonniers de guerre allemands" title="Camp de PG allemands à Brantôme Sud-Ouest" width="350" height="370" class="alignright size-full wp-image-10775" /></a></p>
<p><strong>À la date du 8 décembre, le département de la Dordogne emploie 3 715 prisonniers de guerre, répartis de la manière suivante :</strong> <br />
Agriculture : <strong>1 995</strong> <br />
Forestage : <strong>209</strong> <br />
Houillères : <strong>124</strong> <br />
Mines et carrières : <strong>69</strong> <br />
Travaus publics – Génie civil : <strong>411</strong> <br />
Reconstruction : <strong>93</strong> <br />
Transports (C.F.D. pour Chemins de fer départementaux de la Dordogne) : <strong>6</strong> <br />
Industries mécaniques et électriques : <strong>2</strong> <br />
Industries agricoles – Distilleries : <strong>14</strong> <br />
Divers : <strong>95</strong> <br />
<strong>Services militaires :</strong> <br />
Matériel : <strong>49</strong> <br />
Poudres : <strong>114</strong> <br />
Intendance : <strong>52</strong> <br />
Santé : <strong>23</strong> <br />
Divers : <strong>10</strong> <br />
Dépôt (Services généraux) : <strong>30</strong> </p>
<p><strong>La Poudrerie de Bergerac emploie à elle seule 110 prisonniers, tandis qu&#8217;environ 300 autres sont occupés dans la région des Eyzies aux travaux d&#8217;assèchement de la Vallée des Beunes.</strong> Ces derniers avaient été précédés par des travailleurs espagnols puis indochinois… <strong>c&#8217;est dire si la Dordogne doit beaucoup aux travailleurs étrangers !</strong></p>
<p><strong>Un contingent supplémentaire de 1 000 prisonniers de guerre est attendu, tandis que 3 000 autres sont demandés…</strong> <em>« Une grande partie étant utilisée aux travaux agricoles, on pourrait envisager le retrait d&#8217;un certain nombre de ces derniers pour les affecter à la reconstruction, d&#8217;autant qu&#8217;ils peuvent être remplacés par des travailleurs étrangers (Polonais, Tchèques, Yougoslaves) attendus en France. Toutefois cette opération soulèverait de grosses difficultés ; actuellement près de 2 000 P.G. sont employés dans l&#8217;agriculture, 400 demandes sont encore en instance, et l&#8217;agriculture en absorbera facilement 1 200 de plus. Les P.G. donnent entière satisfaction aux cultivateurs qui hésiteront à prendre des étrangers dont certains viennent avec leurs familles. »</em></p>
<h3>Pour aller plus loin…</h3>
<p>Dans un prochain article, je reviendrai sur les conditions de travail de ces prisonniers de guerre allemands ainsi que sur la façon dont ils ont été perçus par la population locale.</p>
<p><strong>Pour en savoir plus sur les dépôts de prisonniers de guerre</strong>, je recommande le site très bien documenté de Jean-Paul Louvet : <a href="http://bastas.pagesperso-orange.fr/pga/camps-francais/listecamps.htm#12" target="_blank">lien</a>.<br />
<strong>Sources</strong> (à l&#8217;exception du témoignage de Pierre Garen) : Archives départementales de la Dordogne, 1 W 567.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;Enfermements. Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle)&#160;&#187; : colloque et publication</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Jan 2012 22:30:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉS]]></category>
		<category><![CDATA[Dernières parutions]]></category>
		<category><![CDATA[abbaye de Clairvaux]]></category>
		<category><![CDATA[Élisabeth Lusset]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Laurentin]]></category>
		<category><![CDATA[Enfermements. Le cloître et la prison]]></category>
		<category><![CDATA[Isabelle Heullant-Donat]]></category>
		<category><![CDATA[Julie Claustre]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Réclusion, claustration, emprisonnement, incarcération, détention, internement, isolement&#8230; Les mots synonymes d’enfermement sont aussi nombreux que les réalités auxquelles renvoie la notion. Ils illustrent les pistes, nombreuses, ouvertes aux spécialistes des sciences humaines et sociales en général, et aux historiens en particulier. Le mardi 7 février 2012 à 18 h. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-10725" title="enfermement-cloitre" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/enfermement-cloitre.jpg" alt="Ancienne abbaye de Clairvaux, éditions Gaud" width="350" height="350" /></p>
<blockquote><p><strong>Réclusion, claustration, emprisonnement, incarcération, détention, internement, isolement&#8230;</strong> Les mots synonymes d’enfermement sont aussi nombreux que les réalités auxquelles renvoie la notion. Ils illustrent les pistes, nombreuses, ouvertes aux spécialistes des sciences humaines et sociales en général, et aux historiens en particulier.</p>
<p>Le mardi <strong>7 février 2012</strong> à 18 h. 30, au Collège des Bernardins (20 rue de Poissy &#8211; 75005 Paris), l’association <em>Renaissance de l’abbaye de Clairvaux</em> et les <em>Publications de la Sorbonne</em> présenteront <em><strong>Enfermements. Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle)</strong></em>, ouvrage dirigé par Isabelle Heullant-Donat, Julie Claustre et Élisabeth Lusset. La présentation prendra la forme d’un <strong>débat entre Dominique Iogna-Prat</strong> (directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS) <strong>et Denis Salas</strong> (magistrat, secrétaire général de l’association française pour l’histoire de la Justice), <strong>débat animé par Emmanuel Laurentin</strong> de <em>La Fabrique de l’Histoire</em> (France Culture).</p>
</blockquote>
<h3>À propos du colloque qui a donné lieu à la publication…</h3>
<p>L’ouvrage présenté fait suite au colloque <strong><em>« Enfermements. Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle) »</em></strong>, organisé à Troyes, à l’abbaye de Clairvaux et à Bar-sur-Aube, du 22 au 24 octobre 2009.</p>
<p><strong>L’idée d’organiser un colloque sur ce thème est née de l’intérêt pour les Ordres religieux apparus en Occident aux XIIe</strong> (Ordres religieux militaires) <strong>et XIIIe siècles</strong> (Ordres Mendiants), qui proposent à leurs membres une vie partagée entre le siècle et la clôture, mettent en place un contrôle accru de celle-ci (système des visites, instance centralisée du chapitre général) et révèlent ainsi un changement d’attitude, tant dans l’appréhension du monde que dans la manière de considérer la perfection spirituelle et l’idéal de vie chrétienne.</p>
<p><strong>Ces évolutions devaient être mises en perspective avec la valeur (préventive, punitive, préservative, coercitive&#8230;) de l’enfermement dans les sociétés occidentales</strong>, telles qu’elles apparaissent avant l’époque du « grand renfermement ». Clausura religieuse et enfermement répressif sont en effet <strong>deux versants d’une même pratique de contention des corps entre des murs</strong>. Des travaux récents chez les antiquisants, les médiévistes et les modernistes montrent que ce champ d’investigation est très fécond et revêt une authentique dimension internationale.</p>
<p>Certes, on disposait de deux synthèses d’histoire générale des prisons et de collectifs sur la réclusion féminine. Mais <strong>il apparaissait nécessaire d’établir des liens d’une part entre des recherches très dispersées en historiographies nationales et en spécialités</strong> (droit romain, droit canon, histoire religieuse, histoire sociale, histoire culturelle, etc.), <strong>mais aussi et surtout entre des recherches qui dissociaient les lieux d’étude</strong> (le monastère ou le béguinage, la prison, l’hôpital&#8230;). En effet, les questions des conditions de vie en milieu clos, de la valeur de l’enfermement et des résultats qu’on en escompte sont probablement liées au sein d’une société donnée. <strong>Les travaux désormais anciens de Michel Foucault (1975) suscitèrent en leur temps une forte polémique, irritant grandement nombre d’historiens</strong> ; mais en suggérant l’existence de pratiques communes dans des lieux et des institutions divers, <strong>ils ouvrirent des perspectives qui ont été diversement explorées selon les périodes et les écoles historiques</strong>.</p>
<p><strong>L’objectif était donc triple :</strong> Tout d’abord, tirer les enseignements de trois décennies d’études sur l’« archéologie de la privation de liberté » ; ensuite, établir des ponts entre Antiquité, Moyen Âge et Époque moderne afin de réévaluer la notion de « modernité » à travers ce prisme ; enfin, retrouver la profondeur historique d’un champ de pratiques qui connaît un renouvellement radical dans toutes les pénologies du monde occidental.</p>
<p><strong>Par une réflexion sur les enfermements, punitifs ou non, forcés ou volontaires, séculiers ou monastiques, il s’agissait d’étudier, en tant que telle et dans son historicité, la clôture, les attentes que l’on place en elle, les valeurs qu’elle recèle, les objectifs qu’on lui assigne, les formes qu’elle prend.</strong> Ce croisement entre les histoires de l’enfermement répressif et celles de l’enfermement sanctificateur, qui s’ignorent trop souvent, peut-il aboutir à des vues cavalières sur une histoire commune de la clôture ? La récurrence des politiques de rétablissement de la clôture dans l’histoire des communautés religieuses aurait-elle une résonance séculière, par exemple à la fin du XIIIe siècle et au XVIIe siècle ? Trois volets thématiques ont été proposés à l’étude pour des contributions en forme de bilans synthétiques, qui ont ensuite donné lieu à la publication que l&#8217;on sait.</p>
<p>Enfin, dans une perspective de sociologie historique de l’enfermement, on a cherché à définir quelles populations (statuts socio-économiques, genres) sont particulièrement exposées aux diverses formes d’enfermement&#8230;</p>
<p>Lire la suite sur <em><strong>Nomodôs</strong></em>, blog d&#8217;actualités de <strong><a href="http://nomodos.blogspot.com/2009/08/colloque-enfermements-le-cloitre-et-la.html" target="_blank">Clio@Thémis</a></strong>, e-revue d&#8217;histoire du droit.</p>
<p><a><img class="aligncenter size-full wp-image-10729" title="enfermements-le-cloitre-et-la-prison-livre" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2012/01/enfermements-le-cloitre-et-la-prison-livre.jpg" alt="Enfermements. Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle), dirigé par Isabelle Heullant-Donat, Julie Claustre et Élisabeth Lusset, paru aux Publications de la Sorbonne en 2011" width="400" height="568" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-small;"><em>Enfermements. Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle)</em>, Isabelle Heullant-Donat, Julie Claustre et Élisabeth Lusset (dir.), Paris, Publications de la Sorbonne, 2011. 376 pages, 16 x 24 cm. 35 euros. ISBN :  978-2-85944-673-4</span></p>
<h3>Présentation du livre par les Publications de la Sorbonne</h3>
<p>Dès le Moyen Âge, le claustrum et le carcer, le cloître et la prison, ont été associés. Exaltant l’ascèse monastique, <strong>Bernard de Clairvaux, pour ne citer que lui, comparait déjà le monastère à une prison ouverte, où seule la crainte de Dieu retenait les moines.</strong> Aujourd’hui, les liens entre cloître et prison sont encore perceptibles dans le site exceptionnel de Clairvaux, ancienne abbaye cistercienne fondée au XIIe siècle et transformée en centre pénitentiaire au XIXe siècle. Dans les années 1960-1970, penseurs des institutions répressives et historiens du monachisme ont âprement polémiqué sur l’analogie entre cloître et prison. <strong>Afin de dépasser les apories de ces controverses et de renouer les fils du dialogue interrompu entre historiens du cloître et historiens de la prison, cet ouvrage propose une histoire commune des deux enfermements.</strong> Il explore les conceptions et les valeurs associées à l’enfermement, les particularités de la vie en milieu clos, la sociologie des groupes exposés à l’enfermement, dans l’ensemble de l’Europe, de l’Espagne à la Saxe et de l’Angleterre à l’Italie, entre le VIe siècle et le XVIIIe siècle. Faisant appel aux meilleurs spécialistes internationaux de ces questions, il privilégie les vues synthétiques plutôt que les études de cas. Il dessine enfin les renouvellements historiographiques intervenus depuis quatre décennies dans les domaines de l’histoire du droit, de l’histoire sociale et de l’histoire religieuse.</p>
<h3>Table des matières :</h3>
<p>Jean-François Leroux &#8211; <em>Avant-propos</em><br />
Isabelle Heullant-Donat, Julie Claustre, Élisabeth Lusse &#8211; <em>Introduction</em></p>
<p><strong>Conceptions et valeurs de l’enfermement</strong></p>
<p>Julia Hillner &#8211; <em>L’enfermement monastique au VIe siècle</em><br />
Megan Cassidy-Welch &#8211; <em>Incarcération du corps et libération de l’esprit : un motif hagiographique</em><br />
Elsa Marmursztej &#8211; <em>Issues obligatoires. Clôture et incarcération dans la pensée scolastique des XIIIe-XIVe siècles</em><br />
Julie Claustre &#8211; <em>Les prisonniers « desconfortés ». Les littératures de la prison au bas Moyen Âge</em><br />
Elizabeth Makowski &#8211; <em>L’enfermement des moniales au Moyen Âge. Débats autour de l’application de la décrétale Periculoso</em><br />
Daniel-Odon Hurel &#8211; <em>La prison et la charité. Les enjeux contradictoires de l’enfermement pour faute grave dans l’ordre de Saint-Benoît à l’époque moderne</em></p>
<p><strong>Vivre en milieu clos</strong></p>
<p>Gregoria Cavero Domíngue &#8211; <em>L’hôtellerie et sa projection sur la clôture monastique. La tradition médiévale hispanique</em><br />
Élisabeth Lusset &#8211; <em>Entre les murs. L’enfermement punitif des religieux criminels au sein du cloître (XIIe-XVe siècles)</em><br />
Romain Telliez &#8211; <em>Geôles, fosses, cachots… Lieux carcéraux et conditions matérielles de l’emprisonnement en France à la fin du Moyen Âge</em><br />
Louis de Carbonnières &#8211; <em>Prison ouverte, prison fermée. Les règles procédurales de la détention préventive sous les premiers Valois devant la chambre criminelle du parlement de Paris</em><br />
Camille Dégez &#8211; <em>Les conditions de vie en prison à l’époque moderne. L’exemple de la Conciergerie</em><br />
Falk Bretschneider &#8211; <em>Enfermements : circulation et croisement des pratiques dans l’espace germanique à l’époque moderne</em></p>
<p><strong>Objectifs et usages sociaux des enfermements</strong></p>
<p>Sylvie Joye &#8211; <em>Les monastères féminins du haut Moyen Âge : rempart ou prison ?</em><br />
Anna Benvenuti &#8211; <em>Cellanae et reclusae dans l’Italie médiévale. Modèles sociaux et comportements religieux</em><br />
Marie-Élisabeth Henneau &#8211; <em>Les débats relatifs à la clôture des moniales aux XVIIe et XVIIIe siècles. Discours croisés entre deux mondes</em><br />
Marie-Claude Dinet-Lecomte &#8211; <em>Les faux-semblants et les avatars de l’enfermement à l’époque moderne</em><br />
Véronique Beaulande-Barrau &#8211; <em>« Au pain de douleur et à l’eau de tristesse ». Prison pénale, prison pénitentielle dans les sentences d’officialité à la fin du Moyen Âge</em><br />
James B. Given &#8211; <em>Dans l’ombre de la prison. La prison de l’Inquisition dans la société languedocienne</em><br />
Guy Geltner &#8211; <em>La prison urbaine. Pratiques civiques, discours religieux et enjeu social</em></p>
<p>Claude Gauvard &#8211; <em>Conclusions</em>.</p>
<h3>Informations pratiques :</h3>
<p>Isabelle Heullant-Donat, Julie Claustre et Élisabeth Lusset (dir.), <br />
<strong><em>Enfermements. Le cloître et la prison (VIe-XVIIIe siècle)</em></strong>, Paris, Publications de la Sorbonne, 2011. <br />
376 pages, 16 x 24 cm. 35 euros. ISBN :  978-2-85944-673-4</p>
<p>L&#8217;avant-propos et l&#8217;introduction sont accessibles ici : <a href="http://www.univ-paris1.fr/fileadmin/Publi_Sorbonne/673_VDP_Enfermements.pdf" target="_blank">lien</a>.</p>
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		<title>Règlement général pour la discipline intérieure de la colonie agricole de Jommelières (1891)</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Dec 2011 16:53:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dernières parutions]]></category>
		<category><![CDATA[VARIA]]></category>
		<category><![CDATA[bagne pour enfants]]></category>
		<category><![CDATA[colonie agricole de Jommelières]]></category>
		<category><![CDATA[colonie pénitentiaire]]></category>
		<category><![CDATA[Javerlhac]]></category>
		<category><![CDATA[règlement général pour la discipline intérieure]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 16 août 1876, le ministre de l&#8217;Intérieur autorisait Louis Victor Masse à ouvrir une maison pour &#8216;l&#8217;éducation de l&#8217;enfance coupable ou abandonnée&#8217;. Elle comptait 200 colons en 1888. Pour chacun d&#8217;eux l&#8217;état versait une allocation journalière de 0,75 franc qui fut portée à 0,85 franc en mai 1898. Pourtant, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel='prettyPhoto[gallery1]'><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/couverture-reglement-colonie-jommelieres.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/reglement_general_colonie-jommelieres.jpg" alt="Règlement général de la colonie agricole de Jommelières par Javerlhac en Dordogne" title="reglement_general_colonie-jommelieres" width="350" height="350" class="alignright size-full wp-image-10683" /></a></p>
<blockquote><p><em>Le 16 août 1876, le ministre de l&#8217;Intérieur autorisait <strong>Louis Victor Masse</strong> à ouvrir <strong>une maison pour &#8216;l&#8217;éducation de l&#8217;enfance coupable ou abandonnée&#8217;</strong>. <strong>Elle comptait 200 colons en 1888</strong>. Pour chacun d&#8217;eux l&#8217;état versait une allocation journalière de 0,75 franc qui fut portée à 0,85 franc en mai 1898. Pourtant, à cette date, de l&#8217;avis même du sous-préfet de Nontron, <strong>le trousseau se révélait d&#8217;une pauvreté inadmissible</strong>. Les jeunes gens ne portaient qu&#8217;un tricot de coton à même la peau, une chemise, un bourgeron en treillis, un pantalon et des sabots. Ils compensaient l&#8217;absence de bretelles par l&#8217;emploi de cordes de paille qui ne pouvaient maintenir le pantalon au-dessus des hanches, d&#8217;où un aspect continuellement déguenillé. <br />
<strong>Un règlement très minutieux organisait la vie quotidienne à la colonie où l&#8217;ordre et la régularité des services devaient se rapprocher le plus possible de la discipline militaire.</strong> D&#8217;ailleurs, sur les six gardiens chargés en 1891 de veiller au maintien de cette discipline, quatre venaient de l&#8217;armée.<br />
Aux yeux des habitants de la commune <strong>les gardiens apparaissaient même tous comme des brutes dont les colons cherchaient constamment à se venger</strong>. Il est vrai que les punitions étaient non seulement fréquentes mais aussi très sévères : réprimande, pain sec à un ou deux repas, coucher en cellule, peloton de punition qui consistait outre le port de vêtements spéciaux, dans la privation de récréation après le repas du matin et de sortie les dimanches et les jours fériés, la cellule où l&#8217;on couchait sur une planche avec une seule couverture, le cachot ou cellule noire, et enfin, la proposition d&#8217;envoi en quartier correctionnel…</em></p>
</blockquote>
<p><span style="font-size: x-small;">Extraits de l&#8217;ouvrage de Pierre Pageot, <strong><em>&laquo;&nbsp;Enfants sans parents &#8211; Les enfants trouvés en Limousin-Périgord&nbsp;&raquo;</em></strong>, L&#8217;Harmattan, 1995.</span></p>
<h3>Règlement général pour la discipline intérieure de la colonie agricole de Jommelières</h3>
<p>« Tous les efforts de la Direction et de MM. les surveillants devront tendre à établir et maintenir dans la Colonie une discipline, un ordre et une régularité dans les services se rapprochant de la discipline militaire autant que cela est compatible avec les exigences si variées des travaux agricoles.<br />
Ainsi tout en reconnaissant que par suite de ces imprévus les ordres de service pourront parfois se trouver brusquement modifiés, il faut bien se pénétrer qu&#8217;il est des principes absolus dont on ne devra se départir sous aucun prétexte. »</p>
<p><a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/colonie-penitentiaire-saint-hilaire-5.jpg" alt="Classe d&#039;école d&#039;une colonie pénitentiaire agricole. Photo Ministère de la Justice - ENPJJ. Expo Criminocorpus" title="colonie-penitentiaire-saint-hilaire-5" width="450" height="328" class="aligncenter size-full wp-image-10694" /></a></p>
<p><strong><em>De la soumission et du respect dûs aux supérieurs.</em></strong><br />
« Les colons doivent une obéissance et une soumission passives à tout ordre émanant d&#8217;un supérieur, quand bien même ce serait un de leurs camarades, gradé ou non, et cela dès l&#8217;instant ou celui-ci aurait été investi d&#8217;une autorité quelconque pour un service commandé.<br />
Toute réponse quelle qu&#8217;elle soit à une observation ou à une réprimande faite par un supérieur, sera sévèrement punie. La moindre tolérance à cet égard engendrerait des abus toujours difficiles à réprimer, et changerait souvent en faute grave ; ce qui au début n&#8217;aurait été qu&#8217;une simple pécadille.<br />
Tout enfant qui aurait à se plaindre de quoi que ce soit ne doit pas hésiter à s&#8217;adresser à M. le Directeur. Les réclamations collectives ne pourront être présentées que par 3 Brigadiers délégués à cet effet par leurs camarades. »</p>
<p><strong><em>Du Salut.</em></strong><br />
« Les colons doivent saluer chaque fois qu&#8217;ils passent devant le Directeur, une personne de la famille, un surveillant ou une personne visitant la colonie. Si quelqu&#8217;un vient à leur parler, soit pour leur donner un ordre, soit pour toute autre cause, ils doivent garder leur casquette à la main. S&#8217;ils sont assis soit en classe, soit au réfectoire, soit en récréation ils doivent se lever pour saluer et ne se rasseoir que lorsque l&#8217;on leur dit.<br />
Cette règle ne supportera d&#8217;exception que pendant les heures de travail et vis-à-vis seulement du surveillant de service ; elle s&#8217;appliquera à toute autre personne ci-dessus désignée et qui viendrait accidentellement sur le chantier. »</p>
<p><a><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/colonie-penitentiaire-saint-hilaire-3.jpg" alt="Travaux punitifs à la colonie pénitentiaire : la casse des cailloux. Photo Ministère de la Justice - ENPJJ. Exposition visible sur le site Criminocorpus." title="colonie-penitentiaire-saint-hilaire-3" width="450" height="307" class="aligncenter size-full wp-image-10696" /></a></p>
<p><strong><em>De la grossièreté de langage.</em></strong><br />
« Toute parole grossière, ordurière ou obscène, tous jurements prononcés même en riant ou en jouant, seront sévèrement punis. »</p>
<p><strong><em>Du silence en service.</em></strong><br />
« Le silence absolu est de rigueur<br />
1° sur les rangs pendant les appels et inspections<br />
2° au dortoir après le coucher<br />
3° dans la salle d&#8217;école.<br />
Au réfectoire ainsi que dans la salle d&#8217;école, les colons doivent toujours avoir la tête découverte. »</p>
<p><strong><em>De la propreté individuelle.</em></strong><br />
« La propreté individuelle étant une des premières conditions de l&#8217;hygiène, on veillera à ce que les colons en contractent une habitude sérieuse.<br />
Le matin au lever les colons doivent se laver avec soin ; les manches de la chemise relevées au-dessus du coude, le col ouvert et rabattu sur les épaules.<br />
Le dimanche matin, ils quittent la chemise pour se laver à fond la tête et les épaules. Avant chaque repas M. le surveillant de service passera l&#8217;inspection des mains ; les colons qui se feront remarquer par une malpropreté habituelle seront signalés au rapport et punis. »</p>
<p><a><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/colonie-penitentiaire-saint-hilaire-4.jpg" alt="" title="Office religieux à la colonie pénitentiaire : la casse des cailloux. Photo Ministère de la Justice - ENPJJ. Exposition visible sur le site Criminocorpus." width="450" height="304" class="aligncenter size-full wp-image-10698" /></a></p>
<p><strong><em>Des dortoirs et salles d&#8217;intérieur.</em></strong><br />
« Les dortoirs, cuisines, réfectoires et autres salles d&#8217;intérieur devront toujours être tenus dans un état parfait de propreté. Les réfectoires et cuisines seront lavés au moins une fois par jour. »</p>
<p><strong><em>Des corvées.</em></strong><br />
« Les corvées de propreté sont faites chaque jour par le peloton de punition sous la surveillance du gardien de service assisté d&#8217;un brigadier. »</p>
<p><strong><em>Rapports quotidiens.</em></strong><br />
« Chaque matin le surveillant de service remet au Directeur le rapport sur la journée de la veille. Les punitions infligées pour les fautes commises et signalées sont lues devant tous les enfants réunis. »</p>
<p><strong><em>Des dénonciations entre colons.</em></strong><br />
« Les surveillants ne tolèreront pas les dénonciations individuelles entre colons. Ces dénonciations souvent fausses provoquent des animosités fâcheuses, et qui peuvent avoir des conséquences pénibles. Dans le cas d&#8217;une faute grave dont l&#8217;auteur serait inconnu, le Directeur décidera ce qu&#8217;il doit faire pour découvrir le coupable ou pour l&#8217;amener à avouer volontairement sa faute. »</p>
<p><strong><em>Récompenses et punitions.</em></strong><br />
« 1° Récompenses.<br />
Les récompenses comprennent :<br />
1° Bons points.<br />
2° Tableau d&#8217;encouragement.<br />
3° Tableau d&#8217;honneur.<br />
4° Grades.<br />
5° Propositions de libérations anticipées.<br />
6° Propositions d&#8217;engagements volontaires.</p>
<p><strong><em>1° Bons points.</em></strong><br />
Les bons points sont obtenus suivant les notes et mérites dans les différentes parties de la conduite et du travail, soit au chantier, soit à  l&#8217;école. Ces notes sont suivant l&#8217;usage : Très bien, bien, assez bien, passable, médiocre, mal, très mal.<br />
Chacune des bonnes notes a une valeur correspondante en bons points. La note très bien : 3 bons points ; bien : 2 bons points ; assez bien : 1 bon point.</p>
<p><strong><em>2° Tableau d&#8217;encouragement.</em></strong><br />
Tout colon qui, pendant 4 semaines consécutives, n&#8217;aura pas eu de notes inférieures à celles de bien sera inscrit au tableau d&#8217;encouragement. Il lui sera alors accordé :<br />
1° Une prime de 10 bons points par semaine.<br />
2° Une récompense consistant en couteaux, miroirs, billes… etc, ou tous autres objets qui peuvent lui être utiles ou agréables.<br />
La moindre punition entraîne la radiation du tableau d&#8217;encouragement auquel on ne peut revenir qu&#8217;après un nouveau stage de 4 semaines.</p>
<p><strong><em>3° Tableau d&#8217;honneur.</em></strong><br />
Tout colon qui aura figuré pendant 3 mois consécutifs au tableau d&#8217;encouragement passera u tableau d&#8217;honneur. Il lui sera alors accordé :<br />
1° Une prime de 20 bons points par semaine.<br />
2° Les galons de 1er soldat.<br />
3° La faveur d&#8217;être toujours désigné d&#8217;office pour les emplois de confiance et de figurer en tête dans les occasions où la colonie est appelée au dehors.</p>
<p><strong><em>4° Grades.</em></strong><br />
Les brigadiers sont toujours choisis parmi les enfants inscrits au tableau d&#8217;honneur ; ils portent un galon supplémentaire, ils sont chargés de la surveillance de leurs brigades pour certains services spéciaux et ils en ont alors la responsabilité. La prime hebdomadaire qui leur est accordée est de 15 bons points. Le nombre des brigadiers se trouvant forcément limité par celui de l&#8217;effectif général, la nomination à ce grade est laissée à la seule appréciation du Directeur.</p>
<p><strong><em>5° et 6° Propositions de libérations anticipées ou d&#8217;engagements volontaires.</em></strong><br />
Monsieur le Directeur proposera à M. le Ministre de libérer par anticipation ou d&#8217;autoriser à s&#8217;engager dans l&#8217;armée tout colon qui aura figuré au tableau d&#8217;honneur pendant 10 mois consécutifs.<br />
Cependant cette proposition ne pourra être faite qu&#8217;autant que l&#8217;enfant réunira d&#8217;ailleurs les conditions prescrites par le règlement général, c&#8217;est-à-dire : savoir lire, écrire et calculer, avoir fait sa première communion. »</p>
<p><a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/colonie-penitentiaire-saint-hilaire-2.jpg" alt="Séance d&#039;exercices physiques à la colonie pénitentiaire : la casse des cailloux. Photo Ministère de la Justice - ENPJJ. Exposition visible sur le site Criminocorpus." title="colonie-penitentiaire-saint-hilaire-2" width="450" height="290" class="aligncenter size-full wp-image-10699" /></a></p>
<p><strong><em>Punitions.</em></strong><br />
« Les punitions se divisent ainsi :<br />
1° Réprimandes<br />
1° Pain sec &#8211; 1 repas ou 2 repas.<br />
3° Salle de police (coucher en cellule)<br />
4° Peloton de punition.<br />
5° Cellule.<br />
6° Cachot (cellule noire).<br />
7° Proposition d&#8217;envoi en quartier correctionnel.<br />
Le peloton de punition consiste dans le port de vêtements spéciaux mi-partie blanc et bleu, 2° dans la privation de récréation après le repas du matin, 3° dans la privation de sortir les dimanches et jours fériés. Ce jours-là, les enfants du peloton sont mis de 9 h. du matin à 6 h. du soir dans une salle spéciale sous la surveillance d&#8217;un gardien. Ils sont astreints à marcher en file indienne en en silence avec repos successifs de 20 minutes après chaque 40 minutes de marche. Le régime alimentaire est d&#8217;ailleurs le même que celui de tous les autres colons.<br />
Pour être mis au peloton de punition il faut avoir commis une faute grave, ou bien avoir été punis pendant 4 semaines consécutives, ou enfin être réintégré d&#8217;évasion.<br />
Tout enfant qui étant au peloton se fait punir dans le courant d&#8217;une semaine y sera maintenu la semaine suivante.</p>
<p><strong><em>5° Cellule.</em></strong><br />
La mise en cellule n&#8217;est prononcée que pour des motifs très graves. Ceux qui en sont punis reçoivent également la même nourriture que leurs camarades mais ils couchent sur la planche et n&#8217;ont qu&#8217;une seule couverture. »</p>
<p><strong><em>Pécule.</em></strong><br />
« Ainsi qu&#8217;on l&#8217;a vu plus haut, en outre des privilèges qui leurs sont attachés, toutes les récompenses se traduisent par un nombre déterminé de bons points.<br />
Ce son ces bons points qui, par leur transformation en argent, doivent constituer le pécule du jeune détenu. À cet effet, une valeur de : un centime est attribué à chaque bon point. L&#8217;enfant ayant, je suppose, 5 notes bien dans une semaine pour son travail et sa conduite et pour l&#8217;école sera donc titulaire de dix centimes ; si, de plus, il est au tableau d&#8217;encouragement, cela lui en fera vingt ; si enfin il est au tableau d&#8217;honneur et gradé, cela lui représentera une somme de quarante cinq centimes qui sera portée à son compte chaque semaine.<br />
Le pécule ainsi constitué est irréductible ; aucune retenue ne peut l&#8217;atteindre dans aucun cas et il sera remis intégralement remis au colon le jour de son départ. Il n&#8217;y a que le fait d&#8217;évasion qui entraîne l&#8217;annulation du pécule et cela : conformément à l&#8217;article 99 du Règlement général.<br />
Le colon es trouve donc ainsi seul maître du pécule qu&#8217;il saura gagner, puisque les bons points destinés à constituer ce pécule dépendent uniquement de son travail et de sa conduite. »</p>
<p><strong><em>Emploi du temps.</em></strong><br />
« 1er jours ouvriers.</p>
<p><a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/colonie-penitentiaire-saint-hilaire-1.jpg" alt="Travaux agricoles dans une colonie pénitentiaire" title="colonie-penitentiaire-saint-hilaire-1" width="350" height="350" class="alignleft size-full wp-image-10688" /></a></p>
<p>Matin &#8211; 5 heures &#8211; Réveil. Les enfants se lèvent, s&#8217;habillent et font leurs lits.<br />
5 h. 1/2 &#8211; Sortie des dortoirs.<br />
5 h. 1/2 à 6 h. &#8211; Étude pour apprendre les leçons.<br />
6 h. à 8 h. &#8211; Classe pour M. l&#8217;instituteur, leçons particulières pour les élèves musiciens. Corvées de propretés faites ainsi qu&#8217;il a été dit précédemment.<br />
8 h. &#8211; Rapport journalier, déjeuner.<br />
8 h. 1/2 &#8211; Récréation.<br />
9 h. &#8211; Appel sur les rangs, distribution du pain de collations, distribution du travail, départ pour les chantiers.<br />
Soir &#8211; 2 h. à 3 h. &#8211; Collation et repos.<br />
3 h. &#8211; Reprise du travail.<br />
6 h. &#8211; (suivant les saisons) Rentrée à la colonie, appel, souper.<br />
7 h. à 9 h. 1/2 &#8211; (suivant les saisons) École.<br />
9 h. 1/2 &#8211; Coucher. »</p>
<p><strong><em>Dimanches et jours fériés.</em></strong><br />
« Matin &#8211; 6 h. &#8211; Lever.<br />
6 h. 1/2 &#8211; Descente des dortoirs, lavage des pieds.<br />
7 h. &#8211; Exercices physiques conformes aux écoles primaires.<br />
8 h. &#8211; Rapport, déjeuner et récréation.<br />
9 h. Conférence civique par l&#8217;instituteur.<br />
9 h. 1/2 &#8211; Changement de linge et de vêtements.<br />
10 h. &#8211; Inspection et départ pour la messe.<br />
Midi 1/2 &#8211; Manœuvre militaire.<br />
1 h. &#8211; Récréation.<br />
1 h. 1/2 Collation.<br />
2 h. &#8211; Inspection et départ pour les Vêpres ou pour promenade militaire.<br />
4 h. 1/2 à 5 h. &#8211; Manœuvre militaire.<br />
5 h. &#8211; Récréation.<br />
6 h. &#8211; Souper après le souper récréation soit dans la cour soit dans la salle d&#8217;école, suivant le temps et la saison.<br />
8 h. 1/2 &#8211; Coucher.</p>
<p>Certifié conforme : <strong>Jommelières le 24 Juin 1891</strong>, le Directeur. »</p>
<h3>Sources… Pour aller plus loin :</h3>
<p><a></p>
<p><a href="http://www.criminocorpus.cnrs.fr/expos/saint-hilaire/"><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/expo_colonie_penitentiaire_saint_hilaire.jpg" alt="&quot;Sainte-Hilaire : colonie pénitentiaire [1930-1960]&quot;. Exposition réalisée par Élise Yvorel pour Criminocorpus." title="expo_colonie_penitentiaire_saint_hilaire" width="250" height="250" class="alignright size-full wp-image-10700" /></a></p>
<p>Les photos qui illustrent cet article concernent <strong>la colonie pénitentiaire de Saint-Hilaire</strong>, dans la Vienne, qui a fait l&#8217;objet d&#8217;une exposition en ligne sur le site <em><strong>Criminocorpus</strong></em>.<br />
Crédit photos : Ministère de la Justice, collection École nationale de la Protection judiciaire de la jeunesse. Reproduction interdite sans autorisation.<br />
<a href="http://www.criminocorpus.cnrs.fr/expos/saint-hilaire/" target="_blank">Exposition</a> réalisée par <strong>Élise Yvorel</strong> pour <strong><em>Criminocorpus</em></strong>.<br />
<a href="http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article421.html" target="_blank">Lien</a> vers l&#8217;article qui accompagne l&#8217;expo…</a></p>
<p>Voir également : <strong><em>Les bagnes d&#8217;enfants, une tragédie au quotidien&#8230;</em></strong> <a href="http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-les-bagnes-d-enfants-une-tragedie-au-quotidien-87723790.html" target="_blank">Lien</a><br />
Et <em><strong>Les bagnes d’enfants, histoire d’une tragédie</strong></em>. <a href="http://www.lien-social.com/spip.php?article3137&#038;id_groupe=11" target="_blank">Lien</a></p>
<p>Retrouvez sur ce blog l&#8217;article publié le 1er janvier 2011 :<br />
<strong><em>Au sujet de la prime de capture de neuf jeunes évadés de la colonie de Jommelières</em></strong>. <a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-camps/au-sujet-de-la-prime-de-capture-de-neuf-jeunes-evades-de-la-colonie-de-jommelieres-6473" target="_blank">Lien</a></p>
<p>Le <em><strong>Règlement général pour la discipline intérieure de la colonie agricole de Jommelière</strong></em> est conservé aux Archives départementales de la Dordogne, en 2 Z 402.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Noël 1947 au centre pénitentiaire de Mauzac… Poème de Camus :</title>
		<link>http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/recherches/poeme-de-noel-ecrit-au-centre-penitentiaire-de-mauzac-en-decembre-1947-10597</link>
		<comments>http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/recherches/poeme-de-noel-ecrit-au-centre-penitentiaire-de-mauzac-en-decembre-1947-10597#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 25 Dec 2011 14:18:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dernières parutions]]></category>
		<category><![CDATA[RECHERCHES]]></category>
		<category><![CDATA[Camus]]></category>
		<category><![CDATA[Centre pénitentiaire de Mauzac]]></category>
		<category><![CDATA[Fécamp]]></category>
		<category><![CDATA[Noël 1947 à Mauzac]]></category>
		<category><![CDATA[poème de Noël]]></category>

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		<description><![CDATA[Originaire de Fécamp, Camus est écroué peu après la Libération. Il est sur le point de passer son troisième Noël en Dordogne, derrière les barbelés du centre pénitentiaire de Mauzac, ancienne prison militaire. Depuis quelques mois déjà, il a entrepris de consigner ses pensées sous forme de poèmes dans un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-full wp-image-10603" title="centre-penitentiaire-mauzac.ADD" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/centre-penitentiaire-mauzac.ADD_.jpg" alt="Chemin de ronde du centre pénitentiaire de Mauzac, 1953, Archives départementales de la Dordogne, 1141 W 239" width="350" height="350" /></p>
<blockquote><p>Originaire de Fécamp, Camus est écroué peu après la Libération. Il est sur le point de passer son <strong>troisième Noël</strong> en Dordogne, <strong>derrière les barbelés du centre pénitentiaire de Mauzac</strong>, ancienne prison militaire. Depuis quelques mois déjà, il a entrepris de consigner ses pensées sous forme de poèmes dans un carnet qu&#8217;il destine à ses parents, Madeleine et Gaston Camus, à sa femme, Madeleine Camus et à leurs enfants, Janine et Yves. &laquo;&nbsp;Noël&nbsp;&raquo; est l&#8217;un de ces poèmes. <strong>Ce texte, d&#8217;une grande candeur mêlée de nostalgie, témoigne de la solitude du détenu qui se réfugie dans les souvenirs de son enfance…</strong></p>
</blockquote>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-10614" title="poeme-de-noel-mauzac-1947-1" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/poeme-de-noel-mauzac-1947-1.jpg" alt="Poème de Noël rédigé par Camus, détenu au Centre pénitentiaire de Mauzac en 1947" width="615" height="381" /></p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<h3 style="text-align: center;">NOËL</h3>
<p><em></p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">O ! Troisième Noël, Troisème nouvel AN</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Où je me trouve seul avec mes camarades !</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Au fond de nos prisons, notre cœur est malade</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Si loin de nos Parents, nos Femmes, nos Enfants !</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Qui leur dira la peine et la grande tristesse</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Nous assaillant soudain, causes de la détresse</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Où nous nous retrouvons le soir, si délaissés,</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Alors que notre esprit pense aux beaux jours passés !</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">O ! Veille de Noël ! Jour où tout se prépare,</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Où tous sont affairés, courant tout enfiévrés,</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">S&#8217;empressent, recherchent le bijou, l&#8217;objet rare,</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Le jouet, la friandise et le sapin givré !</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Devant la cheminée, s&#8217;alignent les souliers</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Car, tous, petits et grands, ont accompli le rite ;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Ils savent que Jésus donne à qui sollicite</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">D&#8217;un cœur pur et croyant, mais humble ainsi qu&#8217;il sied !</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Et quand sonne minuit, des flèches élancées,</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Le carillon joyeux s&#8217;envole, tinte et meurt</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Dans le ciel étoilé ; il nous réjouit le cœur :</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">La divine naissance, à tous, est annoncée !</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">De toutes les maisons sortent de noires ombres ;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Sur la neige, elles vont en longues files sombres ;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Toutes vont assister à l&#8217;Office Divin</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Où l&#8217;on peut consommer l&#8217;inégalable pain !</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p></em></p>
<p><a><img class="alignleft size-full wp-image-10615" title="poeme-de-noel-mauzac-1947-2" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/poeme-de-noel-mauzac-1947-2.jpg" alt="Poème de Noël rédigé par Camus, détenu au Centre pénitentiaire de Mauzac en 1947" width="615" height="382" /></a></p>
<p><em></p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Des cierges, la lumière embrase les vitraux ;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">L&#8217;orgue, les instruments et les chants les plus beaux,</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Le Prêtre à son Autel, la foule recueillie,</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Tous prie le doux Jésus et tout le glorifie !</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Dès l&#8217;<em>Ite Missa est</em>, on regagne le nid</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Bien chaud et bien douillet où toute la famille,</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Entourant les Parents, sourit et se réjouit :</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Pendant le réveillon, rires et chants pétillent.</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Aussi, pendant la fête, adieu tristes pensées</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Et soucis importuns, la joie est arrivée :</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Noël efface tout et le Divin Enfant</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Nous fait à tous des cœurs très ardents, très aimants !</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Et, dans la grande salle, un sapin magnifique</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">De mille feux scintille, étendant ses rameaux</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Surchargés de bougies et de nombreux cadeaux,</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Étonnant les enfants d&#8217;un spectacle magique !</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Dans son intimité, quelle fête bien belle !</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Douceur et amitié, bonheur et joie s&#8217;y mêlent ;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Pour moi, je suis heureux, la fêtant avec Vous :</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Famille et bons amis suffisant pour mon goût !</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Ces trois Noëls passés, pour moi, n&#8217;ont pas d&#8217;histoire,</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Mais les Noëls d&#8217;antan me viennent en mémoire,</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Le prochain suffira pour les revivre tous</p>
<p style="text-align: left; padding-left: 180px;">Et j&#8217;ai l&#8217;espoir charmant de le vivre avec Vous !</p>
<p style="text-align: center;">&#8212;</p>
<p></em></p>
<p>La consultation du registre d&#8217;écrou de la prison de Mauzac (conservé aux Archives départementales de la Dordogne, cote 1826 W 147) permet d&#8217;en savoir davantage sur CAMUS, prénommé Jean, Théophile, Eugène. Il est né le 9 septembre 1896 à Avesnes-en-Bray (Seine-Inférieure, actuelle Seine-Maritime), fils de Gaston et de Madeleine LÉGER, domicilié à Versailles et exerçant la profession de chef de bureau du contentieux général. Bénéficiant d&#8217;une mise en liberté conditionnelle délivrée le 23 octobre 1948, il quitte Mauzac ce même jour et se retire à Fécamp.</p>
<p>Ce recueil de pensées, poèmes, chants et dessins… était destiné aux proches de Jean Camus. Or ils ne l&#8217;ont jamais vu. <strong>Il est probable que le carnet a été confisqué par le service de la fouille de la prison et n&#8217;a pas été restitué à Camus lors de sa levée d&#8217;écrou. </strong>65 ans plus tard, je le remettrai volontiers à l&#8217;un des siens s&#8217;il se manifestait…</p>
<p>Les quatre pages du poème sont accessibles ici : <a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/poeme-de-noel-camus-mauzac-1.jpg" target="_blank" rel='prettyPhoto[gallery1]'>Page 1</a> &#8211; <a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/poeme-de-noel-camus-mauzac-2.jpg" target="_blank" rel='prettyPhoto[gallery1]'>Page 2</a> &#8211; <a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/poeme-de-noel-camus-mauzac-3.jpg" target="_blank" rel='prettyPhoto[gallery1]'>Page 3</a> &#8211; <a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/poeme-de-noel-camus-mauzac-4.jpg" target="_blank" rel='prettyPhoto[gallery1]'>Page 4</a></p>
<p><strong>Photo :</strong> Chemin de ronde du centre pénitentiaire de Mauzac longeant le Drayaux, 1953. <br />
Source : Archives départementales de la Dordogne, 1141 W 239.</p>
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		<title>La curieuse vie de Benjamin Appert, philanthrope, ami des bagnards</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Dec 2011 19:37:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dernières parutions]]></category>
		<category><![CDATA[DES HOMMES…]]></category>
		<category><![CDATA[bagne de Toulon]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Appert]]></category>
		<category><![CDATA[Journal Détective du 4 avril 1929]]></category>
		<category><![CDATA[philanthrope]]></category>
		<category><![CDATA[Prison de l'Abbaye]]></category>
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		<description><![CDATA[Le journal Détective du 4 avril 1929 brosse un portrait haut en couleurs du philanthrope Benjamin Appert (1797-1873), dont nous avions déjà parlé le 17 décembre dernier dans un article ayant pour titre Benjamin Appert, persona non grata dans les prisons du Royaume. Le texte qui suit évoque &#171;&#160;l&#8217;apostolat&#160;&#187; du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-30353410.html"><img class="alignright size-full wp-image-10561" title="bagnard-de-toulon" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/bagnard-de-toulon.jpg" alt="Bagnards du Haut-Rhin conduits au bagne de Toulon, dans la première partie du XIXe siècle" width="350" height="350" /></a></p>
<blockquote><p>Le journal <em><strong><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/benjamin-appert-detective-4-04-1929.jpg" target="_blank" rel='prettyPhoto[gallery1]'>Détective</a></strong></em> du 4 avril 1929 brosse un portrait haut en couleurs du philanthrope <strong>Benjamin Appert</strong> (1797-1873), dont nous avions déjà parlé le 17 décembre dernier dans un article ayant pour titre <a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-hommes/benjamin-appert-persona-non-grata-dans-les-prisons-du-royaume-6133" target="_blank"><strong><em>Benjamin Appert, persona non grata dans les prisons du Royaume</em></strong></a>. Le texte qui suit évoque &laquo;&nbsp;l&#8217;apostolat&nbsp;&raquo; du philanthrope à l&#8217;adresse des bagnards…</p>
<p>En voici quelques extraits : « Ce n&#8217;était vraiment pas un personnage banal que l&#8217;excellent Benjamin-Nicolas-Marie Appert. […] <strong>Il possédait une âme si tendre et si prompte à la pitié qu&#8217;il ne pouvait entendre parler d&#8217;un vol ou d&#8217;un crime sans être saisi d&#8217;une compassion soudaine, non pour la victime, mais pour le voleur ou le criminel.</strong> Le pauvre homme, pensait-il, poussé par la faim, la passion ou de fâcheux exemples, a enfreint les lois de la morale : il n&#8217;en est que plus à plaindre ! »…</p>
</blockquote>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-10562" title="la-curieuse-vie-de-benjamin-appert" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/la-curieuse-vie-de-benjamin-appert.jpg" alt="&quot;La curieuse vie de Benjamin Appert, l'ami des bagnards&quot; : titre du journal Détective du 4 avril 1929" width="615" height="70" /></p>
<p>« Ainsi fait, <strong>Benjamin Appert ne rêvait que visiter les prisons, les bagnes, endoctriner les malheureux, recevoir leurs confidences, les réconforter et, si le sort le voulait, les racheter, les ramener dans &#8216;le sentier de l&#8217;honneur&#8217;</strong>.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-10569" title="iappert001p1" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/benjamin-appert.jpg" alt="Benjamin Appert (1797-1873)" width="250" height="321" /></p>
<p>Son apostolat commença de bonne heure : <strong>dès 1816</strong>, il obtint d&#8217;entrer dans les maisons de détention. Il y en avait alors deux à Paris, réservées aux militaires : <strong>l&#8217;Abbaye et la prison de Montaigu</strong>, aménagée dans l&#8217;ancien collège de ce nom. Après des démarches longtemps infructueuses, Appert reçut du ministère l&#8217;autorisation de faire des conférences aux prisonniers, pour les moraliser et les distraire ; <strong>mais, comme l&#8217;autorité se défiait de ce jeune philanthrope – Appert avait à peine vingt ans – elle prescrivit que les conférences auraient lieu à 4 heures du matin.</strong> Benjamin n&#8217;était pas homme à se décourager pour cela et, au milieu de la nuit, il prenait le chemin de l&#8217;Abbaye ou de la prison de Montaigu, soutenu par la ferme conviction qu&#8217;il allait sauver une partie de l&#8217;humanité souffrante. Avait-il des auditeurs, à cette heure matinale ? Était-il écouté ? On l&#8217;ignore ; mais le fait est qu&#8217;Appert gagnait la confiance des détenus qui, chacun à son tour, venaient lui raconter leur petite histoire, toujours la même : ils étaient victimes d&#8217;une affreuse injustice…</p>
<p>Or, en 1822 – époque à laquelle sévissaient en France les conspirations militaires – deux prisonniers s&#8217;évadèrent de la prison de Montaigu. <strong>Appert, soupçonné de complicité, fut arrêté, à sa grande satisfaction : enfin, il allait pouvoir vivre la vie de la geôle ; mais, le lendemain, on le relâcha.</strong></p>
<p>Déjà, il se désolait, quand, ô bonheur ! on l&#8217;arrêta de nouveau. <strong>Il passa quelques mois – des mois délicieux, doux à son cœur – à la prison de la Force, complétant son expérience du régime pénitentiaire</strong>, se faisant des amis, imaginant des réformes, et je crains bien qu&#8217;il n&#8217;ait point su gré au tribunal de l&#8217;acquitter, faute de preuves : <strong>l&#8217;existence cloîtrée, la promenade dans le préau, le cachot, la planche, tout cela lui convenait…</strong></p>
<p>Quand il fut libre, il comprit qu&#8217;il ne pourrait plus vivre ailleurs que dans les prisons ; mais, comme il ne consentait point tout de même à voler, <strong>il se résigna au rôle de visiteur des affligés et devint une sorte de saint Vincent de Paul laïque</strong>. »</p>
<h3>Les randonnées de M. Appert</h3>
<p>« Après avoir passé en revue toutes les geôles de Paris, Appert s&#8217;en fut en province. Les cathédrales, les musées, les paysages, étaient tous devant lui comme s&#8217;ils n&#8217;étaient pas : quand il arrivait dans une ville, il demandait avant tout où se trouvait la prison et s&#8217;y rendait sans désemparer. <strong>Bientôt il fut célèbre dans ce monde obscur et claquemuré des escarpes, des tire-laine, et des égorgeurs</strong> ; on l&#8217;aimait, on le fêtait, on attendait avec impatience qu&#8217;il se montrât ; sa présence signalée à la prison de Dijon, par exemple, remplissait d&#8217;espérance le cœur des détenus de Mâcon. Un jour un condamné dit à Appert : &#8216;Ce diable de X… a bien du bonheur de s&#8217;être trouvé avec vous !&#8217; Il porte avec lui les consolations, les bonnes paroles, les plaintes, les revendications, apaise les colères.</p>
<p>Ah ! il n&#8217;a rien à craindre sur les routes de France, M. Appert ! Les détrousseurs lui feraient plutôt escorte ! &#8216;Pensez-vous, demandait-il à un de ses clients, que j&#8217;aie à redouter les voleurs nombreux dans ce pays ?&#8217; Et l&#8217;autre de répondre : &#8216;Non, non, pas du tout, dites votre nom et ça suffira, bien sûr. Il n&#8217;y a pas un de nos anciens collègues qui oserait se porter à cet excès, car il serait mal reçu des amis, lorsqu&#8217;il serait empoigné par les grippe-Jésus !&#8217;</p>
<p>Et cette popularité n&#8217;est point usurpée : <strong>le bon Benjamin ne néglige rien et le moindre &#8216;violon&#8217; de village attire autant son attention que l&#8217;immense prison d&#8217;Embrun</strong>, où sont rassemblés les individus les plus dangereux du Sud-Est. Une vaine curiosité ne le fait point agir ; il accomplit un pèlerinage aux &#8216;lieux infâmes&#8217; et, nouveau Dante, décrit les cercles de cet enfer. »</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-10573" title="le-bagne-de-toulon-en-1830" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/le-bagne-de-toulon-en-1830.jpg" alt="Le bagne de Toulon, illustration de l'article consacré à Benjamin Appert dans Détective du 4 avril 1929." width="615" height="453" /></p>
<p>« Il partage le repas des prisonniers, couche sur leur paille, confesse les coupables, intercède en leur faveur auprès des autorités, paye quelques douceurs, distribue clandestinement du tabac, et, quand viennent les &#8216;heures dures&#8217;, il est là : <strong>si l&#8217;on ferre les forçats, il se trouve au milieu d&#8217;eux</strong>, leur tient les mains, quand à grands coups de merlin, le grade-chiourme rive les carcans et les menottes ; il assiste au déshabillage, à l&#8217;examen des argousins, et, lorsque la &#8216;chaîne&#8217; part pour Brest, Rochefort ou Toulon, il la suit. Ce sont de longues voitures où les bagnards sont accouplés deux à deux ; à l&#8217;étape, les gardiens comptent leur monde, vérifient les attaches, les rivets. Parfois, en pleine campagne, s&#8217;ils craignent une évasion, ils font de nouveau déshabiller la chiourme et <strong>Appert s&#8217;indigne :</strong> &#8216;Il faut que les forçats subissent l&#8217;examen le plus indécent et exécutent les évolutions les plus avilissantes ! Quelle utilité de former des bandes de malheureux pour les promener d&#8217;un bout de la France à l&#8217;autre comme des bêtes féroces ?&#8217; »</p>
<p><a></p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-10580" title="le-garde-chiourme" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/le-garde-chiourme.jpg" alt="Garde-chiourme des bagnes. Illustration du journal &quot;Détective&quot; du 4 avril 1929." width="194" height="405" /></a></p>
<p>« Arrivés au but du voyage, ils pénètrent dans le bagne, et librement, car l&#8217;administration ne le tient plus à l&#8217;écart : on sait quel noble esprit, quel ingénu dévouement l&#8217;animent. Mais ce n&#8217;est pas assez pour M. Appert d&#8217;être l&#8217;ami, le porte-parole des &#8216;bonnets verts ou rouges&#8217; : il veut sentir plus profondément leurs souffrances, et un jour, <strong>à Brest, il exige des autorités qu&#8217;on lui rive le carcan au cou, les chaînes au pied, et le voici, l&#8217;honnête homme, traînant son boulet au milieu de la cour du bagne</strong>. N&#8217;y a-t-il pas là comme un reflet des grandes actions des saints ? En vérité, M. Appert aurait droit à une place dans l&#8217;hagiographie !</p>
<p>Mais où il se révèle presque sublime, c&#8217;est lorsqu&#8217;il apprend qu&#8217;un de ses clients va monter à l&#8217;échafaud. Alors, il accourt, s&#8217;enferme avec le condamné, quel qu&#8217;il soit, bavarde avec lui, le distrait ; l&#8217;autre, au lieu de vitupérer la société, s&#8217;apaise, demande à son visiteur de l&#8217;accompagner quand viendra le moment décisif, de suivre son corps à l&#8217;amphithéâtre ou à la fosse des suppliciés. <strong>C&#8217;est ainsi qu&#8217;un certain Roch, voleur et assassin, réclame la présence de ce &#8216;bon M. Appert&#8217;, qui passera avec lui la &#8216;veillée mortuaire&#8217;.</strong> Appert accepte aussitôt et quand, l&#8217;heure de l&#8217;exécution venue, l&#8217;aumônier et le bourreau se présentent, le condamné et le philanthrope sont devenus si bons amis qu&#8217;ils en sont au tutoiement ; ils s&#8217;embrassent encore quand Roch est saisi par les aides… »</p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: x-small;"><em>« Le garde-chiourme »</em>, illustration du journal <strong><em>Détective</em></strong> du 4 avril 1929.</span></p>
<h3>Quelques rencontres</h3>
<p>« Après avoir passé vingt ans à visiter les prisons et les bagnes – <strong>les vingt plus belles années de sa vie</strong> – M. Appert résuma ses observations ; <strong>il faisait partie du Conseil royal des prisons sous Louis-Philippe et exerça une grande influence sur la réforme pénitentiaire</strong>, question qui passionnait alors l&#8217;opinion publique. De fait, il avait beaucoup vu, beaucoup médité, et les quatre volumes qu&#8217;il publia en 1836, <strong><em>Bagnes, Prisons et Criminels</em></strong>, sont parmi les plus curieux et les plus sûrs documents que l&#8217;on puisse consulter.</p>
<p><strong>Les plaies de l&#8217;humanité, il les connaissait toutes</strong>, et cette pénible expérience n&#8217;avait fait qu&#8217;adoucir son cœur. Grâce à ce bon M. Appert, nous connaissons par le menu les extraordinaires aventures d&#8217;<strong>Anthelme Collet</strong> ; nous nous promenons à l&#8217;intérieur de <strong>Bicêtre</strong>, dans cette salle Saint-Léger où sont entassés pêle-mêle les forçats à vie, les évadés repris, où se concentre &#8216;tout ce qu&#8217;il y a de misère au monde, même des fous&#8217; ; nous arpentons les dortoirs de <strong>l&#8217;Abbaye</strong>, aux murs humides, à la cour entourée de hautes maisons qui interceptent toute lumière, ces dortoirs où les hommes couchent deux à deux dans le même lit ; nous entrons dans <strong>le bagne de Toulon, où plus de quatre mille bagnards sont logés dans &#8216;six localités&#8217; : trois salles à terre et trois bagnes flottants</strong>, où les forçats évadés puis repris traînent leur double chaîne ; nous voyons Rochefort, Brest… […] »</p>
<h3>Les bagnards de Toulon</h3>
<p><a></p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-10581" title="types-de-galeriens" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/types-de-galeriens.jpg" alt="Types de galériens, illustration du journal &quot;Détective&quot; du 4 avril 1929." width="191" height="369" /></a></p>
<p>« Mais c&#8217;est surtout à Toulon que le philanthrope exerça son activité. Il s&#8217;occupa des moindres détails de la vie du bagne et les rapporta dans son livre avec une minutie scrupuleuse.</p>
<p><strong>S&#8217;agit-il du trousseau du forçat ?</strong> Nous savons que chacun reçoit une couverture de laine qui doit durer quatre ans, une casaque de &#8216;moire&#8217; rouge qui doit durer vingt mois, deux chemises, deux caleçons, un bonnet vert pour les condamnés à vie, un bonnet vert à bandeau rouge pour les suspects, un bonnet entièrement rouge pour les autres ; une plaque de fer-blanc portant le numéro d&#8217;immatriculation du forçat est attaché au bonnet.</p>
<p><strong>Les punitions ?</strong> Pour avoir limé ses fers, préparé un déguisement, volé au-dessous de cinq francs, c&#8217;est <strong>la bastonnade</strong>, qui est administrée avec une corde goudronnée : le nombre de coups varie entre quinze et soixante, suivant la gravité de la faute. Même peine, si on trouve sur un forçat plus de dix francs. Quant à <strong>la peine de mort</strong>, elle est appliquée sans délai, par un tribunal spécial, au forçat coupable d&#8217;avoir frappé un agent du bagne, organisé une révolte ou commis un assassinat. Ces châtiments semblaient inhumains à l&#8217;ami des bagnards, et ceux-ci le savaient. Ainsi, quand on signalait l&#8217;arrivée de ce bon M. Appert, il y avait dans la chiourme comme un frémissement : chacun ôtait son bonnet et attendait le moment de conter son affaire… […]</p>
<p>Ces êtres vicieux par nécessité ou par habitude ne déplaisaient pas à M. Appert, qui espérait toujours en faire d&#8217;honnête gens. […] Ceci se passait au temps de Louis-Philippe, du roi-citoyen, et paraîtrait peut-être un peu extravagant aujourd&#8217;hui… Mais gardons un souvenir souriant de ce bon M. Appert, qui, en somme, a fait beaucoup plus de bien que de mal dans cette &#8216;vallée de larmes&#8217; qu&#8217;il avait élue, comme un paradis, depuis sa jeunesse. »</p>
<p><strong><em>J. LUCAS-DUBRETON</em></strong>.</p>
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		<title>Arrivage de &#171;&#160;filles publiques&#160;&#187; en voitures cellulaires à la prison Saint-Lazare</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Dec 2011 20:42:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Tout en haut du faubourg Saint-Denis, un bâtiment malpropre offense le regard des passants. Il présente une façade sombre à fronton grec et à écusson sculpté. C&#8217;est la prison des femmes de Saint-Lazare, qui fut couvent. Son portail infâme se referme sur la plus atroce misère humaine. Sans motifs valables [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-full wp-image-10521" title="filles-publiques-saint-lazare" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/filles-publiques-saint-lazare.jpg" alt="Un arrivage de filles publiques dans la cour de la prison Saint-Lazare. l'Illustration du 13 février 1897." width="350" height="350" /></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><em>« Tout en haut du faubourg Saint-Denis, un bâtiment malpropre offense le regard des passants. Il présente une façade sombre à fronton grec et à écusson sculpté. <strong>C&#8217;est la prison des femmes de Saint-Lazare</strong>, qui fut couvent. Son portail infâme se referme sur la plus atroce misère humaine. Sans motifs valables on y détient des femmes, autres que des prisonnières de droit commun victimes de la plus effroyable injustice. L&#8217;Ironie a inscrit ce mot : &#8216;Liberté&#8217; au-dessus de sa porte. En ce lieu sinistre, où la Hantise étreint le cerveau des courtisanes, prisonnières dans l&#8217;ombre infecte des cachots, aux paillasses grouillantes de vermine, où donc est cette Liberté. Dans ses cellules on a vu des femmes de vingt ans allaitant de petites choses roses qui souriaient en fermant leurs petits poings. </em>[…] <em><strong>La République doit jeter à bas cet édifice que la Monarchie utilisa en prison. Il déshonore le Vieux Paris.</strong> »</em></p>
<p><span style="font-size: x-small;"><strong>L. Arlène</strong>, texte d&#8217;une légende figurant sur une carte postale de la série <em>Vieux Paris</em>, Éditions Combier, Mâcon.</span></p>
</blockquote>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-10535" title="la-prison-saint-lazare" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/la-prison-saint-lazare.jpg" alt="Façade de la prison Saint-Lazare, rue du Faubourg Saint-Denis, Paris Xe." width="615" height="397" /></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-small;">Façade de la prison Saint-Lazare donnant sur la rue du Faubourg Saint-Denis, Paris Xe.</span></p>
<h3>Bref historique de la prison Saint-Lazare</h3>
<p><strong>Maison d’arrêt, de justice et de correction pour les femmes (1791 &#8211; 1932) Paris, 10e arrondissement.</strong></p>
<p>« Le couvent fondé par saint Vincent de Paul – et où il mourut en 1660 – fut transformé en prison en 1791, et accueillit spécifiquement les femmes en 1794. Quelques travaux furent exécutés en 1802, l’ancienne chapelle gothique transformée en grenier à foin fut démolie en 1823. En 1824, l’architecte P.L. Baltard construisit un bâtiment neuf, une chapelle et une infirmerie.</p>
<p><strong>La prison Saint-Lazare était à la fois maison d’arrêt, de justice, de correction et d’éducation correctionnelle pour les jeunes filles détenues par voie de correction paternelle.</strong> Elle accueillait des prévenues et des accusées de délits et de crimes, des condamnées à l’emprisonnement de moins d’une année, des détenues pour dette envers l’État, des prostituées privées de liberté par jugement ou décision administrative qui étaient confinées dans l’infirmerie ou dans la prison. <strong>Elle servait aussi de maison de détention municipale pour les mineures arrêtées en flagrant délit de prostitution sur la voie publique, d’hospice de syphilitiques et de maison hospitalière.</strong></p>
<p><strong>En 1836, on y hébergea les filles publiques jusqu’alors internées aux Madelonnettes.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/arrivage-filles-publiques-saint-lazare.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img class="aligncenter size-full wp-image-10531" title="arrivage-filles-publiques-prison-st-lazare" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/arrivage-filles-publiques-prison-st-lazare.jpg" alt="Filles publiques à la prison de Saint-Lazare, Journal L'Illustration du 13 février 1897" width="615" height="377" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-small;"><em>« La prison de Saint-Lazare &#8211; Un arrivage dans la cour de l&#8217;Administration », en voitures cellulaires</em>, </span><br />
<span style="font-size: x-small;"> Jounal <em><strong>L&#8217;Illustration</strong></em> du 13 février 1897. Cliquez sur l&#8217;image pour l&#8217;agrandir…</span></p>
<p>La prison était divisée en trois quartiers : le quartier judiciaire ou première section réservée aux détenues de droit commun, <strong>le quartier administratif ou deuxième section pour les filles publiques</strong>, l’infirmerie pour les malades, notamment les personnes atteintes de maladies vénériennes. Dans la première section, une centaine de cellules étaient réservées aux jeunes détenues et à un certain nombre de condamnées. Ces cellules dans le quartier dit de <strong>« la ménagerie »</strong> étaient munies de barreaux et de grilles qui n’empêchaient ni le froid ni les odeurs. Les cloîtres servaient de dortoirs. Dans la seconde section, le rez-de-chaussée comportait les cuisines, les salles de préparations pharmaceutiques, les bains, surmontés de deux étages d’infirmerie. Les mêmes salles servaient de dortoir, de réfectoire et d’ateliers. Sous les combles, un dortoir d’une centaine de lits était réservé aux « filles soumises ». En 1868, on compta 992 femmes détenues. Par ailleurs, étaient installés à Saint-Lazare la lingerie et la boulangerie des prisons de la Seine et le magasin général pour l’approvisionnement en vêtements et chaussures de l’administration pénitentiaire.</p>
<p>Le 21 décembre 1912, le Conseil général de la Seine adopta le principe de la reconstruction de Saint-Lazare et de la Petite Roquette à Pantin. La guerre survint avant que cette question fût résolue. En 1927 et 1928, on décida la destruction des bâtiments compris entre la chapelle et le faubourg Saint-Denis. <strong>La prison fut fermée en juillet 1932 et la démolition effective entre 1935 et 1940.</strong> Les bâtiments subsistants (dont la chapelle, visible au fond du square Alban-Satragne) appartiennent aujourd’hui à l’Assistance publique &#8211; Hôpitaux de Paris. »</p>
<p><span style="font-size: x-small;">Source : <strong><em>Brève histoire des prisons parisiennes</em></strong>, <em>in</em> « L’impossible photographie, prisons parisiennes, 1851-2010 », <br />
<strong>Catherine Prade</strong>, Musée Carnavalet – Paris-Musées, 2010, p. 221-222.</span></p>
<h3>Pour aller plus loin</h3>
<p>Lire sur ce blog : <strong><em>« Saint-Lago » aura vécu ! Dans ces cellules, les femmes ne pleureront plus leur passé…</em></strong> : <a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-prisons/saint-lago-aura-vecu-dans-ces-cellules-les-femmes-ne-pleureront-plus-leur-passe-9679" target="_blank">lien</a></p>
<p><strong><em>La police des mœurs sous la IIIe République – Limites et réalités d&#8217;une &#8216;police républicaine&#8217;</em></strong>, Jean-Marc Berlière, IEP Grenoble : <a href="http://www.u-picardie.fr/labo/curapp/revues/root/32/jean_marc_berliere.pdf_4a07e3635029b/jean_marc_berliere.pdf" target="_blank">lien</a></p>
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		<title>Cent-onze dessins de Boris Taslitzky faits à Buchenwald</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 20:46:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
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		<category><![CDATA[DES CAMPS…]]></category>
		<category><![CDATA[Boris Taslitzky]]></category>
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		<description><![CDATA[« Je voudrais savoir moi aussi dessiner pour les montrer dans cet enclos du crime, face à face : ces hommes, ces penseurs, ces artistes, ces savants, soldats de la noble cause de la Culture, de la Beauté, de la Civilisation, de l&#8217;Humanisme et le monstre fasciste botté, le revolver, la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-full wp-image-10460" title="coffret-111-dessins-boris-taslitzky" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/coffret-111-dessins-boris-taslitzky.jpg" alt="Couverture du coffret des &quot;Cent-onze dessins faits à Buchenwald&quot; par Boris Taslitzky, Association française Buchenwald-Dora, Éditions Hautefeuille, 1978" width="350" height="350" /></p>
<blockquote><p><em>« Je voudrais savoir moi aussi dessiner pour les montrer dans cet enclos du crime, face à face : ces hommes, ces penseurs, ces artistes, ces savants, soldats de la noble cause de la Culture, de la Beauté, de la Civilisation, de l&#8217;Humanisme et le monstre fasciste botté, le revolver, la mitraillette ou le gourmi à la main, terrorisant, assassinant hommes et femmes et aussi des enfants seulement coupables de ne pas appartenir à la prétendue race supérieure. <strong>C&#8217;est dans ce cadre dantesque où s&#8217;affrontaient l&#8217;Esprit et la Bête que Boris Taslitzky a croqué ses immortels dessins, qui, pour un si grand nombre d&#8217;entre nous, sont et resteront éternellement bouleversants.</strong> Ces dessins projetés, ces dessins réalisés, achevés, témoignages à tout jamais irrécusables d&#8217;un drame inimaginable pour la raison humaine, dans lequel le fascisme avait projeté les descendants de l&#8217;an II, symbole de l&#8217;amour de la liberté et de l&#8217;honneur de l&#8217;homme. »</em></p>
<p>Ainsi s&#8217;exprimait en mars 1978 <strong>Marcel Paul</strong>, l&#8217;un des responsables de l&#8217;organisation clandestine au sein du <strong>camp de Buchenwald</strong>, dans un avant-propos présentant les cent-onze dessins-témoignages réalisés par <strong>Boris Taslitzky</strong>.</p>
</blockquote>
<h3 style="text-align: right;">Témoignage de Julien Cain</h3>
<p><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/jeunes-francais-attendant-la-soupe-boris-taslitzky1.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/jeunes-francais-attendant-la-soupe-boris-taslitzky-1944.jpg" alt="Jeunes Français attendant la soupe au Camp de Buchenwald, dessin de Boris Taslitzky" title="jeunes-francais-attendant-la-soupe-boris-taslitzky-1944" width="300" height="443" class="alignleft size-full wp-image-10476" /></a></p>
<p><strong><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/julien-cain-boris-taslitzky-buchenwald.jpg" target="_blank" rel='prettyPhoto[gallery1]'>Julien Cain</a></strong>, administrateur général de la Bibliothèque nationale révoqué par le gouvernement de Vichy, compagnon de lutte de Boris à Buchenwald témoigne : <em>« Je revois ma première rencontre avec Boris Taslitzky à Buchenwald, à l&#8217;automne 1944, au premier étage du block 40, dans le lavabo ou &#8216;waschraum&#8217; qui nous servait ce jour-là de lieu de réunion. Il s&#8217;agissait d&#8217;organiser parmi les Français du camp un concours de poésies, de récits en prose et de dessins. De ce concours devaient sortir des œuvres émouvantes et sincères, quelques-unes pathétiques, d&#8217;autre simplement charmantes. Le &#8216;Jury&#8217; avait estimé que ce premier et timide effort vers une vie spirituelle et collective dans ce camp de mort devait être expliqué et commenté par un manifeste. Boris Taslitzky avait été chargé de le rédiger. Il le lut d&#8217;une voix à la fois timide et assurée. Il définit avec précision une sorte d&#8217;Art poétique dont les formules vigoureuses me frappèrent, et il termina en nous lançant comme un défi les vers du &#8216;Lancelot&#8217; d&#8217;Aragon que je ne connaissais pas encore : Vous pouvez me frapper en voici la raison / Riez de mon silence et souillez ma figure / Je ne pratique pas le pardon des injures / Lorsque je ne dis rien c&#8217;est que j&#8217;ai mes raisons… »</em></p>
<p><a rel='prettyPhoto[gallery1]'><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/le-petit-camp-en-fevrier-1945.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/le-petit-camp-en-fevrier-1945-taslitzky.jpg" alt="Le petit camp en février 1945, Boris Taslitzky, Cent-onze dessins de Buchenwald" title="le-petit-camp-en-fevrier-1945-taslitzky" width="300" height="388" class="alignleft size-full wp-image-10480" /></a></p>
<p><em>« Depuis ce jour, j&#8217;ai revu bien souvent Boris Taslitzky. Je l&#8217;ai vu travailler. Je l&#8217;ai vu devant ses modèles, composant sans hâte des portraits de détenus, ses camarades, que son crayon approfondissait peu à peu et qu&#8217;il chargeait d&#8217;expression. Je l&#8217;ai interrogé. J&#8217;ai voulu connaître sa formation, celle de l&#8217;artiste et celle de l&#8217;homme. Et j&#8217;ai compris comment, sans l&#8217;avoir recherché peut-être, par le jeu naturel des forces qui étaient en lui, Boris Taslitzky était devenu l&#8217;incarnation même de l&#8217;artiste révolutionnaire. »</p>
<p>« Le crayon souvent amusé de l&#8217;artiste nous promène à travers le camp. Il retient au passage telle figure, tel accoutrement bizarre, des groupes de travailleurs se chauffant autour d&#8217;un maigre feu, des rassemblements pour une corvée. Le tragique n&#8217;est pas loin. L&#8217;étonnant &laquo;&nbsp;<a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/boris-taslitzky-jeune-francais-buchenwald.jpg" target="_blank" rel='prettyPhoto[gallery1]'>Jeune Français</a>&nbsp;&raquo; </em>[autoportrait], <em>presque élégant, sûr de lui, qui a pris la mesure des hommes et des choses du camp, peut avoir un instant surmonté sa misère ; son sourire va se figer au premier tournant, quand il tombera sur un cortège de morts ou de moribonds… Dans cette rencontre avec la Mort, l&#8217;art de Boris Taslitzky va s&#8217;affimer de manière décisive. »</p>
<p><a></p>
<p><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/petit-camp-fevrier-1945.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/boris-taslitzky-petit-camp-fevrier-1945.jpg" alt="Le petit camp de Buchenwald en février 1945, aquarelle de Boris Taslitzky" title="boris-taslitzky-petit-camp-fevrier-1945" width="300" height="353" class="alignright size-full wp-image-10495" /></a></p>
<p>« La Mort, toujours et partout présente à Buchenwald, apparaît d&#8217;abord furtivement dans des scènes qui représentent des demi-morts, des morts virtuels, des corps que la faim et le travail ont épuisés et qui ne sont plus que des squelettes ambulants. Ils se serrent les uns contre les autres. Ils se rassemblent pour ne former qu&#8217;une seule masse qui se meut lentement. On se persuade que chacun d&#8217;eux, s&#8217;il venait à tomber, entraînerait tous les autres dans sa chute. »</p>
<p>« Et quant aux camps d&#8217;extermination, si la reproduction cinématographique nous a apporté des documents d&#8217;une vérité qui surprend et qui bouleverse, il y a une limite qu&#8217;elle ne peut dépasser et que, par le sortilège de son art, avec son crayon et quelques couleurs, un peintre inspiré d&#8217;un seul bond franchira. Dans cette confrontation tragique avec la réalité, Boris Taslitzky, artiste révolutionnaire, n&#8217;a pas détourné la tête et l&#8217;on a vu se multiplier toutes les puissances d&#8217;invention et d&#8217;expression qui étaient en lui. »</em> Julien CAIN, 1945.</p>
<p><a><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/boris-taslitzky-111-dessins-buchenwald1.jpg" alt="Boris Taslitzky dans son atelier de la rue Ricaut (Paris 13e), le 6 juin 2002." title="DCF 1.0" width="300" height="300" class="alignleft size-full wp-image-10500" /></a></p>
<h3>Boris Taslitzky en son atelier parisien, le 6 juin 2002</h3>
<p>En 2002, alors que je préparais un article biographique pour la revue d&#8217;Histoire <strong><em><a href="http://arkheia-revue.org/Boris-Taslitzky-le-maitre-de-Saint.html" target="_blank">Arkheia</a></em></strong> (<em><strong>« Boris Taslitzky, le Maître de Saint-Sulpice »</strong></em>), je rencontrais l&#8217;artiste dans son atelier situé 7 rue Ricaut (Paris 13e). À cette occasion Boris me dédicaçait le magnifique coffret-témoignage des <em><strong>Cent-onze dessins faits à Buchenwald</strong></em> : <strong><em>« <a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/12/dedicace-boris-taslitzky.jpg" target="_blank" rel='prettyPhoto[gallery1]'>Pour Jacky Tronel, très fraternellement, Boris Taslitzky</a> »</strong></em>…</p>
<p>Pour aller plus loin, voir le site officiel : <a href="http://boris-taslitzky.fr/" target="_blank">ici</a></p>
<p>Lire sur ce blog : <strong><em>« <a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-camps/les-fresques-de-boris-taslitzky-au-camp-de-saint-sulpice-la-pointe-3272" target="_blank">Les fresques de Boris Taslitzky au camp de Saint-Sulpice la Pointe</a> »</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>À propos de l&#8217;uniforme du personnel des prisons et des parquets militaires</title>
		<link>http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/varia/breve-histoire-de-luniforme-du-personnel-des-etablissements-penitentiaires-et-des-prisons-militaires-10410</link>
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		<pubDate>Fri, 02 Dec 2011 18:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans un rapport du mois de septembre 1849 consécutif aux visites des prisons militaires de Paris (prison de l&#8217;Abbaye et Maison de justice de la rue du Cherche-Midi), on peut lire ceci : « Il me semble que dans l&#8217;intérêt du service, il serait nécessaire de donner un uniforme au concierge [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-full wp-image-10411" title="gardiens-prison-militaire-1922" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/11/gardiens-prison-militaire-1922.jpg" alt="Surveillants de prison militaire, le 28 février 1928." width="350" height="350" /></p>
<blockquote><p>Dans un rapport du mois de septembre 1849 consécutif aux visites des prisons militaires de Paris (prison de l&#8217;Abbaye et Maison de justice de la rue du Cherche-Midi), on peut lire ceci : <em><strong>« Il me semble que dans l&#8217;intérêt du service, il serait nécessaire de donner un uniforme au concierge ainsi qu&#8217;à ses agents afin d&#8217;en imposer un peu plus aux détenus militaires »</strong></em>.</p>
<p>Un siècle plus tard, dans son <em>Memento du surveillant d&#8217;établissement pénitentiaire pour adultes</em>, Dominique Bibal écrivait : <em><strong>« Le port de l&#8217;uniforme réglementaire est de rigueur pendant le service. Une tenue propre et correcte contribue à donner du prestige aux agents, elle augmente leur autorité.</strong> Une tenue négligée produit un résultat contraire. C&#8217;est un point sur lequel on ne saurait trop insister ; <strong>les détenus, qui observent et voient tout, ont moins de respect pour l&#8217;agent qui néglige sa tenue. C&#8217;est une question de dignité personnelle que chacun doit comprendre. »</p>
<p></strong></em><span style="font-size: x-small;"><span style="font-size: xx-small;">Deux gendarmes en uniforme (celui de gauche, dans une « tenue 14/18 »), faisant fonction de surveillants pénitentiaires. <br />
Information transmise par Christophe Bousquet, que je remercie. La photo est ainsi légendée : « Prison militaire, le 28.2.28 » (DR).</span></span></p>
</blockquote>
<h3>Décret ministériel du 24 novembre 1849</h3>
<p><strong><em>« Description de l&#8217;uniforme des Concierges, des Greffiers et des Surveillants des Prisons militaires. »</em></strong><br />
<span style="font-size: xx-small;">Source : <em>Journal militaire officiel</em>, année 1849, n° 43, p. 325-331.</span></p>
<p><a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/11/detail-uniforme-justice-militaire.jpg" alt="Broderie du collet et des retroussis d&#039;habit, du collet de capote et du bandeau de bonnet de police." title="detail-uniforme-justice-militaire" width="400" height="227" class="alignright size-full wp-image-10422" /></a><strong>1° HABIT :</strong> en drap bleu foncé, semblable pour la coupe, la forme et les dimensions, à l&#8217;habit des magistrats militaires, sauf les modifications suivantes : le collet est en drap bleu doublé de même étoffe ; les parements sont en drap bleu, passe-poils de drap écarlate, au collet, aux devants, aux parements, aux retroussis et aux pattes de poche qui sont placées en travers et garnies de trois boutons, comme celles de l&#8217;habit des magistrats militaires ; chaque retroussis et chaque côté du collet est garni d&#8217;une broderie conforme au dessin ci-joint (<em>Figure n° 1</em>). Cette broderie est en laine écarlate pour les surveillants ; pour les greffiers, elle est moitié en filé d&#8217;argent et moitié en soie ponceau ; pour les concierges de 2e classe, elle est entièrement en filé d&#8217;argent ; enfin, pour les concierges de 1re classe, elle est en cannetille et en paillettes d&#8217;argent.</p>
<p><a></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/11/bouton-justice-militaire-1849.jpg" alt="Bouton d&#039;un uniforme de la Justice militaire, novembre 1849." title="bouton-justice-militaire-1849" width="250" height="383" class="alignleft size-full wp-image-10424" /></a>Les boutons sont en étain et leur empreinte est conforme au dessin ci-annexé (<em>Figure n° 2</em>) ; sur chaque épaule est fixée une bride dont la boucle s&#8217;engage autour d&#8217;un petit bouton d&#8217;uniforme cousu près de l&#8217;encolure, et dont les bouts sont pris dans la couture d&#8217;emmanchure. Cette bride est en tresse carrée de 6 mm de large ; en laine écarlate pour les surveillants ; en tresse moitié argent et moitié soie ponceau, pour les greffiers, et en filet d&#8217;argent pour les concierges de 2e classe : pour les concierges de 1re classe, les brides d&#8217;épaules sont formées au moyen d&#8217;une torsade de 6 mm de diamètre en argent mat et brillant.</p>
<p><strong>2° PANTALON :</strong> de drap garance, sans bande ni passe-poil, tombant par-dessus la botte et retenu par des sous-pieds de cuir noir.</p>
<p><strong>3° CHAPEAU :</strong> du modèle général, sans floche ni macaron ; il est bordé d&#8217;un galon de poil de chèvre noir façon dite à cordé plein, dont la largeur apparente sur chaque face est de 35 mm ; la cocarde aux trois couleurs est en poil de chèvre ; son diamètre est de 80 mm ; la ganse de cocarde est en galon en cul-de-dé d&#8217;une largeur totale de 40 mm ; ce galon est traversé dans toute sa longueur, d&#8217;une raie noire de 3 mm ; il est en laine écarlate pour les surveillants, et en tissu d&#8217;argent pour les concierges de 1re ou de 2e classe, ainsi que pour les greffiers.</p>
<p><strong>4° CAPOTE DE PETITE TENUE :</strong> en drap bleu foncé, sans aucun passe-poil de couleur tranchante ; les devants se croisent sur la poitrine au moyen de deux rangées de sept gros boutons d&#8217;uniforme chacune, et espacées entre elles de 340 mm, au premier bouton en haut ; de 310 mm, au troisième ; de 200 mm, au cinquième, et de 100 mm à celui du bas ; sur les hanches sont fixées deux pattes de poche transversales, ayant 65 mm de hauteur ; celle de gauche recouvre une fente qui donne passage au porte-épée ; derrière, dans les plis, sont fixées deux pattes de poche verticales, en accolade de 300 mm de longueur, garnies chacune de trois boutons d&#8217;uniforme ; ceux du haut fixés au bas de la taille, sur le point de jonction des pans au corsage, sont écartés entre eux de 75 mm ; les poches sont ouvertes en dessous ; les pans de la capote tombent à 330 mm de terre. Les parements et le collet sont en drap bleu, semblables pour la forme et les dimensions à ceux de l&#8217;habit ; la broderie du collet et les brides d&#8217;épaules sont semblables à celle de l&#8217;habit.</p>
<p><strong>5° VESTE DE TRAVAIL</strong> (<em>pour les surveillants seulement</em>) ; elle est en drap bleu, croisant sur la poitrine au moyen de deux rangées de neuf petits boutons d&#8217;uniforme, et descendant de manière à couvrir entièrement les reins et à bien emboîter les hanches ; collet et parements semblables à ceux de la capote, mais sans broderie au collet ; à l&#8217;épaule, il n&#8217;y a ni bride, ni bouton.</p>
<p><a><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/11/bonnet-chapeau-justice-militaire-1854.jpg" alt="Bonnet de police et chapeau complétant l&#039;uniforme de la Justice militaire en 1854" title="bonnet-chapeau-justice-militaire-1854" width="450" height="178" class="alignright size-full wp-image-10434" /></a></p>
<p><strong>6° BONNET DE POLICE:</strong> en drap bleu ; un passe-poil est fixé à toutes les coutures de ce bonnet, à l&#8217;exception de celle qui réunit la visière au bandeau. Le passe-poil est en drap écarlate pour les surveillants, et en fil d&#8217;argent pour les concierges et greffiers ; l&#8217;ornement du bandeau est semblable à celui des retroussis de l&#8217;habit.</p>
<p><strong>7° BOTTES ET COL :</strong> du modèle général.</p>
<p><strong>8° GANTS :</strong> en tissus blanc de lin ou de coton.</p>
<p><strong>9° ARMEMENT :</strong> l&#8217;armement consiste, pour les concierges et les greffiers, en une épée semblable à celle des sous-officiers de l&#8217;arme du génie (<em>modèle 1823</em>) ; les surveillants sont armés d&#8217;un sabre-poignard, semblable à celui des troupes à pied.</p>
<p><strong>10° PORTE-ÉPÉE :</strong> en cuir noir verni, ayant la forme d&#8217;un fer à cheval renversé, présentant deux branches et un pendant sur lequel est cousu un gousset pour recevoir l&#8217;arme ; ce gousset est percé d&#8217;une boutonnière où s&#8217;engage le crochet de chape du fourreau de l&#8217;épée ; une banderolle en tissu, cousue aux deux branches, sert à suspendre le porte-épée et s&#8217;allonge à volonté au moyen d&#8217;une boucle ou d&#8217;un coulant métallique ; la banderolle en tissu se porte sous le vêtement et ne doit jamais être apparente.</p>
<p><strong>11° PORTE-SABRE :</strong> Il est en tout point semblable au porte-épée; mais la boutonnière, dont le gousset est entaillé, est horizontale, et sa dimension est en rapport avec celle du contre-sanglon fixé à la chape du sabre ; une petite boucle de cuivre avec enchappure et passant de cuir noir est cousue sur le gousset au-dessous de la boutonnière pour recevoir et fixer le contre-sanglon.</p>
<h3>Attributs distinctifs pour les parquets militaires</h3>
<p><span style="font-size: xx-small;">Source : <em>Journal militaire officiel</em>, année 1854, n° 74, p. 645-655.</span></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/11/collet-capote-boutons-justice-militaire.jpg" alt="Collet d&#039;habit et de capote du personnel de la Justice militaire selon les instructions de 1854" title="collet-capote-boutons-justice-militaire" width="615" height="299" class="aligncenter size-full wp-image-10431" /></a></p>
<p>Sur le croquis ci-dessus (instructions du 24 octobre 1854), <strong>on remarque les attributs qui distinguent les parquets militaires</strong> (francisque avec pointe de lance enveloppée dans un faisceau de verges liées par des lanières de cuir sur fond de drapeaux), <strong>des établissements pénitentiaires</strong> (épée pointe en haut derrière laquelle se croisent deux clefs réunies par une bandelette).</p>
<h3>Instructions du 31 mai 1869 relatives à l&#8217;uniforme des sous-officiers</h3>
<p><span style="font-size: xx-small;">Source : <em>Journal militaire officiel</em>, année 1869, n° 16, p. 529-535.</span></p>
<p><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/11/tunique-justice-militaire-1869.jpg" alt="Détails de l&#039;uniforme des sous-officiers de la Justice militaire selon les instructions du 31 mai 1869." title="tunique-justice-militaire-1869" width="615" height="367" class="aligncenter size-full wp-image-10427" /></a></p>
<p><strong>La tunique</strong> est confectionnée en drap bleu foncé. Sa forme, sa coupe, ses dimensions sont semblables au modèle à deux rangées de boutons sur la poitrine, affecté à l&#8217;infanterie par la décision du 2 décembre 1867.</p>
<p><strong>Les boutons</strong>, en cuivre-tomback, demi-bombés, diamètre des gros, 23 mm sur 6 de bombé ; idem des petits, 17 mm sur 4. Ils sont estampés en relief d&#8217;une épée de forme antique placée la pointe en haut, derrière laquelle se croisent deux clefs réunies avec l&#8217;épée par une bandelette. Autour du bouton est cette légende : <em>Justice militaire</em>.</p>
<p><strong>Le képi</strong> se compose : 1° d&#8217;un bandeau en drap bleu foncé ; 2° d&#8217;un calot elliptique en drap garance ; 3° d&#8217;un turban formé de quatre pièces verticales également en drap garance mi-fin, ornées sur les coutures d&#8217;assemblage d&#8217;un cordonnet passe-poil de laine bleu foncé ; 4° d&#8217;une visière en cuir verni noir, posée horizontalement, coupée carrément, à angles arrondis. Sur le devant du bandeau est appliqué un attribut figurant une épée de forme antique placée la pointe en haut, derrière laquelle se croisent deux clefs réunies avec l&#8217;épée par une bandelette ; autour, deux branches de chêne. Hauteur de cet ornement, 40 mm, largeur 40 mm. Il est brodé sur drap bleu en filé d&#8217;or au passé sans cannetille ni paillettes. Il se place de chaque côté sur le devant du collet.</p>
<p><a><img src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/11/surveillant-prison-militaire.jpg" alt="Surveillant d&#039;établissement pénitentiaire militaire en uniforme" title="surveillant-prison-militaire" width="300" height="539" class="alignright size-full wp-image-10439" /></a></p>
<p>Vers la fin du XIXe siècle puis au début du XXe, l&#8217;uniforme subit encore d&#8217;importantes modifications. Dans une <em>note ministérielle portant description de la tenue des sous-officiers (sergents, sergents fourriers et sergents-majors) du service de la justice militaire et de la vareuse des sous-officiers des établissements pénitentiaires et des prisons militaires</em>, produite le 31 août 1896 par le Général Billot, ministre de la Guerre, apparaissent par exemple les cinq doubles boutons en métal qui ferment la tunique, ainsi que le col blanc&#8230; <span style="font-size: xx-small;">(photo ci-contre)</a>.</p>
<h3>Troublantes similitudes entre les attributs de la Justice militaire et ceux de la Préfectorale</h3>
<p>Aujourd&#8217;hui, <strong>les casquettes du Corps préfectoral sont très proches de celles de la Justice militaire.</strong> La différence se joue essentiellement sur le macaron circulaire qui porte sept feuilles par branche pour la Préfectorale, tandis qu&#8217;il n&#8217;en porte que six pour la Justice militaire ; chêne/laurier pour les préfets et feuilles d&#8217;acanthe pour la Justice militaire.<br />
<strong>Le faisceau d’armes avec la francisque</strong>, présent dans les deux cas, tire son origine du faisceau de licteur romain. Pour mémoire, c&#8217;est la loi du 16 octobre 1941 qui déclara la Francisque <em>« insigne du Maréchal de France Chef de l&#8217;État Français »</em>, <strong>symbole de l&#8217;unité française aux ordres de son chef, le Maréchal Pétain…</strong></p>
<p>Lire en complément l&#8217;excellent article de Philippe Poisson : <strong><em>Histoires d&#8217;uniformes. Du dolman au pull-over…</em></strong> <a href="http://philippepoisson.unblog.fr/files/2008/11/histoireduniformes.pdf" target="_blank">lien</a>.</p>
<p><span style="font-size: xx-small;">Sources : Service historique de la Défense, département de l&#8217;Armée de terre, Vincennes, cote 3 J 10. Photo DR.</span></p>
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		<title>Autopsie du corps d&#8217;un détenu de la prison du Fort du Hâ, le 19 avril 1824</title>
		<link>http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-prisons/autopsie-dun-detenu-a-la-prison-du-fort-du-ha-le-19-avril-1824-10374</link>
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		<pubDate>Wed, 23 Nov 2011 18:24:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacky Tronel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dernières parutions]]></category>
		<category><![CDATA[DES PRISONS…]]></category>
		<category><![CDATA[autopsie médico-légale]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Dazet]]></category>
		<category><![CDATA[prison du Fort du Hâ]]></category>

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		<description><![CDATA[« J&#8217;ai l&#8217;honneur de vous informer que le Sieur Dazet Pierre, officier de santé, et qui avait été condamné à huit ans de travaux forcés, est décédé ce matin dans les prisons du Fort du Hà. Ayant fait appeler le chirurgien qui le traitait depuis quelques jours pour une fluxion de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-full wp-image-10378" title="prison-du-fort-du-ha-1922" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/11/prison-du-fort-du-ha-1922.jpg" alt="Prison du Fort du Hâ, à Bordeaux, vers 1920. Photo Panajou." width="350" height="350" /></p>
<blockquote><p><em>« J&#8217;ai l&#8217;honneur de vous informer que <strong>le Sieur Dazet Pierre</strong>, officier de santé, et qui avait été condamné à huit ans de travaux forcés, <strong>est décédé ce matin dans les prisons du Fort du Hà</strong>.<br />
<strong>Ayant fait appeler le chirurgien qui le traitait depuis quelques jours pour une fluxion de poitrine, il a convenu avec moi que l&#8217;ouverture du cadavre en serait faite demain matin</strong> ; J&#8217;aurai l&#8217;honneur de vous faire part de mon rapport. Agréer Monsieur le Maire… »</em> Signé Mazeau, commissaire de Police chargé des prisons.</p>
</blockquote>
<p><span style="font-size: x-small;">La prison du Fort du Hâ, à Bordeaux. Au premier plan, la Tour Ronde dite Tour de la Poudrière, de la Poivrière ou Tour des Minimes. En arrière-plan, la cathédrale Saint-André. Photo Panajou, publiée dans l&#8217;ouvrage de Maurice Ferrus, <strong><em>Un château historique : le Fort du Hâ</em></strong>, Feret &amp; Fils éditeurs, Bordeaux, 1922.</span></p>
<h3>Bordeaux, le 19 avril 1824 :</h3>
<p><em>« Monsieur le Maire,<br />
Comme j&#8217;ai eu l&#8217;honneur de vous le dire par ma lettre d&#8217;hier, <strong>l&#8217;ouverture du cadavre de feu Dazet a été faite ce matin en ma présence, par Messieurs Boutin et Arnauzan, médecin et chirurgien des prisons du Fort du Hà.</strong><br />
Ces docteurs, après avoir très scrupuleusement examiné, se sont convaincus et m&#8217;ont convaincu moi même, que le défunt était <strong>mort, par suite d&#8217;une fluxion de poitrine très grave, seule et unique cause de son décès</strong>. C&#8217;est ce que constate le rapport de ces Messieurs, signé d&#8217;eux, que je vous montrerai M. le Maire, si vous le trouvez convenable.<br />
Agréez, Monsieur le Maire, l&#8217;assurance de mon respect. Le Commissaire de Police chargé des prisons, Mazeau. »</em></p>
<p><a href="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/11/autopsie-fort-du-ha-1824.jpg" rel='prettyPhoto[gallery1]'><img class="aligncenter size-full wp-image-10385" title="declaration-autopsie-fort-du-ha-1824" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/11/declaration-autopsie-fort-du-ha-1824.jpg" alt="Lettre du Commissaire Mazeau chargé des prisons au sujet du décès de Pierre Dazet au Fort du Hâ, le 18 avril 1824." width="615" height="945" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-small;">Source : Archives municipales de Bordeaux, cote 4800, série i, Maison départementale (Fort du Hâ), Affaires générales (1806-1874).</span></p>
<h3>Décès en milieu pénitentiaire et autopsies médico-légales…</h3>
<p><strong>L&#8217;article 84 du Code civil</strong>, en vigueur depuis le 21 mars 1803, stipule : <em>&laquo;&nbsp;En cas de décès dans les prisons ou maisons de réclusion ou de détention, il en sera donné avis sur-le-champ, par les concierges ou gardiens, à l&#8217;officier de l&#8217;état civil, qui s&#8217;y transportera comme il est dit en l&#8217;article 80 , et rédigera l&#8217;acte de décès&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p><strong>L&#8217;article 74 du Code de procédure pénal</strong>, modifié par la loi n°2009-526 du 12 mai 2009, article 127, précise : <em>&laquo;&nbsp;En cas de découverte d&#8217;un cadavre, qu&#8217;il s&#8217;agisse ou non d&#8217;une mort violente, mais si la cause en est inconnue ou suspecte, l&#8217;officier de police judiciaire qui en est avisé informe immédiatement le procureur de la République, se transporte sans délai sur les lieux et procède aux premières constatations. Le procureur de la République se rend sur place s&#8217;il le juge nécessaire et se fait assister de personnes capables d&#8217;apprécier la nature des circonstances du décès. Il peut, toutefois, déléguer aux mêmes fins, un officier de police judiciaire de son choix. Sauf si elles sont inscrites sur une des listes prévues à l&#8217;article 157, les personnes ainsi appelées prêtent, par écrit, serment d&#8217;apporter leur concours à la justice en leur honneur et en leur conscience. Sur instructions du procureur de la République, une enquête aux fins de recherche des causes de la mort est ouverte. Dans ce cadre et à ces fins, il peut être procédé aux actes prévus par les articles 56 à 62, dans les conditions prévues par ces dispositions. À l&#8217;issue d&#8217;un délai de huit jours à compter des instructions de ce magistrat, ces investigations peuvent se poursuivre dans les formes de l&#8217;enquête préliminaire. Le procureur de la République peut aussi requérir information pour recherche des causes de la mort. Les dispositions des quatre premiers alinéas sont également applicables en cas de découverte d&#8217;une personne grièvement blessée lorsque la cause de ses blessures est inconnue ou suspecte.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>En pratique, les décès survenus en détention font – ou plus exactement devraient faire – l&#8217;objet d&#8217;un rapport d&#8217;autopsie à la demande des parquets</strong> (articles 74 et D.282 du Code de procédure pénale). <strong>Une autopsie médico-légale est normalement pratiquée dans tous les cas de mort violente ou suspecte : homicide, mort subite inattendue, suspicion de mauvais traitements, suicide, faute médicale, maladie professionnelle, décès en détention, corps non identifié, restes squelettiques…</strong></p>
<p><span style="font-size: x-small;"><strong>Pour aller plus loin</strong>, <em>cf</em> le site de l&#8217;<strong>AFLIDD</strong> (<em>Association des Familles en Lutte contre l&#8217;Insécurité et les Décès en Détention</em>) : <a href="http://aflidd.over-blog.com/pages/Demarches_au_niveau_judiciaire-184639.html" title="Site de l'Association des Familles en Lutte contre l'Insécurité et les Décès en Détention" target="_blank">lien</a></span></p>
<h3>Le site du Fort du Hâ aujourd&#8217;hui :</h3>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-10387" title="fort-du-ha-palais-de-justice-bordeaux" src="http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/wp-content/uploads/2011/11/fort-du-ha-palais-de-justice-bordeaux.jpg" alt="L'École Nationale de la Magistrature à gauche, la Tour Ronde du Fort du Hâ au centre, le palais de justice à droite. Photo Jacky Tronel." width="615" height="274" /></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-small;">L&#8217;École Nationale de la Magistrature à gauche, la Tour Ronde du Fort du Hâ au centre, le Palais de Justice à droite.<br />
Photo Jacky Tronel, Bordeaux, 27 août 2010.</span></p>
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